pastille-09La vie au Japon est rythmée tout au long de l’année de festivals variés. Certains de ces évènements comme la fête des poupées et la fête des garçons (rebaptisée en 1948 fête des enfants) sont célébrés depuis l’antiquité et malgré la modernisation du Japon, ils n’ont aucunement perdu leur place dans la société japonaise. Ils ont également un lien étroit avec un objet d’art traditionnel japonais: la poupée ningyo.

Poupées Ningyo représentant un empereur et une impératrice assis (© Boisgirard-Antonini)
Poupées ningyo représentant un empereur et une impératrice assis

Ainsi, le 3 mars, le Japon célèbre la fête de poupées (Hinamatsuri) et les filles sont mises à l’honneur. Les jours précèdent cette date, on s’affaire dans la plupart des maisons japonaises à sortir de leurs boites des poupées pour le mettre en évidence dans la maison. Sur une étagère, il y aura au minimum deux poupées, représentant l’empereur et l’impératrice de l’époque de Heian. Mais bien souvent, ces deux personnages sont accompagnés d’autres membres de la cour impériale comme par exemple, des courtisans, des servantes, des ministres voire des musiciens et des animaux.

Grande poupée Ningyo d'un seigneur féodal (© Boisgirard-Antonini)
Grande poupée ningyo d’un seigneur féodal

Le 5 mai, c’est le festival des enfants que l’on célèbre (kodomonohi). À l’origine, ce festival honorait les garçons et ceux-ci recevaient comme cadeau des armures miniatures de samouraï. Les choses ont changé quelque peu et de nos jours, c’est surtout des koinobori (grands poissons en toile) flottant depuis les balcons que l’on remarque ce jour-là. Ce que l’on sait moins, c’est qu’à une autre époque, des poupées étaient également exposées lors de cette fête : celles-ci représentaient des samouraïs et autres héros guerriers.

Il est important de noter que les poupées utilisées lors de ces festivals représentaient bien plus qu’un symbolique « rite de passage ». Elles transcendaient cette dimension pour représenter les valeurs de la société des samouraïs. En effet, ceux-ci étaient les gardiens de la population et comme tels, ils étaient fortement vénérés. Dans une société fortement hiérarchisée, ils avaient leur place juste au-dessous de la famille impériale et, comme celle-ci, ils avaient les moyens de financer de nombreux arts. Ainsi, les objets qu’ils commandaient (tels que sabre, armure, etc…) étaient manufacturés dans un esprit qui devait absolument honorer leur statut.

Armure de samouraï miniature Yoroi (© Boisgirard-Antonini)
Armure de samouraï miniature yoroi

Les poupées ningyo ne faisaient pas exception à cette règle et, comme la plupart des objets d’art japonais, elles étaient commandées par les buke (familles de samouraï). Par conséquent, les artisans qui les confectionnaient prenaient un énorme soin lors de leur fabrication. Les valeurs du samouraï (le courage, la volonté, l’honneur, l’esprit chevaleresque, etc…) prenaient ainsi forme sous ces magnifiques figurines et l’artisan commandité n’hésitait pas à utiliser des matériaux précieux pour représenter le plus fidèlement possible ces personnages. Ainsi, les habits des poupées étaient souvent en soie et en brocart finement brodés. Le raffinement et l’attachement au détail conduisaient également à complémenter ces poupées d’objets familiers à leurs statuts.

On retrouvera plusieurs exemplaires de ces poupées lors la prochaine vente aux enchères d’objets japonais qui aura lieu le 28 novembre à Drouot. Ces figurines sont non seulement de véritables œuvres d’art mais elles illustrent également parfaitement le respect qui poussait l’artisan à reproduire la réalité dans le moindre détail : ainsi, les lots 265 à 273 du catalogue comportent des accessoires tels qu’éventails, flèches, sabres, armures ornées d’un emblème familial, etc…. D’autres sont accompagnées de serviteurs ou d’un cheval. En admirant ces objets, on ne peut douter une seconde que ces poupées n’étaient pas de banals objets décoratifs : elles symbolisaient la société samouraï et le code éthique qui régissait leur vie.

Pour plus d’informations :

La vente aura lieu le 28 novembre a 14 heures
Expositions publiques:
  • le jeudi 27 novembre de 11 h a 18 h
  • le vendredi 28 novembre de 11 h a 12 h
  • Infos sur le site de la vente

close

Tous les jours recevez l'édition gratuite de l'actualité japonaise par e-mail!

