La chercheuse Haruko Obokata, au coeur du scandale scientifique récent concernant les cellules STAP, a transmis une nouvelle déclaration ce lundi 14 avril.

Des cellules souches humaines encore indifférenciées (© Nissim Benvenisty)
Des cellules souches humaines encore indifférenciées (© Nissim Benvenisty)

En janvier dernier, la scientifique Haruko Obokata, une directrice de recherche de l’Institut Riken, a  publié dans la revue britannique Nature une communication présentant une méthode inédite pour créer des cellules STAP, des cellules pluripotentes créées à partir de cellules matures. Mais par la suite, après une commission d’enquête, elle s’est vu accusée par Riken, d’avoir commis une faute grave en effectuant une modification et une fabrication de données sur ses travaux concernant les cellules STAP. La chercheuse a déposé une plainte contre l’Institut et a tenu le mercredi 9 avril une conférence de presse afin de s’excuser et de maintenir l’existence des cellules STAP. (existence qui a été remise en doute)

Mais cette conférence n’a pas calmé la polémique, au contraire, puisque la chercheuse n’a pas, à ce moment-là, pu apporter les preuves de la réussite de ses recherches.

Ce lundi 14 avril, Obokata a communiqué une nouvelle déclaration transmise par ses avocats pour détailler les affirmations qu’elle avait faite lors de la conférence de presse de la semaine dernière, dans laquelle elle a affirmé avoir réussi à créer des cellules STAP plus de 200 fois. (plus de 100 fois durant la période de avril à septembre 2011) Elle en a créé environ le même nombre après cette période en utilisant une méthode différente. Elle dit avoir utiliser des marqueurs génétiques pour confirmer la création réussie des cellules STAP.

Elle a également affirmé qu’une autre personne de l’Institut peut attester de l’existence de ces cellules, mais que ce n’est pas à elle d’en dévoiler le nom, et que Riken doit être conscient de l’identité de cette personne. L’institut Riken a immédiatement donné une réponse, indiquant qu’il y a un chercheur à la CDB qui a confirmé les résultats positifs en utilisant des marqueurs de pluripotence. Mais ce chercheur a ajouté que ces résultats positifs n’indiquent pas la réussite dans la création de cellules STAP et que l’Institut Riken reste toujours neutre à propos de leur existence.

Haruko Obokata, toujours hospitalisée, indique aussi dans le communiqué qu’elle souhaite « avoir la possibilité d’apporter des explications scientifiques et de montrer des échantillons et photos, une
fois rétablie« .

Charles Vacanti, un professeur d’anesthésiologie de l’Université de Harvard, qui a supervisé Haruko Obokata quand elle a étudié à la Harvard Medical School (également un des co-auteurs des articles publiés dans la revue Nature) a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il soutenait la jeune chercheuse. Il a aussi affirmé que les cellules STAP existent bel et bien et qu’il souhaite le retour de Mme Obokata à l’école de l’Ivy League. Il a rejeté les accusations selon lesquelles Obokata avait commis des fraudes, il affirme qu’elle n’avait fait que de simples erreurs.

Un autre des co-auteurs des articles dans la revue britannique Nature et mentor de Haruko Obokata, Yoshiki Sasai, 52 ans, directeur adjoint du Centre Riken de biologie du développement à Kobe, affirme croire en l’existence des cellules STAP.

Louanna – sources : The Japan News, The Asahi Shimbun 1, The Asahi Shimbun 2, The Japan Times