Le gouvernement japonais songe à accélérer l’abdication de l’Empereur Akihito au profit de son fils héritier le Prince Naruhito qui pourrait accéder au trône dès le 1er janvier 2019.

L’empereur Akihito en juillet 2009. (© Shawnc)

Jusque-là, les successions se faisaient suite au décès de l’Empereur. Mais cette fois-ci, Akihito pourrait, à titre exceptionnel, se retirer le 31 décembre 2018 et son fils prendre sa place dès le lendemain. Cela mettrait alors fin à l’ère Heisei, débutée le 8 janvier 1989 après le décès de l’Empereur Hirohito. Le processus de transfert pourrait aussi être plus rapide qu’à l’accoutumée puisqu’il n’y aurait pas de période de « deuil » comme c’est habituellement le cas. Comme la tradition japonaise le veut, une nouvelle ère avec un nouveau nom débuterait alors. Ce dernier serait annoncé le 1er janvier 2019 au moment de l’accès au trône par le Prince Naruhito.

Les rituels d’intronisation passés étaient fondés sur l’ancien règlement régissant l’accession au trône (Tokyoku-rei) promulgué en 1909. Ces règles avaient été abolies en 1947, mais plusieurs rituels avaient été perpétués lors de l’arrivée de l’Empereur Akihito.

Cette accélération du processus aurait pour but de limiter la confusion qu’un tel changement pourrait causer aux japonais. Le gouvernement du Premier Ministre Shinzô Abe compte soumettre à la Diète, courant du mois de janvier, un projet de loi spécial qui permettrait uniquement à l’Empereur Akihito d’abdiquer. Si la législation spéciale est promulguée, le gouvernement envisage d’annoncer la date d’abdication d’Akihito pendant la première moitié de 2018.

Les partis politiques japonais restent toutefois divisés sur la question. Le Parti Démocrate Japonais, principal parti d’opposition, insiste sur la création d’un système permanent en révisant la loi impériale plutôt que d’adopter une législation spéciale. Lors de sa conférence de presse du 4 janvier, Shinzô Abe avait déclaré que « les politiciens doivent avoir la décence de ne pas transformer la question en un affrontement politique ».

Mélanie Alves – sources : The Japan Times, The Asahi Shimbun, Mainichi Shimbun