, Les failles « cachées » au Japon

Séismes : aucune région du Japon n’est à l’abri en raison des failles « cachées »

Des centaines de failles « cachées » risquent de provoquer de violents séimes dans des régions du Japon considérées jusqu’ici comme sans danger sur les cartes officielles, a découvert un chercheur en géologie qui doit présenter son rapport le mois prochain au gouvernement.

Shinji Toda, responsable d’une équipe de recherches sur la tectonique et les séismes, est parvenu à cette conclusion en étudiant les 30 derniers séismes de magnitude 6,5 ou plus survenus au Japon depuis 1923, et dont l’hypocentre était situé à une profondeur maximum de 30 km, ce qui en général provoque des destructions massives.

« Sur ces 30 tremblements de terre, seuls 5 ont laissé des traces visibles à la surface de la terre », a-t-il expliqué lors d’une interview à l’Institut national de sciences et de technologie industrielles avancées de Tsukuba (banlieue de Tokyo).

Cette étude remet totalement en question les cartes officielles de sismologie du Japon qui étaient basées jusqu’ici sur les traces des précédents séismes provoqués par les grandes failles.

Le Japon est au confluent de quatre plaques tectoniques et subit 20% des séismes les plus violents enregistrés dans le monde.

« Il y a des ‘failles cachées’ ou des ‘failles immatures’ dans beaucoup de régions qui ne sont cependant pas classées comme zones à risques par les cartes officielles. Il y a aussi beaucoup de petites failles qui n’ont pas encore été détectées », a souligné M. Toda.

Selon lui, aucune région n’est désormais à l’abri. « On se sait ni quand, ni où un grand séisme peut se produire ».

Il a cité en exemple le séisme de magnitude 6,8 survenu en juillet à Niigata (centre), une région qui abrite la plus grande centrale nucléaire du monde, et considérée comme une zone à faible risque sur les cartes. La secousse a fait 11 morts et plus de 1.000 blessés.

« Les géologues savaient que c’était une région de failles actives », a affirmé M. Toda. Mais les études faites par le constructeur lui-même, à savoir la compagnie Tepco (Tokyo Electric Power Co.) dans les années 70 et 80, ont sous-estimé la longueur des failles sous-marines — 7 ou 8 km au lieu de 20 km — et ignoré 4 autres failles proches de la centrale nucléaire.

Beaucoup d’experts ont reproché au gouvernement d’avoir fait preuve de négligence en autorisant la construction de nouveaux réacteurs sans vérifier les données fournies par Tepco.

Le séisme s’est en effet avéré 2,5 fois plus puissant que le maximum prévu par les plans de la centrale. Un transformateur a pris feu et de l’eau légèrement radioactive s’est déversée en mer. Le complexe a depuis été arrêté en attendant que des milliers de vérifications soient effectuées et que la résistance des bâtiments soit renforcée.

M. Toda espère que les cartes sismiques vont être modifiées et que les gouvernements locaux vont mettre en place des plans d’urgence en prévision de catastrophes.

L’industrie du bâtiment pourrait également se voir imposer des normes de construction antisismiques draconiennes comme celles en vigueur sur la côte du Pacifique, notamment dans la région de Tokyo dévastée par un gigantesque séisme et un tsunami le 1er septembre 1923, qui avait fait près de 143.000 morts ou disparus.

Depuis, les Tokyoïtes vivent avec la crainte d’une réédition du « Big One ». Mais selon M. Toda, si on se base sur la récurrence de ce grand séisme, il ne devrait pas se reproduire avant une centaine d’années.

« Grâce aux documents historiques, on retrouve la trace de tsunamis provoqués par des séismes offshore et le précédent dans la région de Tokyo remonte à 1703, a-t-il expliqué. Il y a donc un certain consensus parmi les experts sur le fait de ne pas trop s’inquiéter pour l’instant d’un séisme de magnitude 7,8 ou 8 dans cette partie du Japon. »

source : AFP

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