L'essentiel de l'actualité japonaise quotidienne dans votre boîte e-mail. L'édition gratuite vous offre un extrait de la revue de presse payante.

Synthétisée grâce au travail de la rédaction de Japon infos, 100% indépendant, garantie sans fakenews, gagner du temps et ne cherchez plus ailleurs!

Toutes les infos de la journée sur l'Archipel seront dans votre boîte-aux-lettres, devenez le premier sur les news du Japon!

Nous gardons vos données privées et ne les partageons qu’avec les tierces parties qui rendent ce service possible. Lire notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Article précédentPlongez dans la culture japonaise au Toulouse Game Show
Article suivantLa formation interne et le «manuel»

64 Commentaires

  1. Le Japon n’a pas toujours été l’archipel surpeuplé que l’on connaît aujourd’hui. Au 16eme siècle il y avait pratiquement le même nombre d’habitants au Japon qu’en France. Il n’a pas été non plus le Japon tout propre, tout lisse des drame historique et des films de samouraï.
    La situation dans les campagnes était miséreuse et les famines constantes.
    Pendant la période Edo, il y a eu plus de 154 famines dont 21 très sévères et touchant de grandes parties du Japon. Celles de Kangi, Kansho, Tenmei et Tenpo ont causé la mort de centaines de milliers, voire des millions de japonais dont principalement les paysans.
    Les famines au Japon ont perduré jusqu’à la fin du 19ème siècle.
    Entre les famines, les épidémies et les impôts, les familles japonaise régulait le nombre de bouches à nourrir en pratiquant couramment l’infanticide.
    La plupart des nouveau-nés était tués sitôt après l’accouchement par la mère ou la belle-mère. Les japonais appelle cet infanticide par l’euphémisme mabiki ema 間引き絵馬 qui peut se traduire par « éclaircir les plants ». Ceux qui avaient un peu d’argent pratiquaient l’avortement, moins traumatisant pour la mère que d’avoir à étouffer son bébé avec le cordon ombilical ou l’écraser.
    Le bébé était ensuite enterré ou jeté dans une rivière et l’on donnait à la mère un substitue en forme d’enfant la fameuse poupée kokeshi 小芥子 ( littéralement : petit déchet enfant). Il y a bien sûr d’autre kanji pour écrire こけし et ainsi changer ou cacher le sens, après tout l’on peut comprendre les Japonais modernes de ne pas vouloir passer pour un peuple barbare qui tuaient une grande partie des nouveau-nés et les jetaient à la rivière. Ne pas accepter les zones sombres de son histoire est courant au Japon comme on peut le constater avec la négation des crimes de Showa.
    Dans le magnifique mais très dur film « la balade de Narayama » Palme d’or en 1983 l’on peut voir crûment comment se passait la vie dans un village de montagne, Les rapports sociaux dans le village et dans la famille, le sexe dont la zoophilie, l’infanticide est représenté, l’acteur principal tombe un soir sur le cadavre d’un bébé jeté dans le ruisseau et l’autre façon de réguler la population, l’abandon des personnes âgées dans la montagne Ubasute 姥捨て littéralement : jeter les vieux.
    L’infanticide fut interdit par le gouvernement Meiji mais il continuera en décroissant jusque dans les années 1940. Les filles étaient beaucoup plus victimes que les garçons, ce qui explique que la plupart des poupées kokeshi sont des filles. Les filles étaient en ce temps la inutiles, si elles survivaient à l’étouffement et poussaient leur premier cri, c’était une calamité , il fallait les élever jusqu’à au moins 6 ou 7 ans et ensuite les vendre à un bordel ou en servage.

    Les bébé jetés dans les rivières ont peut être donné un autre personnage fétiche au Japon. Le Kappa.
    Kappa 河童 veut dire enfant de rivière et il ne serait pas étonnant que les nouveau-nés après avoir passé un certain temps dans l’eau commencent à gonfler, se déformer, pourrir et sentir très mauvais. De là à ce que ces petits monstres viennent demander des comptes à la conscience de leurs assassins.

    De nos jours kokeshi et kappa sont d’amusants bibelots qui cachent bien leur monstrueuse origine. Vous les verrez peut être d’un autre œil dorénavant.

