Un ex-lutteur russe dénonce le milieu « pourri » du sumo japonais

Un ex-sumotori russe a dénoncé le « milieu pourri » du sumo japonais et s’est dit prêt à témoigner devant la justice des scandales agitant ce vénérable sport, évoquant des matches truqués et des combattants amateurs de marijuana.

Soslan Gagloev, un lutteur âgé de 20 ans monté dans la hiérarchie du sumo sous le nom de Wakanoho, a été exclu à vie en août par l’Association nationale du sumo japonais pour possession de cannabis.

Il a annoncé courant septembre qu’il poursuivait l’association en justice pour obtenir sa réintégration, jugeant la sanction trop sévère.

Mais il a intensifié lundi la pression sur les autorités de ce sport, affirmant: « le milieu actuel du sumo est pourri ».

« J’ai été obligé de livrer des combats truqués contre de l’argent, dès que je suis entré en makuuchi », la première division du sumo, a assuré M. Gagloev lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que le maître de son écurie de sumo et d’autres anciens lutteurs « savaient », mais qu’ils n’étaient pas intervenus pour avoir eux-mêmes disputé des matches truqués pendant leur carrière.

Selon M. Gagloev, des maîtres d’écurie et des sumotoris ont fumé du cannabis, tout comme lui, mais eux n’ont pas été punis.

L’ancien lutteur n’a donné aucun nom, mais s’est dit prêt à témoigner en justice pour soutenir l’éditeur d’un magazine qui a accusé le yokozuna (grand champion) Asashoryu, entre autres, d’avoir truqué des matches. L’association du sumo, Asashoryu et plusieurs autres sumotoris ont poursuivi l’éditeur en diffamation.

« Je veux aussi raconter toutes les saletés que je connais » sur le milieu du sumo, a ajouté M. Gagloev, soulignant qu’il voulait aider à nettoyer ce sport.

Deux autres sumos russes ont été exclus pour consommation de cannabis début septembre, et le président de l’association du sumo et ancien grand champion Kitanoumi, une légende vivante de ce sport, a été contraint à la démission à la suite du scandale.

L’affaire a fait grand bruit au Japon où les lutteurs sont censés être des parangons de vertu, et allongé la liste des scandales frappant le sumo. Un « maître » et trois sumotoris vont notamment être jugés pour le meurtre d’un apprenti, mort de mauvais traitements à l’entraînement.

AFP

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