Il est bien connu qu’il existe, entre la Corée du Sud et le Japon, un grand désaccord sur un point sombre de l’histoire commune. Un point devient régulièrement un sujet «brûlant» entre ces deux pays, c’est le problème des «femmes de réconfort».

Une jeune chinoise ayant servie de « femme de réconfort » à Rangoun, Birmanie (©No. 9 Army Film & Photographic Unit, Titmuss A D (Sergeant))
Une jeune chinoise « femme de réconfort » à Rangoun, Birmanie (©No. 9 Army Film & Photographic Unit, Titmuss A D (Sergeant))

–Yoshiko, 42 ans – Pour les lecteurs n’ayant pas encore connaissance de ce sujet, j’ai choisi délibérément de retracer un peu plus loin les faits historiques de manière objective et sans parti pris afin que chacun puisse faire son opinion du sujet.

Mais dans un premier temps, je souhaiterais exposer un fait de discorde récent à propos des «femmes de réconfort». Sa particularité est qu’il s’est produit en France durant le Festival international de BD d’Angoulême, ville dans laquelle je réside. Un différent est apparu pendant le festival lorsque des auteurs coréens ont présenté des BD sur le thème des «femmes de réconfort» durant la guerre. Immédiatement, une organisation japonaise présente comme exposant, s’est opposée à l’exposition des œuvres et a fini par quitter le festival. Bien entendu, l’organisateur du festival avoue qu’il avait bien constaté un certain «parti pris», comme c’est le cas fréquemment pour de nombreux ouvrages lors du festival mais il pensait que comme les fois précédentes, le lecteur pourrait se faire sa propre appréciation. Il fut donc grandement surpris par l’ampleur et la médiatisation internationale de tout ceci. L’affaire a rapidement trouvé écho jusqu’au Japon et en Corée du Sud où elle s’est transformée en un débat politique que l’on pourrait qualifié de « virulent» entre les partis nationalistes des deux pays. Un ministre Sud-Coréen ayant même fait le déplacement jusqu’à Angoulême, l’ambassade japonaise a par la suite multiplié les interventions médiatiques pour tenter de calmer les choses. Malheureusement, cette discordes entre ces deux pays n’est pas prête de s’interrompre. »

Les origines des faits

Durant la Guerre de quinze ans, qui a vu notamment le Corée et le Japon s’affronter, existait un système de prostitution «professionnelle» au Pays du soleil levant. Ce système que l’on avait alors pour habitude de nommer «femmes de réconfort» fut alors exporté en Corée où se trouvaient des milliers de soldats japonais. La majorité de ces femmes étaient japonaises, parmi elles des Coréennes, des Taïwanaises, des Chinoises, etc. Ce système de prostitution professionnelle était ce que l’on pourrait qualifier de commerce officiel d’esclaves sexuels, contraire aux conventions internationales et qui a sans nul doute violé les droits de l’homme a bien des égards.

Depuis, les Coréens accusent les Japonais d’avoir implanté ces lieux de prostitution par le biais de leur armée et surtout d’avoir enlevé de nombreuses femmes coréennes pour les enrôler de force. De son côté, le Japon prétend que ces maisons closes n’ont pas été implantées par les militaires Japonais.

La question des «femmes de réconfort» ressurgit en 1982 avec un article paru dans le Asahi Shimbun, un des grands quotidiens japonais de l’époque, où un témoin, Yûto Yoshida raconte qu’il a fait parti, pendant la guerre d’une organisation qui gérait les travailleurs journaliers. Dans ses livres, il explique qu’il a participé à l’enlèvement d’environ 200 jeunes femmes pour le compte de l’armée japonaise sur Jeju-do, une île coréenne. En conséquence, l’enlèvement des «femmes de réconfort» est apparu comme un fait dans la péninsule coréenne et devenu dès lors le thème central de la critique du Japon.

En 1990, de nombreuses organisations de femmes coréennes ont demandé au gouvernement japonais de reconnaitre les «femmes de réconfort», des excuses officielles ainsi que des compensations financières. Dans ce but, elles ont créé «le Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclave sexuelle par le Japon».

En 1991, pour la première fois une ancienne «femme de réconfort» s’est manifestée et a engagé des poursuites contre le gouvernement japonais.

En 1992, le Asahi Shimbun publie un nouvel article mentionnant l’implication de militaires japonais dans l’installation de «bordels militaires de campagne». La même année, pris dans cette tourmente, le Premier ministre Kiichi Miyazawa présentera des excuses et se rendit l’année suivante, en Corée pour réitérer ses propos. Par la suite, Yôhei Kôno, Secrétaire général du cabinet, annonçait officiellement l’implication des militaires japonais.