    • Cette description des usages est terrible .
      Je vais établir quelques parallèles avec chez nous et ailleurs :
      Dans ton récit, la poupée devient comme une grimace , elle exorcise. J ‘ai vu des poupées de chez nous, qui n ‘ont que cent ans , et dont l ‘expression à toutes, méchante, me frappait . l ‘enfant, sans doute réprimé dans l ‘expression de ses sentiments, trouvait là l ‘occasion de les extérioriser et de se venger des manières imposées . . Le crime sur les nouveaux nés existait encore en France il y a 100 ans . dans les campagnes profondes on jetait aux pourceaux les nouveaux nés filles . C ‘est un témoignage, lu dans Télérama il y a une dizaine d’années , plus peut être , qui me l ‘apprit . j ‘en fs secouée .
      Je sais aussi qu ‘au Vietnam il n ‘ y a pas si longtemps , mon mari l ‘évoquait encore en riant, est ce drôle ? qu ’emmenait les vieux dans la forêt, les faisaient monter à l ‘arbre qu ‘on secouait et s’ ils tombaient c’en était fait d’eux

      • J ‘ajoute car je m ‘aperçois que je n ‘ai pas fini la phrase  » S’ils ne tombaient pas du cocotier secoué ils rentraient au village avec les autres pour UN AN jusqu ‘ au test de l ‘année suivante . Je ris ou je pleure ?

      • L’infanticide était partout très courant autrefois, il l’est encore dans certains pays pauvres. En Europe il est devenu un crime à partir du 16eme siècle sous l’influence du grandissante du catholicisme et de la Réforme alors qu’au moyen âge il n’était pas pris en considération et vu comme un mal nécessaire à la régulation de la population. Un infanticide prouvé pouvait conduire à la peine capitale prononcé par les tribunaux.
        Au Japon la situation était différente, l’infanticide n’était pas du tout criminalisé et était considéré comme une pratique normale. Tuer son enfant était reconnu comme un droit des parents.
        En France à la fin du 19eme siècle, l’infanticide était devenu rare alors qu’il était courant surtout dans les campagnes dans le Japon de Meiji.
        Beaucoup de Japonais ne connaissent pas la vraie histoire des kokeshi, beaucoup de ceux avec qui j’en ai discuté refusent catégoriquement cette explication. le Wikipedia japonais n’en fait pratiquement pas mention et considère cette explication comme fausse.
        Mais le fait est qu’un Kokeshi ressemble étrangement à un nouveau-né emmailloté dont seule la grosse tête dépasse, de plus la région d’où viennent les kokeshi, Tohoku, était une région très pauvre qui pratiquait l’infanticide couramment.

    • « Il n’a pas été non plus le Japon tout propre, tout lisse des drame historique et des films de samouraï. »…

      moui, il y a un nombre non négligeable de films japonais qui montrent un visage peu réjouissant de cette période. Par ailleurs, beaucoup de films dits « historiques » centrent en général le propos sur la vie et les états d’âme des classes ou castes supérieures et ça c’est une quasi-constante dans bien des cinémas. Ce n’est pas un trait cinématographique particulièrement japonais

      « Ne pas accepter les zones sombres de son histoire est courant au Japon comme on peut le constater avec la négation des crimes de Showa »

      entre déni et amnésie, la question de la mémoire est il est vrai, un sujet bien épineux en ce qui concerne le Japon mais combien de pays ont fait un vrai travail de mémoire sur leur histoire, sur cette période ET d’autres? La Russie? La France? La Chine? Staline est encore un héros pour beaucoup, Mao un demi-dieu et Napoléon, notre cher Robespierre à cheval, un grand bâtisseur, Hallelujah… le cas de l’Allemagne est assez intéressant mais la vraie question n’est pas celle des « négationnistes » à mon avis, l’homme de la rue se refuse à croire à, ne veut pas être confronté à… l’innommable parce qu’il a honte, parce que ça le heurte et dépasse son entendement, refuser d’admettre l’inadmissible est très humain et très universel . Ce qui à mon avis est beaucoup plus inquiétant ce sont les « apologistes », qui eux ne nient rien mais au contraire s’en glorifient. Et dans ce cas malgré nos chères lois mémorielles et les décennies de mea culpa de l’autre côté du Rhin, je ne suis pas du tout persuadé qu’il y ait au Japon plus de fans des horreurs perpétrées à Nankin (ou à Harbin…) qu’il n’y a de fans de la Waffen SS en Germanie et d’adorateurs de la Milice en France.

