Depuis la fermeture des centrales nucléaires due à la catastrophe de Fukushima, le Japon rencontre des difficultés pour établir des objectifs au long-terme concernant les émissions de gaz à effet de serre.

Carte des participants au protocole de Kyôto - CC L.tak
Carte des participants au protocole de Kyôto – CC L.tak

Avant le tsunami qui frappa le Japon en mars 2011 et les conséquences qui en découlèrent, le Japon avait réussi à diminuer ses émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre de 8,2 %, de 2008 à 2012 (basé sur les niveaux de 1990). Il atteignait ainsi les 6% indiqués par le protocole de Kyôto de 1997 pour le contrôle du réchauffement climatique. Le ministre de l’Environnement, Nobuteru Ishihara, l’a annoncé lors des débats sur le climat des Nations Unies à Varsovie.

Cependant, les émissions ont augmenté depuis mars 2011 car les centrales nucléaires ne sont plus en marche et les centrales thermiques ont dû être utilisées pour compenser ce manque. C’est ainsi que le gouvernement japonais a décidé d’abaisser à 3,8% l’objectif de diminution des émissions d’ici 2020 (basé sur les niveaux de 2005). Selon Ishihara, cet objectif est temporaire et sera reconsidéré quand les centrales nucléaires seront à nouveau opérationnelles (probablement pas pas avant 2014). Mais le Premier ministre, Shinzo Abe, doit faire face à une forte opposition quant au retour du nucléaire. Continuer les efforts pour réduire les émissions va aussi être un fardeau pour les performances des entreprises, et par conséquent, ralentir la relance de l’économie voulue par Abe.

Le Japon a également décidé de ne pas poursuivre le deuxième engagement pris dans le protocole de Kyôto, arguant que cela resterait inefficace tant que les États-Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète, ne feront pas partie des États prêts à faire des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La réduction de 25% entre 1990 et 2020 aura donc peu de chances d’être atteinte pour le Japon.

Claire Bouyssou – sources : The Japan Times, The Asahi Shimbun