Lors de mon dernier voyage au Japon en décembre dernier, ma plus grande surprise concerne les téléphones portables. D’abord, le peu de différences entre les modèles. 90% des téléphones que j’ai aperçu (et Dieu sait combien j’en ai vu) sont quasi-identiques. Très grands, en deux parties amovibles, un large écran et … une antenne !

Cela fait des années que nous avons vu disparaître les antennes sur nos téléphones. Il est devenu impossible de trouver un seul GSM comprenant ce petit appendice si typique des premiers modèles. Le Japon serait-il en retard ?

Pas du tout. Premièrement, les mobiles qui sont maintenant chez nous, on les voyait là-bas partout il y a 4 ans. Deuxièmement, cette antenne est téléscopique, ouf. Et enfin, elle sert à … recevoir la télévision, tout simplement. Sur réseau hertzien, apparemment. D’où le large écran, tout s’explique.

Et voici l’anecdote.
Tokyo, gare de Shinjuku, 23h52.
Nous sommes quatre à gravir les escaliers qui mènent aux quais. Le tableau d’affichage qui compte trois lignes n’en affiche plus qu’une. Conclusion : c’est le dernier train pour le quartier où l’on veut se rendre. Problème : il y a deux trains, l’un à gauche, l’un à droite … bien sûr des directions opposées. Malgré les faibles indices mais pressés par le temps, on embarque dans la voiture de gauche. Les portes se referment automatiquement (la ponctualité est le mot d’ordre des chemins de fer japonais).

En chemin, nous réalisons au fur et à mesure notre méprise. Surprenant notre conversation dans le train bondé, une japonaise bilingue nous demande où nous nous rendons. Effectivement, il fallait partir dans l’autre sens mais peut-on encore changer au prochain arrêt ? Y aura-t-il encore un train ?

“I search for you”. Elle sort alors son téléphone. Il reste exactement 20 secondes avant d’atteindre le prochain arrêt. 15 … 10 … 5 … “You can exit here. A last train at 00:11″
Ahuris, nous sommes descendus et 6 minutes plus tard, nous étions dans le dernier train pour Shibuya.

Existe-t-il en France, en Europe, un portail assez simple pour trouver ce genre d’information en 16 secondes chrono ? Certains diront que notre sauveuse parcourait cette ligne tous les jours, que la page était dans ses favoris. Peut-être mais je pense néanmoins qu’on n’en est pas encore là, de par la technologie ou les mentalités.

Source : Gregory Descamps pour www.theinquirer.fr

PARTAGER