, Grande Guerre, de Vimy à Cagnicourt : Canadiens ou Japonais ?

Dans le cadre du 90e anniversaire de la fin de la Grande Guerre, L’Écho du Pas-de-Calais prépare un numéro spécial consacré à toutes les nationalités, toutes les cultures présentes dans notre département de 1914 à 1918. Ils sont venus du monde entier, des cinq continents pour se battre, travailler, souffrir, mourir en Artois, en Gohelle, dans le Boulonnais, du côté de la Lys… Français, Anglais, Allemands, Canadiens, Australiens, Portugais, Algériens mais aussi Chinois, Américains ! Au fil de nos recherches, nous rencontrons des histoires extraordinaires. Intenses, dramatiques, étonnantes. Des parcours, des vies bouleversés, secoués. Des chocs aussi. Nous avons choisi de vous livrer quelques portraits saisissants.
De Ypres à Vimy en passant par la Somme, la Scarpe ou la Sensée : 619 000 hommes ont combattu au sein du Corps expéditionnaire canadien, Canadian Expeditionary Force. Beaucoup d’immigrants bien sûr dans cette armée, on estime que près de la moitié des effectifs était née en Grande-Bretagne. Puis des Francophones (Québec), des Russes, des Ukrainiens, des Scandinaves, des Suisses, des Hollandais, des Belges… Et des Japonais !
Près de deux cents Japonais – 196 exactement – ayant émigré au Canada et notamment en Colombie britannique, sur la côte ouest, rejoignirent la CEF ; tous volontaires, espérant prouver leur loyauté envers leur nouvelle patrie. Incorporés dans des bataillons anglophones en Alberta, ils voguèrent vers l’Europe. L’un des ces soldats nippo-canadiens s’illustra à lors de la 3e bataille d’Ypres avec le 10e Bataillon d’infanterie puis à Vimy en avril 1917. Le sergent Masumi Mitsui, né le 7 octobre 1887, installé à Port Coquitlam près de Vancouver, y décrocha la Médaille militaire. Il fut aussi présent dans les combats autour du canal du Nord en septembre 1918. Sur les 196 volontaires, 53 furent tués et 92 blessés.
Revenu au « pays », obtenant le droit de vote en 1931, Masumi Mitsui fit prospérer un élevage de volaille… qui lui fut confisqué, comme tous ses biens, lors de la Seconde Guerre mondiale. En effet après l’attaque surprise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941, il fut séparé de ses enfants et interné dans des camps comme 22 000 autres Canadiens japonais jugés « étrangers hostiles ». Comparaissant devant une commission de sécurité, le vétéran, furieux, fouilla dans sa poche, récupéra ses médailles et les jeta sur le sol en disant : « À quoi sont-elles bonnes ! » Une triste expérience qui devait le laisser très amer… Ce n’est qu’en 1985 que le gouvernement canadien s’excusa pour les actions commises contre ses « citoyens » d’origine japonaise et le 2 août de cette année là Masumi ralluma la flamme du monument qui avait été construit en 1920 à Vancouver (Stanley Park) pour rendre hommage aux deux cents soldats de la Grande Guerre. La flamme avait été éteinte après Pearl Harbor. Le sergent Matsui est décédé le 22 avril 1927, quelques mois avant son centenaire.
Le 8 septembre 2003, David Mitsui, petit-fils du sergent, était invité par le Canadien Michel Gravel à participer à l’inauguration de la place McKean à Cagnicourt.
Et dans le cimetière Upton Wood à Hendecourt-lès-Cagnicourt, repose Tokutaro Iwamoto, un autre Japonais du 10e Bataillon, tué le 2 septembre 1918.

Sources : In Flanders Fields, musée de la Grande Guerre à Ypres, et Michel Gravel.
Chr. Defrance / Photo : www.najc.ca

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