      « Ubasute 姥捨て littéralement : jeter les vieux. » comme l’indique le radical du premier kanji, c’est plutôt ‘jeter les vieilles bonnes femmes » car le trait dominant de l’infanticide, notamment en Asie (Chine, Corée, Inde…) c’est l’élimination des filles en premier lieu.

    • Je pensais avoir vu le film d’Imamura mais j’avais seulement lu le court roman de Fukazawa Shichirô dont le titre complet est d’ailleurs « Études à propos des chansons de Narayama ».
      Et c’est avec bonheur que j’ai découvert hier soir la Palme d’Or du festival de Cannes 1983.
      Très fidèle au livre dans son esprit et dans son histoire, ce film fait souvent passer des frissons dans le dos tant il raconte un quotidien particulièrement effrayant. Et l’on a du mal à imaginer qu’un peuple ait pu mener une telle vie ou la mort, le sexe et l’immoralité sont monnaie courante et cela pour la survie de la famille et de la communauté.
      A (re)découvrir pour comprendre la société paysanne et féodale du début de l’ère Meiji.

  2. A propos de hinamatsuri, à l’origine c’était une célébration des hautes classes de la société japonaise qui n’est vraiment descendu dans les basses classes qu’avec la fin de la féodalité. Il en est de même pour shichi go san et hanami qui se sont vraiment démocratisé que tardivement.

    A propos de mon commentaire précédent où je mentionnais  » la ballade de Narayama ».
    Je conseille de lire de livre de Shichiro Fukazawa et de voir les deux films qui en ont été tiré celui de Kinoshita en 1958 très stylisé comme une pièce de Kabuki et celui de Imamura en 1983 très réaliste à la limite de la pornographie mais évoquant avec justesse les conditions de vie dans la campagne japonaise à la fin du 19eme siècle.

    • Je viens de voir en effet le film de 58 . il est lent et théâtral . on entre de fait difficilement dedans . On assiste à un spectacle . je me suis même demandé si les décors étaient tous naturels . La montagne en fond ne le parait pas . Le film de 83 de Inamura est proposé en plusieurs versions mais laquelle sera sou titrée en français ? Sur youtube , j ‘ai vu effectivement la bande d’annonce du film : Images liantes, rythme vif . Rien de semblable à l ‘autre . Mais à lire les critiques sur ce film sur amazon, j ‘ai l ‘impression que l ‘esthétisme provoque une admiration . et que la cruauté des moeurs set de la vie ne soit sous estimée au profit du sentiment filial .

      • Oui je suis d’accord avec toi.
        Autant le film d’Imamura était réaliste, voir quasi documentaire, autant celui de Kinoshita est extrêmement lyrique. Tout concours à faire de ce film un conte : narration chantée (en accord avec le livre intitulé « Étude à propos des chansons de Narayama »), décors qui font très… décors!, danses à la limite du folklorique, scénario plutôt grand public, mise en scène très colorée notamment avec le jeu des éclairages. Seule la fin du film, avec le voyage vers la montagne, redonne un peu de dramaturgie à l’ensemble.
        Personnellement j’ai préféré la version de 1983 beaucoup plus dure mais plus édifiante même si le premier semble plus fidèle au roman d’origine.

        • Le film de Kinoshita est effectivement un conte, il se passe dans un passé indéfini, à la fin, seule l’image de la locomotive ( temps) et de la gare (lieux) le rattache à la réalité. Le film de Imamura, montre clairement l’époque à l’aide du fusil de chasse, il ne peut se passer que pendant Meiji.
          Ce que les deux films montrent c’est la société tribale du Japon rural, absence de système judiciaire, pensée magico-religieuse, aucune remise en question n’est possible dans cette société et sans remise en question aucun changement n’est possible. Cette société est fondée sur le sacrifice rituel dont l’efficacité nécessité l’unanimité de la croyance du groupe.
          je cite Karl Popper :
           » Dans ces sociétés, aucune distinction n’est faite entre le cycle des phénomènes naturels et celui des conventions sociales, l’un et l’autre étant attribués à une volonté surnaturelle »
          De même qu’on ne peut imaginer changer les lois de la nature, on n’imagine pas de toucher aux coutumes.

