Japan Expo fut l’occasion pour l’équipe de Japon infos de rencontrer de nombreuses personnalités. Parmi elles nous avons eu le plaisir de faire connaissance avec Pierre-Alain Dufour, directeur de la maison d’édition nobi nobi! qui fêtait sa 5e année lors du festival. L’occasion d’un retour sur leur parcours.

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Faire du livre jeunesses japonais en France, quelle idée ?

C’est la rencontre de deux personnes qui rendra l’aventure nobi nobi! possible, celle de Olivier Pacciani et de Pierre-Alain Dufour. En 2010, ces 2 amis travaillaient dans une maison d’édition française spécialisée autour des manga et de l’anime. Une période de chômage et l’envie d’entreprendre, les amènent à réfléchir autour de l’édition des ouvrages papiers japonais en France. Le manga et ses différents genres étant déjà très exploités par le marché français, les 2 entrepreneurs décident de s’orienter vers une littérature peu connu de l’hexagone : l’édition jeunesse.

Avec seulement, 500 titres traduits en 30 ans par les éditeurs existants et une ligne éditoriale clichée (samurai, geisha…), ce marché semblait parfaitement correspondre aux envies d’Olivier et Pierre-Alain. D’autant plus que ces 2 passionnés issus de la génération 80/90 et élevés à la cool culture japonaise souhaitaient proposer une réponse à leur génération devenue adulte et parent. Quoi de mieux que des beaux livres pour transmettre cette passion à leurs enfants !

Les différences du marché jeunesse entre le Japon et la France :

Au Japon, Pierre-Alain nous indique que le marché est culturel et a une haute appréciation du livre jeunesse. L’une des différences les plus remarquables, c’est que les livres (jeunesse) ont des jaquettes comme pour les manga. Impossible en France d’imaginer cela, du point de vue des libraires français, ils savent que le respect de l’objet « livre » n’a rien à voir. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller dans une boutique d’occasion au Japon et apprécier leur  excellent état.

Concernant le marché de la jeunesse en France, on sait que ce dernier est une référence mondiale grâce à sa production unique (6000 titres produits en France chaque année), sa variété, sa densité et sa créativité inégalée.  Au Japon, c’est bien moins qu’en France, cependant pour l’éditeur, il lui semble intéressant de montrer la diversité du livre jeunesse nippon grâce à la sensibilité bien particulière des auteurs japonais. C’est ici l’une des motivations de nobi nobi! qui met en lumière les artistes phares du Japon.

On retrouve également des similitudes dans la production littéraire jeunesse japonaise et française. Parmi elles ressort l’envie de faire partager des choses aux enfants par la proximité. On retient que les auteurs japonais vont souvent au contact des enfants afin de mieux les étudier et observer comment ils abordent, lisent et expérimentent le livre.

Enfin les points de différence, les plus notables restent le traitement graphique, l’humour et au niveau du rythme de la langue qui restent bien propre à la culture nippone. Cependant, Pierre-Alain conclu que les univers du livre jeunesse en France et celui du Japon sont tout de même assez complémentaires.

L’accueil du public français

Ce dernier fut très positif car la petite maison d’édition est toujours présente aujourd’hui et surtout avec la même philosophie. L’éditeur a su grandir et proposer un catalogue de tout âge dans un segment jeunesse. Il y a eu autant de réactions que de différences de variété dans les livres qu’il propose. Globalement ce qui a été le plus difficile à présenter pour l’éditeur, c’est quand le graphisme est simplifié ou caricatural, il existe ici un obstacle quelque peu difficile pour le public français. Néanmoins, en 2013, nobi nobi! est honoré du prestigieux Prix Sorcières décerné par l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse et l’Association des Bibliothèques de France pour le magnifique album La Maison en petits cubes et prouve la place et la reconnaissance des auteurs japonais sur le marché jeunesse en France.

Les 5 années avenir ?

La petite maison d’édition à besoin de se développer en interne. Pierre-Alain nous fait part qu’ils ont dévoilé leurs cartes étape par étape. La première année l’éditeur sortait seulement 5 livres, aujourd’hui ils en sont à 30 et l’année suivante ils devront en sortir 40. On apprend aussi qu’ils ont commencé par le livre illustré en développant plusieurs collections, ce n’est qu’au bout de 3 ans qu’ils se sont lancés sur du manga mais en restant dans leur logique éditoriale, c’est-à-dire être différent de l’existant. Par conséquent, les bases étant posées et fixées, nobi nobi! souhaite que les 5 prochaines années viennent consolider leur entreprise en développant le nombre de salararié et leur surface de travail.

Les collections ?

On retrouve 2 familles dans les ouvrages chez nobi nobi! : des livres illustrés qui s’adressent à un public de 3 à 11 ans et des manga que l’on peut lire à partir de l’âge de 7 ans.

Pour les livres illustrés, on y découvre 3 genres, un avec la collection 123 soleil qui présente de grands auteurs japonais spécifiques à nobi nobi!, des histoires simples avec un peu de morale et qui mettent en avant l’amitié.

La collection soleil flottant, s’occupe de faire découvrir les contes traditionnels japonais au folklore méconnu dans l’hexagone mais qui est très présent et ressenti à travers des œuvres comme celles de Miyazaki. Cette collection culturelle et expliquée fait connaitre les Chaperon rouge et Cendrillon de l’Archipel.

Enfin la collection coup de cœur est plus celle des éditeurs comme son nom l’indique. Elle met en avant des auteurs ou des titres qui comptent beaucoup pour eux, avec des sujets tels que la poésie, le tremblement de terre de Kôbe…

Pour ce qui est du manga, Pierre-Alain a lancé une collection classique avec les grands titres des romans jeunesse (Les trois mousquetaires, La petite princesse…) sous un format unique et relié en livre. Cette intention est partie du constat que la jeunesse avait plus tendance à jouer aux jeux vidéo qu’à lire des livres. La réponse était d’initier à la lecture grâce à un médium abordable tel que le manga et d’amener à développer le goût des livres petit à petit. Et ça marche, puisque des professeurs avec des élèves en difficulté utilisent ces ouvrages dans ce but bien précis.

Nous remercions Pierre-Alain pour le temps et son aimable attention accordés durant cet entretien.

Adrien Leuci pour Japoninfos.com

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