Le manga agricole a le vent en poupe, comme en témoigne le succès de Silver spoon. Chez Akata, le retour à la terre se veut biologique, avec Moi, jardinier citadin (sur le thème de l’agriculture urbaine en Corée, sorti en janvier 2014) et Les Pommes miracles, publié en novembre 2014.

Les Pommes Miracles (© Takuji Ishikawa - Tsutomu Fujikawa - Akata)
Les Pommes Miracles (© Takuji Ishikawa – Tsutomu Fujikawa – Akata)

Les Pommes miracles est une adaptation en one-shot du livre éponyme de Takuji Ishikawa, consacré à la vie de Akinori Kimura, un des pionniers de l’agriculture et surtout de l’arboriculture bio au Japon. Dessiné par Tsutomu Fujikawa, le manga retrace le parcours de ce fils d’agriculteur qui ne demandait qu’à échapper à son destin. En effet, le petit Akinori était le genre de gamin à démonter son beau robot tout neuf pour voir ce qu’il avait dans le ventre : ouvrir, comprendre et bidouiller les machines, une passion qui le pousse plutôt vers la ville et l’industrie.

Mais au bout de quelques années, il est rappelé chez lui, et finit par épouser une fille d’agriculteur dont il reprend l’exploitation. Se livrant d’abord en toute insouciance à l’épandage effréné de pesticides, Kimura finit par comprendre que les « progrès » de la science rendent sa femme malade et décide de se tourner vers une agriculture plus naturelle. Commence alors un véritable chemin de croix : si le riz et les légumes arrivent assez rapidement à se passer de pesticides, les pommiers, principale source de revenus du ménage, supportent mal le changement de traitement. Là encore, Kimura va chercher à comprendre et à bidouiller, testant mille solutions au risque de mettre son exploitation en péril. Le soutien de ses proches, un coup de pouce des voisins – qui le prennent pourtant pour un fou – et son amour de la nature vont cependant lui permettre de s’obstiner jusqu’à la victoire.

L’entêtement de Kimura a failli être tragique. Même si le manga raconte sa quête avec humour et légèreté, on sent le coût de cette obstination forcenée, de ce tâtonnement solitaire, le poids des doutes et des années de vache maigre imposées aux siens. De nos jours encore, se convertir au bio reste une aventure : mais dans ce Japon des années 70, c’était une idée folle. Aujourd’hui Kimura voyage partout dans le monde pour partager son expérience et prêcher la bonne parole. Il est heureux qu’elle vienne jusqu’à nous par l’intermédiaire de ce manga, qui permet de mieux comprendre les difficultés que rencontrent agriculteurs en renonçant aux pesticides et autres engrais chimiques. Puissent les pommiers fleurir partout sur la terre !

Écrit par Élisabeth de Sukinanihongo

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1 COMMENTAIRE

  1. Si ce manga est instructif, j’ai cependant regretté sa dimension mélodramatique trop appuyée. La force de Kimura demeure dans son absolosue certitude qu’il peut arriver à trouver une alternatice aux pesticides. Cependant, il n’y a pas ingénieur agronome et sa méconnaissance en botanique rend sa tâche plus difficile. En final, je trouve que le propos est trop teinté de bons sentiments pour être vraiment touchants. J’ai aussi regretté que malgré la débauche d’émotions, on a peu d’information sur la vie privée de Kimura. Une lecture pour moi en demi-teinte car le sujet me passionne mais le traitement m’a déçu.

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