Les toilettes japonaises existent en fait sous trois formes différentes. Le modèle plus ancien consiste en de simples toilettes au-dessus desquelles on s’accroupit (sorte de toilettes turques inversées). Il reste fréquent dans les toilettes publiques. Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle moderne occidental des toilettes à chasse d’eau et les urinoirs a commencé à apparaître. Plus récemment sont apparues les toilettes à bidet, qui en 2004 étaient installées dans plus de la moitié des foyers japonais. Au Japon, ces bidets sont couramment appelés washlets (ウォシュレット), nom commercial appartenant à TOTO, une entreprise basée à Kitakyūshū. Ces toilettes incluent de nombreuses fonctionnalités avancées — jet d’eau, ventilation — rarement rencontrées à l’extérieur du Japon.

Toilettes accroupies

Un WC japonais traditionnel avec ses chaussons. L’écriteau sur la gauche dit : « Accroupissez-vous un peu plus près SVP. »
Un WC japonais traditionnel avec ses chaussons. L’écriteau sur la gauche dit : « Accroupissez-vous un peu plus près SVP. »

Le WC japonais traditionnel (和式, washiki) sur lequel on s’accroupit, est aussi appelé « WC asiatique », puisque cette forme de toilettes sur lesquelles on s’accroupit est répandue dans toute l’Asie. Ce genre de toilettes ressemble à un urinoir miniature ou à un bidet posé sur le sol. La plupart sont en porcelaine, mais certains (dans les trains par exemple) peuvent être en acier inoxydable. Plutôt que de s’asseoir, l’utilisateur doit s’accroupir au dessus en faisant face à la partie hémisphérique, c’est-à-dire en faisant face au mur du fond, contrairement aux toilettes à la turque. Une cuvette sans eau et peu profonde reçoit les excréments contrairement aux toilettes occidentales. Par contre, toute la plomberie est similaire. Tirer la chasse va faire jaillir l’eau du devant et pousser les excréments dans le petit réservoir qui se vide alors dans les égouts. La chasse d’eau s’emploie de la même façon qu’en occident mais parfois il y a une pédale en lieu et place de levier. Généralement les toilettes japonaises ont deux sortes de chasse, petite (小) et grande (大) qui diffèrent par la quantité d’eau utilisée. La première étant pour l’urine (littéralement « petit excrément » en japonais) et l’autre pour les fèces (littéralement « gros excrément »). Le levier est souvent poussé en permanence sur « petit » pour avoir un flux d’eau continu dont le son couvrira d’autres bruits considérés comme plus embarrassants (voir infra « Otohime — la princesse du son »).

Deux variantes des toilettes traditionnelles existent communément : l’une où les toilettes sont au niveau du sol, et l’autre où les toilettes sont élevées sur une plate-forme d’environ 30 cm de haut. La première est plus facile à utiliser pour les hommes (position debout), mais les deux types peuvent être utilisés à cet effet. Il n’y a également aucune différence pour la défécation ou pour uriner accroupi. L’utilisateur s’accroupit alors sur les toilettes face au bol et baisse son pantalon (sauf pour les jupes qu’il faut soulever) et ses sous-vêtements au niveau des genoux. L’utilisateur s’accroupit ensuite au dessus du trou, le plus en avant possible, pour éviter que les excréments tombent sur le rebord arrière du réceptacle intégré au sol. Pour cette raison, de nombreuses toilettes publiques rappellent à l’utilisateur cette précaution par cette phrase « Veuillez vous rapprocher d’un pas ». Pendant la défécation, il est important de rester en équilibre. Les débutants se tiennent souvent au tuyau de la chasse d’eau fixé au mur, qui est surnommé « barre de grognements » en référence aux bruits produits lorsqu’on s’accroche à cette barre. Si la plomberie est cachée ou pas assez solide, une poignée séparée peut être installée spécialement pour aider l’utilisateur à rester en équilibre pendant l’usage ou lorsque l’on se relève. Une autre stratégie parfois employée par les étrangers afin d’éviter des accidents embarrassant pendant la défécation est d’enlever pantalon et sous-vêtements et de les accrocher à la patère avant de se mettre en position.