          Le thème majeur de cette histoire est le sacrifice rituel.

          • Dans le film de Imamura, l’on voit la famille accusée d’avoir volé de la nourriture enterrée vivante, il faut se rappeler que les sacrifices humains étaient courant au Japon il y a moins de 300 ans. Par exemple, la coutume sacrificielle appelée « hitobashira » était un sacrifice dans lequel on enterrait vivant des personnes, souvent des jeunes filles, dans le but d’attirer la protection des divinités sur la construction d’un bâtiment ou d’un pont.

    • Quelle version du film regarder ? il en existe ainsi sur amazon même 4 ou 5 versions de durée inégale d’ailleurs . Certaine serait en japonais exclusivement dit une consommatrice qui ne trouva peut être pas la touche des langues . Allez savoir . Le prix arrête aussi , 28 , 50 euros plus le bouquin et,
      au final , étant allée sur amazon voir ces films , je trouvais des commentaires aux antipodes de ce qui s’est dit ici . Du film d’Inamura de 83 , je lis :  » ce film est une splendeur . Des paysages d’une infinie beauté et la découverte
      des coutumes du Japon ancestral ,cruelles bien sur ,mais avec aussi des liens intenses entre Mère et fils .
      J’ai adoré » . ADORE !
       » Le Japon ancestral  » , des paysages , la cruauté mais sauvant tout, l ‘amour filial  » . C ‘est donc bien l ‘esthétique qui prédomine et influe sur le sens de la lecture ; Les marxistes de ce site, commentateurs diront que c’est une iDEOLOGIE qui est véhiculée par LE STYLE . Sans parler  » d’idéologie  » on peut parler de  » qu ‘est ce qui est montré , qu ‘est ce qui est lu  » . 28 , 50 euros , plus le livre, le trouver . N ‘ y a -t- il pas moyen d’emprunter ? quelle version ?

        •  » Je ne sais pas récupérer  » et c’est pas par le net que tu vas m ‘expliquer . on serait repéré ! mais merci de tes indications telly , le 2eme à partir du haut chez amazon , on n ‘arrête pas le progrès . On a tous le même écran – Ma voisine, ELLE , pour qui le net est devenu un dieu , m ‘ a envoyé 5 blagues par internet cet après midi . T ‘es pas trop fâché telly , j ‘espère, quand j ‘ai dit  » marxiste  » , le marxisme dit  » idéologie  » s ‘il le dit encore … l ‘idéologie sous jacente DANS l ‘expression même
          Price minister le moins cher . T’ es chouette telly .

          • Des commentaires conformistes quand même , tournés tous vers la même direction , honorables, , avec dans les yeux une étoile les éblouissant . Le lecteur d’ amazon croit à tout ce qui est écrit . L ‘écrit est pour lui , sacré . Plein de préjugés ? C ‘est un croyant . Il suit Il aime d’après les idées en vogue . Le Japon aux valeurs millénaires, il l’a vu, a aimé . la contestation littéraire pas question . Littéraire et pourtant je pressens chez l ‘écrivain Schichorô quelque chose de contrariant qui soulève le sens : il traduit , transcris les chants par des stances ai – je cru comprendre intriguée . La commande est passée automatique d’ ailleurs par trois fois sans que je touche , deep , c’est dire .Mais je le recevrai et pourrai analyser ce qui est sous tendu ,
            peut être .

