Dans le premier « Guide Michelin » sur Tokyo, la capitale nippone détrône Paris au panthéon de la gastronomie mondiale. Un ciel étoilé qui ne plaît pas à tout le monde.

Cent cinquante restaurants de Tokyo (sur cent soixante mille) décrochent au total 191 étoiles, huit ayant même reçu le mythique triplé. Paris au passage perd sa couronne mondiale, avec « seulement » 64 étoiles (pour vingt mille restaurants) qui font pâle figure devant la razzia de Tokyo. La capitale française conser- ve toutefois sa première place au palmarès des trois étoiles, avec neuf établissements ainsi distingués, contre trois pour New York et les huit tokyotes – trois restaurants français, deux bars à sushis et trois japonais traditionnels.

Le « guide rouge » conforte la fierté nationale placée dans la cuisine japonaise, avec son poisson cru et toute la subtilité de ses ingrédients. Mais tout le monde n’est pas convaincu… Le « Michelin », qui tient normalement compte, outre de la cuisine, du service, du décor et de la tenue de l’établissement, aurait- il abaissé ses exigences ? Parmi les « trois étoiles », on note la présence d’un bar à sushis installé en sous-sol, exigu même selon les critères tokyotes, et qui partage ses toilettes avec les autres occupants de l’immeuble. Une ambiance pas vraiment « classe ».

Pour l’Américain Tim Zagat, fondateur en 1977 du Guide Zagat, et donc concurrent direct du « Michelin », c’est le principe même du système d’évaluation français qui pose problème : le Guide Zagat rejette l’élitisme supposé des critiques gastronomiques pour recueillir les avis de milliers de clients ordinaires.

De son côté, Yasuo Terui, rédacteur en chef du guide Bon restaurant, délicieux restaurant à Tokyo, édité depuis 1967, estime que Bibendum n’a fait qu’effleurer la surface des richesses culinaires locales. « Je ne crois pas que le « Michelin » connaisse quoi que ce soit du Japon. »

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