, La reconquête du « made in Japan », par Stéphane Lauer

A quelques jours d’intervalle, les constructeurs automobiles Toyota et Honda ont annoncé leur volonté d’ouvrir d’ici à 2010 une nouvelle usine au Japon. Cela faisait quinze ans que Toyota n’avait plus construit d’usine au Japon et près de trente ans pour Honda.

Dans le débat sur les délocalisations, ces décisions ont de quoi faire réfléchir. Visiblement, contrairement à ce que l’on connaît en Europe, les coûts de production japonais ne sont pas suffisamment dissuasifs pour renoncer à lancer de nouvelles unités de production dans l’Archipel.

Dans l’Hexagone, cela fait bien longtemps que les constructeurs français n’ont plus ouvert d’usine. Chez Renault, il faut remonter à 1970 avec l’usine de Douai (Nord), et en 1973 pour PSA Peugeot-Citroën à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). En 1992, ce dernier s’était néanmoins associé à Fiat pour assembler des monospaces et des véhicules utilitaires à Valenciennes (Nord). Ce site risque néanmoins d’être le dernier investissement d’envergure sur le territoire national avant bien longtemps.

Carlos Ghosn, le patron de Renault, comme Christian Streiff, celui de PSA, le répètent à l’envi : les constructeurs français ne bâtiront sans doute jamais plus d’usine en France. De fait, tous leurs projets d’investissement, ces dernières années, ont vu le jour au Brésil, en Chine, en Inde ou en Europe de l’Est.

Alors, quelles sont les raisons du « miracle » japonais ? Certes, les constructeurs nippons ont le vent en poupe. Toyota va devenir cette année le premier constructeur mondial et, comme Honda, il est l’un des plus rentables de la planète. Mais la santé des groupes japonais n’explique pas tout pour justifier la construction de nouvelles usines sur leur propre territoire. Les ventes de voitures au Japon, revenues à leur niveau de 1985, sont même plutôt un élément dissuasif.

Au-delà du niveau du marché local, la décision de construire une nouvelle usine se prend surtout en fonction de sa propre compétitivité. De ce point de vue, deux éléments jouent actuellement en faveur des Japonais : la faiblesse du cours du yen et la capacité des constructeurs à proposer des voitures différentes et attractives.

L’un des moteurs du maintien, voire aujourd’hui du développement des usines de Toyota au Japon, tient au fait que le numéro un mondial y fabrique son haut de gamme et ses véhicules hybrides, fonctionnant à la fois à l’électricité et à l’essence. C’est-à-dire que grâce à une avance technologique ou un savoir-faire permettant de pratiquer des prix élevés, il est possible d’être compétitif dans un pays développé.

C’est ce qui manque aujourd’hui aux constructeurs français. Incapables de proposer des véhicules assez innovants pour pratiquer les prix qu’ils veulent, Renault et PSA sont obligés d’abaisser leurs coûts de production en allant dans des pays à faible coût de main-d’oeuvre. Si les Français ne parviennent pas à inverser la tendance, les usines françaises ont du souci à se faire.

Stéphane Lauer

Source : Lemonde.fr

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