Entre temps, plusieurs historiens, journalistes et chercheurs du Japon vont vérifier cette série de nouvelles et déduiront que les témoignages de Yoshida étaient faux.

En 1996, le rapport Coomaraswamy, présenté par la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme et la violence contre les femmes, atteste le contraire.

Et en 1997, le journal Asahi Shimbun refuse à son tour témoignage de Yoshida, estimant que l’authenticité ne pouvait pas être prouvée à cause de l’absence de récit d’autres femmes de Jeju-do.

En 2000, des ONG du Japon mais aussi du reste de l’Asie ont mis en place à Tôkyô un «Tribunal international pour les crimes de guerre concernant l’esclavage sexuel des femmes». Ce tribunal civil avait uniquement pour but de juger les violences sexuelles faites aux femmes durant l’occupation japonaise. À l’issue de ce tribunal, quatre juges ont annoncé que le système des «femmes de réconfort» est un crime qui a enfreint les lois internationales.

En 2004, «le Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclave sexuelle par le Japon» a organisé une manifestation avec plus de 1000 personnes présentes pour un rassemblement nommée la «réunion de mercredi». À ce titre, près de 600 rassemblements similaires ont eu lieu en Corée du Sud, au Japon, aux États-Unis, aux Philippines, à Taiwan, en Espagne, en Belgique et en Allemagne afin de demander des excuses officielles et des compensations au gouvernement japonais.

En 2007, Michael Makoto Honda et 6 autres membres de la Chambre des représentants des États-Unis ont présenté une résolution de demande d’excuses de la part du gouvernement du Japon pour les «femmes de réconfort » (résolution 121). Cette dernière appelle au Premier ministre japonais des excuses officielles pour avoir fait de nombreuses femmes en Asie des «esclaves sexuelles».

En 2011, «le Conseil coréen pour les femmes enrôlées de force comme esclave sexuelle par le Japon» a installé une statue des «femmes de réconfort» devant l’ambassade japonaise à Séoul.

En 2012, il construit  le «Musée de la guerre et des droits des femmes» à Séoul pour expliquer l’histoire des «femmes de réconfort» financé à près de 2 millions d’euros. Puis une stèle indiquant que «les militaires japonais ont forcé plus de 200 000 jeunes filles à l’esclavage sexuel» a été érigée au Parc Eisenhower de New-York.

Du côté du Japon, en août 2014, Asahi Shimbun a annoncé officiellement qu’ils avaient vérifié tous les rapports sur les «femmes de réconfort» et ont déclaré que rien n’était vrai, dont les déclarations de Yoshida recueillit 32 ans auparavant.

Difficile de démêler le vrai du faux dans cette affaire. Néanmoins, la reconnaissance du problème des «femmes de réconfort» a pris une tournure mondiale. Je pense personnellement que le système des «femmes de réconfort» était précisément un commerce d’esclaves qui a violé les droits de l’homme. Il n’est pas d’important de savoir si durant les guerres, et pas seulement celles auxquelles a été impliqué le Japon, les militaires ont été impliqués. Le fait de savoir si les femmes étaient contraintes et forcées par un tel système est une chose déjà horrible.
On devrait trouver rapidement un moyen de résoudre ce conflit qui empoisonne les relations nippo-coréennes et de rétablir l’honneur de ces femmes qui sont mortes sans cri, sans voix. Mais aussi pour toutes les femmes qui subissent ces mêmes horreurs dans le monde pour que l’on apprennes de cette expérience amère.

Yoshino – Décembre 2014

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8 Commentaires

  1.  » En 1990, de nombreuses organisations de femmes coréennes ont demandé au gouvernement japonais de reconnaitre les « femmes de réconfort », des excuses officielles ainsi que des compensations financières.  »
    Des compensations financières ? Est-ce que la souffrance de ces femmes est quantifiable ? N’est-ce pas la démonétiser que de la soumettre à la loi du marché ? Ceci me rappelle les dizaines de millions d’euros qu’une association Juive New-Yorkaise a soutirées à la SNCF parce que des trains français ont transporté des Juifs pendant l’Occupation.

    • « Des compensations financières ? Est-ce que la souffrance de ces femmes est quantifiable ?  »
      C’est pourtant ce que font les tribunaux en France quand ils décident d’une somme d’argent en cas de préjudice moral et physique.
      Le problème dans cette affaire comme dans l’affaire du jugement de la SNCF est la prescription, hors pour les crimes contre l’humanité il n’y a pas de prescription, le problème vient du gouvernement japonais qui refuse de considérer ses crimes comme des crimes contre l’humanité et même pas comme des crimes de guerre ( les crimes de guerre sont prescriptible en France, 30 ans).

