, Le renouveau de la création asiatique

Les défilés de l’automne-hiver 2008-2009 à Paris ont mis en lumière des nouveaux talents originaires du Japon et de Corée.

Dimanche soir, Francesco Smalto (notre photo) clôturait les défilés de la mode masculine de l’hiver prochain avec la proposition de Youn Chong-bak, créatrice coréenne née en Suisse. Pas facile de succéder, dans le calendrier, à Dior Homme, surtout quand on ne bénéficie plus de l’effet « première fois » comme c’était le cas pour la jeune femme lors de la collection précédente. Elle confirme cependant un talent certain pour le choix des matières. Et prouve que luxe n’est pas forcément synonyme de clinquant avec son interprétation sport de la fourrure et des gilets sans manches qui réchauffent les vestes. C’est taillé sans fioritures, cohérent dans une palette entre beige et marron le jour, marine et outremer plutôt que noir, le soir. On regrette juste quelques répétitions et les ceintures systématiquement nouées à la taille des vestes et des manteaux, qui ont peu de chance de séduire la rue.

Durant ces quatre jours, journalistes et acheteurs auront assisté au renouveau des créateurs venus d’Asie, dont le Coréen Juun. J semble le plus novateur. Ses pantalons bouffants à la taille et resserrés au bas donnent un bel aplomb à une silhouette taillée en V. Des vestes en drap de laine intègrent un pan de Perfecto ou de trench. À la différence de beaucoup, il ne se contente pas d’une simple relec­ture de l’incontournable doudoune lorsqu’il la retravaille.

Autre talent venu du pays du Matin-Calme, Wooyoungmi, qui défile depuis plusieurs saisons à Paris, est plus réservée cet hiver. Sa dernière collection manque des détails de style qui font habituellement sa signature.

Le label japonais Attachment fantasme sur un homme (trop) apprêté. Si les associations de prune, violine et gris sont réussies, les pantalons à l’ourlet rebiqué par une coulisse et, de manière plus générale, toutes ses coupes manquent de modernité.

Connu du public pour sa ligne de chaussures avec Puma, ­Miharayasuhiro simplifie ses fusions de vêtements sport et ville. Son hiver joue sur les proportions. Il rallonge les Perfectos, réinterprète le haut d’un trench en blouson, dans une palette entre anthracite, perle et bleu grisé. Son blazer en flanelle gansé de parme est aussi simple que réussi.

Pour Mammifères de Luxe, Kyuin Chae se concentre sur les vestes. De 2002 à 2006, ce Coréen qui vit à Paris a assisté John ­Galliano chez Dior. C’est flagrant dans ses modèles équipés de zips et de plis secrets pour modifier les volumes des pièces à manches où l’on sent bien qu’il a dû maintes fois plancher sur la veste Bar.

Yohji Yamamoto a profité de ces défilés parisiens pour lancer sa nouvelle ligne Coming Soon. Avec des prix inférieurs de 30 à 40 % à la ligne Y’s, cette collection s’adresse « à une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui s’habillent comme ils aiment, sans se préoccuper de qui est le designer ». Du coup, le nom de ­Yamamoto n’apparaît nulle part, la griffe se résumant à un cercle brodé dans l’encolure des tee-shirts ou qui dépasse de la poche des jeans. Comme la palette des matières jerseys imprimés sur l’envers, laines foulées, pannes de velours aux couleurs intenses et les coupes justes et simplifiées synthétisent à merveille le style du Japonais, sa signature est superflue.

www.lefigaro.fr

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