  3. Oui, 姥 est une vieille femme. On peut aussi l’expliquer du fait de la longévité des femmes supérieure à celle des hommes.
    Dans beaucoup de website japonais, cette pratique est prise comme une légende, non comme un fait historique.
    L’histoire est en des enjeux majeurs du politiquement correct ou plutôt de l’historiquement correct.
    Beaucoup d’historiens japonais nient l’importance de l’infanticide et préfèrent parler d’une baisse de la fécondité pour expliquer la stagnation de la démographie au Japon durant le moyen-âge, une fondation crée par un descendant des Tokugawa a trouvé des historiens pour prouver que le niveau de vie pendant la période Edo était meilleur que pendant Meiji.
    Le problème de l’histoire du Japon est que si l’on trouve beaucoup de textes montrant la vie des classes aristocratique et guerrières, on en trouve beaucoup moins concernant les classes modestes. les données chiffrées sont souvent inexistantes avant Meiji et les historiens doivent s’en tenir à des estimations.
    On se souvient aussi de l’archéologue faussaire Shinichi Fujimura qui voulait prouver que la civilisation japonaise avait commencé avant toutes les autres, l’escroquerie a été révélée mais beaucoup de publications continuent de se baser sur ses « recherches ».
    Dans certains sites consacrés au Japon, les auteurs font remonter la généalogie de la maison impériale à 660 ans av.J.C sans mentionner clairement que c’est une légende. L’impérialisme Showa faisait remonter la fondation du japon au 11 février – 660 et cette date anniversaire est à nouveau fêté depuis 1966.
    Dans la fiche d’une exposition consacré aux samouraïs, l’auteur avait écrit que ces guerriers japonais existaient depuis 2000 ans.

    Alors bien sur, le Japon n’est pas le seul à pratiquer l’enfumage historique, la France est aussi spécialiste en ce domaine et en général tous les pays on tendance à vouloir camoufler les périodes noires de leur histoire.
    Mais en ce qui concerne le Japon, il me semble que l’enfumage marche assez bien car, premièrement, pour des raisons linguistiques, beaucoup de gens qui s’intéressent au Japon ne comprennent pas du tout le japonais et les traductions sont rares, deuxièmement le Japon reçoit finalement peu de touristes par rapport à l’aura culturelle dont il bénéficie, troisièmement, nombres d’institutions privées comme Nippon Fondation font de la propagande sous couvert d’associations culturelles ou caritatives.

  4.  » Les poupées japonaises ningyo un art japonais basé sur la culture samourai, « , on en parle mais me vient une idée , que soulève du coin du drap , ce n ‘est que moi , quantité négligeable , pourquoi me gêner alors , pour dire  » Mais les samourais , n’est ce pas aussi une fabrication de l ‘histoire ?  » Ils ont existé certes mais que représentent ils ? ce sont les propos érudits d’ailleurs des précédents commentateurs qui m ‘amènent à formuler cette question ? Ne les charge -t- on pas d’un sens mythique quand il ne serait qu ‘historique ? Je touche là à l ‘interdit et je m ‘avance à pas feutrés . Les samourais , un mythe, une valeur fabriquée, c’est le bouquet ! Comme iriodote disait et deep aussi , il y a des zones d’ombre , iri et deep , A éclaircir .

    • Il n’y a aucun interdit. Le monde des samourais était celui d’un Japon féodal, comme les chevaliers au temps du moyen-âge occidental. L’aura des samouraïs est la même que celle des chevaliers, venant d’une réalité fantasmée et déformée en mythe: Une caste supérieure privilégiée et impitoyable transformée dans nos images d’Epinal en une élite guerrière imprégnée de justice et de romantisme. La seule différence est que cette société moyenâgeuse de castes a duré au Japon bien plus longtemps dans le temps qu’en France…

      • Il y a quand même une différence de taille ( sans jeu de mot, quoique…) les chevaliers devaient une protection aux paysans alors que les samouraïs s’en foutaient complètement et passaient leur temps à les racketter, un peu comme les yakuza aujourd’hui.

    • Dommage que tu n’ais pu visiter l’expo qui leur était consacrée à Nantes.
      Reste le très beau catalogue de Pierre-François Souyri : Samouraï 1000 ans d’histoire du Japon. Bon comme d’hab’ c’est cher (39,50€) mais l’auteur est une référence et il y a un max de photos. Un beau cadeau pour Noël!

      • Après ce que je suis en train de comprendre sur les samourais , je ne regrette rien . Dommage, pourquoi ? Une légende les  » auréole  » dit defrey et deep parle lui de leur cruauté les comparant aux yakuza , bandes organisées du crime . De quoi la poupée est elle l ’emblème ? J ‘aime ravir mes yeux , recevoir des images mais celles là que cachent elles ou que disent elles ? Se méfier des monuments au souvenir et des armadas .