      Le Japon pratique l’amnésie concernant les crimes de l’impérialisme Showa, en fait l’impérialisme a commencé avec Meiji, et chaque rappel provoque au Japon une paranoïa collective. Le nouveau film d’Angelina Jolie menace d’être un nouveau scandale au Japon. Les nationalisme veulent interdire le film et interdire d’entrer au Japon son auteur.

  2. J’aime bien sa conclusion. Sur les historiens, journalistes japonais et les « femmes de réconfort », elle se trompe, ce sont très souvent des japonais comme entre autres l’historien Yoshiaki Yoshimi qui ont mis en lumière les grands crimes de l’impérialisme nippon, y compris pour ce qui est de Nankin. Je ne suis pas certain que même si côté japonais politiques et officiels montraient un peu de compréhension et de reconnaissance de ces faits terribles, ça calmerait le jeu. La Corée du Sud est en train de construire toute son histoire non pas sur son identité propre mais en rejet, en opposition au Japon, dans la haine de celui-ci. Déni d’un côté, instrumentalisation de l’autre, pas brillant pour demain.

    • Je trouve que sa conclusion est plutôt ambiguë et équivoque d’un coté elle condamne la prostitution forcée par le Japon impérialiste et d’un autre elle relativise en universalisant cette pratique dans une phrase assez étrange: « Il n’est pas d’important de savoir si durant les guerres, et pas seulement celles auxquelles a été impliqué le Japon, les militaires ont été impliqués. »
      Alors que je pense qu’il est important de savoir si les militaires ont été impliqués car l’armée dépend aussi du pouvoir politique et donc la décision d’utiliser des femmes comme esclaves sexuelles ne peut pas échapper au gouvernement, ce qui revient au Japon de montrer la responsabilité de l’empereur Showa.
      Jusqu’à preuve du contraire seul le Japon a utilisé les esclaves sexuelles à grande échelle et comme système institué par son administration.
      A l’heure actuelle, en Afrique et au Moyen Orient, les islamistes utilisent des femmes enlevées de force comme esclaves sexuelles, ces esclavagistes sont souvent des groupes de terroristes mais aussi des Etats que toutes nos démocraties moralisatrices soutiennent.

  3. Ce texte comporte quelques erreurs historiques qui sont assez importantes selon moi.

    « Durant la Guerre de quinze ans, qui a vu notamment le Corée et le Japon s’affronter, existait un système de prostitution «professionnelle» au Pays du soleil levant. Ce système que l’on avait alors pour habitude de nommer «femmes de réconfort» fut alors exporté en Corée où se trouvaient des milliers de soldats japonais. La majorité de ces femmes étaient japonaises, parmi elles des Coréennes, des Taïwanaises, des Chinoises, etc. Ce système de prostitution professionnelle était ce que l’on pourrait qualifier de commerce officiel d’esclaves sexuels, contraire aux conventions internationales et qui a sans nul doute violé les droits de l’homme a bien des égards. »

    Il n’y a pas eu de guerre en la Corée et le Japon, en 1905 la Corée est devenu un protectorat japonais suite à la guerre russo-japonaise de 1905, ensuite le Japon à annexé la Corée qui est devenu une colonie à partir de 1910.
    Il y a eu une résistance à la colonisation que les Japonais ont réprimé dans le sang mais il n’y a pas eu de guerre entre ces deux pays entre 1931 et 1945.
    Il s’agit peut-être d’une erreur de l’auteur qui a écrit la Corée à la place de la Chine car c’est en Chine à Shanghai qu’a commencé le système de prostitution organisé par l’armée nippone.

    L’on peut distinguer trois catégories de femmes qui ont travaillé dans les bordels de l’armée japonaise.

    Une grande partie des prostituées étaient des professionnelles japonaise, beaucoup d’entre elles avaient été vendues par leur famille à des maisons closes de l’archipel, c’est donc au Japon en premier qu’il faut parler de commerce d’esclave sexuel.

    Une deuxième partie est constituée des prostituées professionnelles non-japonaises et qui ont été enrôlée par l’armée japonaise.

    une troisième partie est constituée des femmes qui ont été forcé de se prostituer dont celle qui ont été trompées par un pseudo contrat de travail et celles qui ont été enlevées.

    Les bordels de campagne ont été implantés dans tous les pays envahis et asservis par le Japon, et les femmes qui ont travaillé étaient donc des femmes trouvées sur place dans ces pays là, ainsi elles étaient coréennes, chinoises, philippines, taïwanaises, birmanes, indonésiennes, néerlandaises et australiennes. Si les Coréennes ont été sans doute les plus nombreuses à être obligées de se prostituer, elle ne sont pas les seules.

