La hausse des exportations japonaises a nettement ralenti au mois d’octobre, faisant craindre pour la croissance du pays largement dépendante du commerce international, selon des statistiques publiées jeudi.

Les exportations ont augmenté de 7,8% sur un an, à 5724 milliards de yens (50,7 milliards d’euros), soit presque deux fois plus lentement qu’en août et en septembre, a annoncé le ministère des Finances dans un communiqué. Cette progression est la plus faible depuis le début de l’année.

Les ventes se sont élevées moins vite qu’auparavant auprès des principaux pays clients des entreprises japonaises, notamment la Chine (+17%) et les Etats-Unis (+5%), et ont même baissé en direction de l’Union européenne (-1,9%).

Ces résultats, « très faibles, sont dus au ralentissement de la croissance à l’étranger et au yen fort », a estimé Yasuo Yamamoto, économiste à l’Institut de recherche Mizuho, cité par Dow Jones Newswires.

Le yen a évolué en octobre à son niveau le plus élevé en 15 ans face au dollar et à proximité de son plus haut en 9 ans face à l’euro, un phénomène qui abaisse mécaniquement la valeur des ventes tirées des exportations lorsque leur produit est converti en yens depuis l’une de ces devises étrangères.

Selon M. Yamamoto, la baisse observée des affaires vers l’Europe reflète aussi « la torpeur de l’économie dans la zone euro, dont la plupart des pays sont en difficulté, hormis l’Allemagne ».

Les livraisons d’automobiles, habituel fer de lance, n’ont grimpé que de 10,2%, tous pays confondus. Le succès à l’étranger des machines nippones utilisées dans la métallurgie (+94%) et la production d’électricité (+30%) n’a pas suffi à relever la performance d’ensemble à un niveau satisfaisant.

En octobre, les importations ont cru légèrement plus vite que les exportations, s’élevant de 8,7%, à 4.902 milliards de yens (43,4 milliards d’euros).

Les sociétés nippones ont beaucoup plus acheté auprès des firmes installées au Brésil (+121%) et en Russie (+70%), et augmenté plus sagement leurs achats en Chine (+10%) et dans les pays d’Asie du Sud-Est (+12%). Leurs commandes ont en revanche quasiment stagné auprès de l’Union européenne (+2%) et ont baissé en provenance des Etats-Unis (-9%).

Les achats de minerai de fer par les Japonais à l’étranger ont doublé. Les entreprises de l’archipel ont en outre augmenté de moitié leurs importations d’équipements audiovisuels depuis la Chine, où elles font assembler des télévisions et autres appareils à partir de composants expédiés depuis le Japon.

Les fabricants d’électronique s’attendent à une bonne d’année sur le marché japonais, dopé par les fêtes de Noël et des incitations publiques à l’achat de produits moins consommateurs d’énergie.

Au final, l’excédent commercial du Japon n’a progressé que de 2,7%, à 822 milliards de yens (7,3 milliards d’euros).

« Avec des exportations évoluant à ce rythme, il va être difficile pour la production de redécoller et les conséquences pour l’économie seront importantes », a prévenu M. Yamamoto, alors que plusieurs analystes entrevoient une baisse des exportations d’ici au mois de décembre.

Un tel scénario risquerait d’affaiblir la croissance de l’économie du pays, qui s’est relevée de la violente récession de 2008-2009 grâce aux ventes vers l’étranger.

Le Produit intérieur brut (PIB) du Japon a vigoureusement augmenté de 3,9% au troisième trimestre 2010, en rythme annualisé, tiré notamment par de fortes ventes de voitures sur le marché intérieur. Mais le PIB pourrait évoluer négativement au quatrième trimestre, a fortiori si les exportations sont maussades.

(AWP/25 novembre 2010 06h21)

Source: [Romandie.com->http://www.romandie.com/infos/news/201011250621057AWP.asp]

Article précédentLe drame des enfants «confisqués»
Article suivantLe 40e anniversaire de la mort de Yukio Mishima passé sous silence au Japon