      • Deep t’envoie plus haut un film que tu dis regarder dès que tu peux . moi aussi . Mais j ‘ai eu un choc en voyant l ‘image parce que c’est la photo d’un tableau de moi , du moins le fond rOUGE . Devant c’est tout vert moi j ‘avais mis bleu sur mon tableau inspiré de Picasso , sans comparaison possible on s’en doute . mais j ‘ai publié ce tableau ce matin , sur mon blog derriere le miroir et deep envoie la vidéo .le même jour ! Si c’est pas surréaliste c’est quoi . Le fond rouge sur l ‘image c’est quoi , un trucage , un montage, une vaste toile tendue en fond de scène ? C ‘est impressionnant . Il y a quelque chose ; et c’est intrigant
        Ces photos !

      • Il m ‘ a été impossible de regarder le film cité plus haut  » La ballade de Narayama car la version youtube est en japonais et n ‘était pas sou titrée même en anglais . Les paroles ponctuent les scènes et les relient . J ‘ai retrouvé partout dans toutes les scènes extérieures le fond rouge . La ressemblance avec celui d’un tableau repris de Picasso par moi m ‘a frappée , mais un écran rouge , c’est le symbole toujours du drame . Je me permets de placer ici le lien permettant de voir le tableau qui m ‘ interroge moi – même car ce fond qui est un écran , un mur , je l ‘ai rajouté . mais je n ‘ai compris le film . http://derrierelemiroir.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/11/28/elephant-woman-fragments-d-un-paradis-to-4-548544.html#comments. Lire le 2ème commentaire qui apporte un éclairage sur la création . J ‘insiste , lourdement peut être : la couleur du cri .

          • Merci telly . Je n ‘aurais pas trouvé . Collée chez moi par un refroidissement, je vais avoir le temps de le regarder en entier . Juste abordé le début mais quand j ‘ai compris !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! que d’avoir toutes ses dents!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 33 , à 70 ans , c’était complicité avec le diable j ‘ai ENCORE eu peur car je les aies toutes et je vais avoir 70 ans . La grand ‘ mère demande à son fils à être conduite à naramaya ; pour le festival de chants ou pour y finir sa vie . Je le comprendrai . Mourir au milieu des chants .. en plein festival !

          • Il y a aussi le ramayana , indien, lui
            mais je lisais qu ‘un japonais a mis en scène au théâtre et présenté à Avignon cet été avec des costumes japonais en papier un épisode du … voyons ramayana ou mahabharata ? je m ’embrouille à nouveau . Mais je sais que le Mahabharata , récit mythique indien opposant deux armées est intraduisible . je doute alors qu’une transposition ait pu aider . ou alors c’est un coup de génie .
            Enfin vu en entier le film de 58 , j ‘en parle plus haut répondant et questionnant deep

            Je découvre un monde entre ce qui est véhiculé par le cinéma, le théâtre, la littérature qui subliment et le sublime est souvent dangereux , un attrape coeur , une séduction et, la réalité , lourde, grave de siècles de misère générale . L ‘esthétisme sert une idée . Quel voyage ! Les samouraï önt pris un sacré coup . Je trouve très riche et constructif l ‘ensemble des analyses autour de cet article .

    • Mais oui , vous devez évoquer le film  » Les 7 samourais  » que je vis au ciné-club de mes 20 ans plusieurs fois , , assez pour croire que véritablement les samourais avaient défendu le peuple , les valeurs ,et la vie ! On nous les présentait comme des héros , de la résistance et de la lutte, des justiciers .
      dans mon lycée de Lille
      et aux stages de ciné club de Dunkerque . Il y a 50 ans !
      50 ans plus tard, les valeurs ont donc changé ? A quel saint se fier, dit – on .?

    • Dans le film de Kurosawa « les 7 samouraïs » , les samouraïs sont de ronins, des samouraïs sans maître et donc sans emploi, ni salaire, ils sont au moins aussi affamés que les paysans qui les ont engagés pour défendre le village contre les bandits.
      Ils sont comme dans le remake américain de Sturges des mercenaires. Leur action « chevaleresque » n’est au début motivé que par la faim, ils sont payés en bol de riz.
      Les paysans japonais du moyen âge payaient leur impôt en riz, souvent plus de 50% de la récolte.

  5. « Elles transcendaient cette dimension pour représenter les valeurs de la société des samouraïs. En effet, ceux-ci étaient les gardiens de la population et comme tels, ils étaient fortement vénérés. »

    C’est de cette façon que l’on entretien les mensonges et les images idylliques sur le Japon.