    Le terme de commerce officiel d’esclaves sexuels est donc inexact car il n’a pas eu de commerce, sauf dans certains cas, les femmes n’ont pas été acheté par l’armée nippone, elle ont été enrôlé de force comme l’ont été les hommes pour servir dans l’armée impériale ou pour travailler comme esclave dans les entreprises japonaises tels que Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo, Nissan et Toshiba.

    La dernière phrase du paragraphe est totalement anachronique, jusqu’en 1945 il n’y avait aucune convention internationale au sujet des droits de l’homme, de plus le Japon n’avait pas ratifié la Convention de Genève de 1929 au sujet des prisonniers de guerre et avait claqué la porte de la Société Des Nations en 1933.
    On ne peut être accusé d’un crime contre un droit qui n’existe pas en vertu de la non-rétroactivité de la loi pourtant c’est qu’on fait les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo, ils ont jugés des actes certes monstrueux mais qui au moment où ils ont été commis n’étaient réprimés par aucune loi internationale ou traité. C’est du même non-sens légal que procède la loi Taubira sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

  4. ça serait bien que l’auteur corrige l’article car si des gens le lisent, ils ne pensent pas nécessairement à lire les commentaires. Et ici il y a plus d’informations pertinentes dans les commentaires que dans l’article lui même.

    En temps qu’étudiant en langue et en culture japonaise à Paris (au contact d’enseignants-chercheurs français et japonais) je confirme les info de deepslv.

    Quant à ceux qui se demande pourquoi les anciennes victimes de ce système ont attendu 1990 pour se manifester, il faut savoir que cette date marque la « fin » d’une dictature sévère en Corée du sud qui a fait taire les victimes sous la pression américaine qui elle même cherchait à former un bloc asiatique uni face « à la menace communiste » (hors de question que le Japon et les anciens territoires occupés par celui ci se querellent en pleine guerre froide).

    Pour ceux que ça intéresse je recommande l’ouvrage de Mickael Lucken, « les japonais en guerre » qui permet de comprendre ce qui s’est passé pendant la guerre mais surtout après. Il donne les clés pour comprendre pourquoi autant de versions de l’histoire s’affrontent au Japon, et pourquoi il existe aujourd’hui encore de tels conflits.

  5. « En temps qu’étudiant en langue et en culture japonaise à Paris (au contact d’enseignants-chercheurs français et japonais) je confirme les info de deepslv. » wow! Je les confirme aussi. Un grand merci à Google et aux clics droits et gauches

    « Quant à ceux qui se demande pourquoi les anciennes victimes de ce système ont attendu 1990 pour se manifester, il faut savoir que cette date marque la « fin » d’une dictature sévère en Corée du sud qui a fait taire les victimes sous la pression américaine qui elle même cherchait à former un bloc asiatique uni face « à la menace communiste » (hors de question que le Japon et les anciens territoires occupés par celui ci se querellent en pleine guerre froide). »

    La dictature sévère en question faisait taire toutes les victimes, y compris les siennes. Vu que la Corée du sud est vent debout sur ces questions et qu’elle opère un alignement vitesse grand V avec Pékin, selon ta logique on doit en déduire qu’entre Washington et Pékin, c’est bras dessus bras dessous voire champagne? Il manque un petit détail à cette analyse. Outre le rapprochement économique et géo-politique avec Pékin, souffler fort dans les trompettes du nationalisme coréen, porter la culture de la victimisation et la fustigation du Japon de 2014 pour des crimes et des atrocités commises il y 70 ans et plus c’est aussi un bon moyen d’occulter l’ampleur colossale de la collaboration frénétique et sans complexe de centaines de milliers de coréens avec l’occupant impérialiste. Pour moi, cette fuite en avant relève des mêmes mécanismes portés aussi bien par la droite et la gauche japonaise qui consistait, après la capitulation, à se centrer sur Hiroshima/Nagasaki et les bombardements de civils pour éviter de parler de Shangai, Nankin ou de la Corée justement.

    « Pour ceux que ça intéresse je recommande l’ouvrage de Mickael Lucken, « les japonais en guerre » qui permet de comprendre ce qui s’est passé pendant la guerre mais surtout après »

    oui, un ouvrage brillant qui montre l’étendue et la complexité de ces questions et présente un kaleïdoscope de « mémoires », à des années lumière de la focalisation permanente sur les négationnistes et des mythes simplificateurs sur les japonais victimes OU bourreaux

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