L’institut de recherche scientifique Riken a conclu après une enquête interne que la scientifique Haruko Obokata a commis une faute grave en effectuant une modification et une fabrication de données sur ces travaux concernant les cellules STAP.

Des cellules souches humaines encore indifférenciées (© Nissim Benvenisty)
Des cellules souches humaines encore indifférenciées (© Nissim Benvenisty)

En janvier dernier, dans la revue scientifique britannique Nature, Haruko Obokata et son équipe ont présenté une façon révolutionnaire de fabriquer des cellules STAP (Stimulus-triggered acquisition of pluripotency) ou APDS (cellules pour acquisition de pluripotence déclenchée par stimulus). Ils expliquaient ainsi comment ils avaient réussi à créer des cellules souches pluripotentes à partir de cellules somatiques déjà différenciées et matures sans avoir eu besoin de passer par la manipulation génétique. L’équipe soutenait qu’il suffisait de vingt-cinq minutes dans une solution d’acide citrique, cinq minutes en centrifugeuse et une semaine de mise en culture.

Cette découverte a fait parler d’eux dans le monde entier, mais en particulier au Japon, pays dans lequel les médias se passionnent pour cette jeune scientifique âgée à peine 30 ans.

Néanmoins, des soupçons sont rapidement apparus, notamment parce que certains chercheurs ont détecté des anomalies dans l’iconographie utilisée par la chercheuse. De plus, plusieurs équipes de recherches ont également annoncé avoir échoué à reproduire les expériences japonaises.

Il y a quelques semaines, Teruhiko Wakayama, professeur de l’Université de Yamanashi, un des co-auteurs des travaux sur les STAP,  a demandé que la publication des résultats des travaux soit annulée, évoquant la présence de « données erronées ». En réaction à cette déclaration, l’institut Riken constitua une commission d’enquête.

Finalement, ce Mardi 1e avril, les conclusions de l’enquête ont été présentées lors d’une conférence de presse. On reproche notamment à Haruko Obokata d’avoir mélangé des « images issues d’expériences différentes » et d’avoir utilisé « des données antérieures ». Le professeur Shunsuke Ishii, président du comité d’enquête a déclaré que : « les actions de Mme Obokata et la façon bâclée dont elle a géré ses notes nous conduisent à conclure qu’elle manque non seulement de sens éthique mais aussi d’humilité et d’intégrité » et que « le professeur Obokata a agi d’une façon qui ne peut aucunement être permise ».

Selon ce comité qui a étudié six faits signalés, deux des actions sont assimilables à des fraudes.

De par ces révélations, de sérieux doutes ont vu le jour quant à l’existence même des cellules STAP. Mais l’institut Riken n’a pas tranché sur cette question. Shunsuke Ishii a déclaré à ce propos que « ce point requiert des études scientifiques supplémentaires qui dépassent les compétences du comité d’enquête ».  Selon eux, « il faudra environ un an » pour mener à bien des recherches permettant de conclure si oui ou non ces cellules existent bel et bien.

Lors de la conférence, le président de Riken, Noyori Ryôji, a annoncé qu’un comité de discipline serait mis en place pour examiner les mesures à prendre contre Madame Obokata.

Louanna – Sources : Japan News, The Asahi Shimbun, Allodocteurs

 

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1 COMMENTAIRE

  1. L’histoire n’est pas encore finie. Obokata avait 10 jours pour faire appel du rapport du RIKEN. Encadree par 3 avocats elle a depose son appel hier pour demander une nouvelle investigation. Il y a apparemment une conference de presse prevue aujourd’hui au cours de laquelle elle est censée s’expliquer devant les medias. Affaire a suivre…

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