    A l’époque Edo, les familles de samouraïs représentaient entre 6 et 7% de la population, les paysans presque 90%, les 3 à 4% restant étaient des artisans, des commerçants et des prêtres bouddhistes.

    Les samouraïs n’étaient pas vénérés, ils étaient craints, ils étaient les seuls à pouvoir porter des armes et à pouvoir s’en servir pour tuer un membre des classe inférieures sans avoir à se justifier devant la justice.
    Les samouraïs venaient collecter les impôts et se payer sur la population. La moindre révolte de paysans dont celles de la faim étaient écrasées sans pitié par les samouraïs.

    Bien sur cette époque est finie depuis un peu plus de 100 ans et le samouraï grâce aux romans et au cinema est devenu un idéal type très éloigné de la réalité historique, il l’est devenu aussi grâce à la propagande du Japon pour tenter de faire oublier à la fois dans le pays et à l’étranger l’incroyable retard de la société japonaise au moment de son ouverture conséquence de sa politique dictatoriale.
    C’est dans ce but que le Japon met en avant la finesse d’une culture réservée à l’élite, faire oublier que plus de 90% de la population de l’époque Edo vivait dans l’indigence. C’est un peu comme si la France voulait faire croire que tout le peuple de l’ancien régime avait eu accès à la cour à Versailles.

  6. Oui , en effet mais mes commandes séparées sont déja parties , cette nuit . Ca me coûtera 17 , 50 euros au total, le film chez Price et le livre chez amazon à 4, 50 . Jamais une commande ne s’est révélée si compliquée . Holistique ?

  7. Pas un mot depuis ce matin où je me risquais … Mais deep dort , il va se réveiller et moi me coucher tôt . J ‘ai fait mes adieux au monde , je recopie une nouvelle , encourage – moi , thom . Surréaliste , même pas . Pas besoin ; Que c’est beau le travail !
    J ‘ai senti sous les propos et commentaires de cet article qu ‘il y avait vraiment une histoire de dire qui nous échappe je crois très fort ,
    mais je devrais recevor demain déjà le livre  » Etudes des chansons de nararayama  » et j ‘ai dans l ‘idée qu ‘il y a là quelque chose qui n ‘a pas été abordé. Quasi .

    Mais voila la vieille femme qui est moi avec ses 70 ans ( bientôt ) toutes ses dents, qui va pouvoir se questionner sur ces chants . La vielle femme dans le film accepte d’être déportée et portée sur le mont . Moi à qui cela n ‘arrive pas quoique si on laissait les médecins ignards, faut bien dire du 04 , si  » ils ont eu que 10 / 20 à leur examen me dit un de ces kinés pas d’ici , c’est pas 16 et pas pareil  » . Bonne à mourir dès 60 ans , pour eux  » c’est la vieillesse  » toute maladie . Si j ‘insiste c’est à cause du poids encore PORTE , de la condamnation , et de l ‘esprit fataliste de cette région Pas plus conservateur que les paysans d’Europe disait Eliade . Plus que les japonais ?

    Réchappée de Narayama , que vais je découvrir ? Le livre arrive demain où il est question de stances , équivalentes aux chants . Ca m ‘interesse : traduire un chant par un autre
    ?

  8. Bonsoir tout le monde!

    De retour (quoiqu’en pleine création d’entreprise).
    Et oui, deepslv, mon côté libéral fait des siennes.

    😀

    J’ai lu tous vos commentaires.

    « Il y a quand même une différence de taille ( sans jeu de mot, quoique…) les chevaliers devaient une protection aux paysans alors que les samouraïs s’en foutaient complètement et passaient leur temps à les racketter, un peu comme les yakuza aujourd’hui. »

    ===> Seulement les chevaliers du Moyen-Âge.
    A partir de la Renaissance, les nobles s’éloignent des gueuses et gueux, pour mieux festoyer dans un domaine de plaisance.
    En écrivant tout ça, je blesse le très lointain passé d’une partie de ma famille.

    deepslv, un film qui te plaira: « Fighter in the Wind ».
    L’histoire romancée de la vie du Grand Maître de Karaté Masatatsu OYAMA, fondateur du style Kyokushin (kyokushinkaï).

    A bientôt, tout le monde!

    😀

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.