La reprise, lundi 8 décembre, des discussions à six sur le nucléaire nord-coréen témoigne d’un certain isolement du Japon. Réunis à Pékin pour une nouvelle session de ces pourparlers initiés en 2003, les deux Corées, la Chine, la Russie, les Etats-Unis et le Japon discutent du processus de vérification du démantèlement des installations nucléaires de Pyongyang et de sa contrepartie, la fourniture d’une assistance énergétique d’un million de tonnes de fuel lourd.

Les négociateurs se montrent assez pessimistes sur l’issue de la session. Le Sud-Coréen Kim Sook estime que Pyongyang attend l’entrée en fonctions du président élu Barack Obama, le 20 janvier 2009.

L’espoir d’une avancée souffre également de l’attitude de la Corée du Nord, qui cherche à nouveau à isoler le Japon. Avant l’ouverture des discussions, Pyongyang a fait part de son intention de ne pas traiter avec Tokyo, qualifié d' »obstacle à la réalisation d’un objectif commun ».

Pyongyang reproche à l’Archipel de ne pas fournir sa part d’assistance énergétique, soit 200 000 tonnes de fuel lourd.

LES DIX-SEPT JAPONAIS ENLEVÉS

Le Japon justifie sa décision par l’obstination nord-coréenne à refuser de rouvrir le dossier des 17 ressortissants nippons enlevés par des agents de Pyongyang dans les années 1970 et 1980. Cette question, sensible dans l’Archipel au point d’influer sur le devenir des gouvernements, bloque toutes discussions entre le Japon et la Corée du Nord. Cinq des kidnappés sont revenus dans l’Archipel en 2002, Pyongyang a donné des informations sur les 12 autres et a précisé que le dossier était clos. Ce que refuse le Japon, qui a, par la suite, imposé des sanctions économiques à la Corée du Nord et n’entend les lever qu’une fois le problème résolu.

L’assouplissement de la position américaine, fin 2007, à l’égard de Pyongyang a modifié la donne. Washington a retiré, le 11 octobre, la Corée du Nord de sa liste des Etats soutenant le terrorisme, une initiative jugée « très regrettable » par Tokyo, qui pouvait auparavant compter sur la compréhension américaine.

La nouvelle session a commencé par la mise en avant du différend sur les kidnappés, qui n’a, selon Pyongyang, rien à voir avec les discussions sur le nucléaire. Mais, comme le fait remarquer le quotidien sud-coréen Hankyoreh, « le Nord n’est pas allé jusqu’à demander que le Japon soit privé de son siège, ce qui laisse penser qu’il ne veut pas que le problème perturbe les négociations ».

Philippe Mesmer

[Le Monde.fr->http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/12/09/les-differends-entre-le-japon-et-la-coree-du-nord-troublent-les-pourparlers-de-pyongyang-sur-le-nucleaire_1128727_3216.html]

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