Les avantages de ce type de toilettes sont : facilité de nettoyage, moins cher à fabriquer et consommation d’eau moindre que les toilettes occidentales. De plus, en raison de l’absence de contact avec le siège, elles sont prétendument plus hygiéniques. En fait, le contact avec le siège n’est pas un vrai risque pour la santé et la position accroupie et près du sol augmente le risque d’éclaboussures d’urine et de fèces sur les jambes ou les chaussures. Par contre, l’absence d’eau empêche les éclaboussures d’eau pendant la défécation. Toutefois, puisque les excréments restent exposés à l’air libre le temps qu’ils soient chassés, ces toilettes sont beaucoup plus odorantes que ne le sont les toilettes occidentales, un effet malheureusement souvent remarqué aux abords des toilettes japonaises.

D’autres effets bénéfiques sont attribués aux toilettes sur lesquelles on s’accroupit : développement des muscles pelviques chez les femmes, réduisant ainsi le risque d’incontinence, développement musculaire des hanches, amélioration de la respiration, de la concentration mais aussi de la flexibilité des genoux. La position accroupie buste droit permettrait également d’éliminer plus de fèces du côlon[3].

L’entreprise japonaise TOTO fabrique un WC avec bidet intégré, avec un petit jet d’eau incorporé venant de l’arrière pour nettoyer l’anus. Ce produit n’est pas très populaire du fait des éclaboussures provoquées par le jet et aucun produit n’existe avec un jet venant de l’avant qui minimiserait lesdites éclaboussures.

Bien que rare, on peut parfois trouver le modèle avec un siège pouvant être abaissé ou relevé. En position basse, il est utilisé comme des toilettes traditionnelles. En position haute, on l’utilise essentiellement comme des toilettes occidentales. Ce modèle hybride semble surtout exister dans les zones rurales pour le confort des résidents étrangers mais les adaptateurs qui s’installent sur le dessus des toilettes japonaises pour les transformer en toilettes « assises » sont bien plus fréquents.

Les toilettes occidentales à chasse d’eau

Les toilettes à chasse d’eau standard utilisées à travers le monde sont appelées au Japon toilettes de style occidental (洋式, yōshiki). Ces toilettes, incluant les high tech, sont désormais plus répandues dans les maisons japonaises que les traditionnelles sur lesquelles on s’accroupit. Malgré cela certains appartements anciens affichent toujours un mode d’emploi illustrant l’utilisation convenable des toilettes occidentales pour faire ses besoins. Alors que la plupart des toilettes publiques dans les écoles, les temples ou les gares sont souvent équipées uniquement de toilettes traditionnelles, dans leurs maisons, les Japonais préfèrent pouvoir s’asseoir, surtout les personnes âgées pour qui la position accroupie est particulièrement difficile et inconfortable.

Les bidets high-tech japonais

Les toilettes modernes au Japon, communément appelées, en japonais, des Washlet (ウォシュレット) ou siège de toilette à nettoyage à l’eau tiède (温水洗浄便座 : onsui senjō benza) sont les plus perfectionnées au monde, avec une liste impressionnante de fonctionnalités. Le modèle du fabricant TOTO Washlet Zoe est listé dans le Guinness des records comme les toilettes les plus sophistiquées du monde avec sept fonctions. Toutefois, le modèle a été introduit en 1997, et semble maintenant être dépassé par les tous derniers modèles, notamment le Neoreste. L’idée du washlet est en fait venue de l’étranger et le premier siège de toilettes avec bidet intégré a été fabriqué à l’extérieur du Japon en 1964. L’ère des toilettes très perfectionnées au Japon a commencé en 1980 avec l’introduction du Washlet G Series de TOTO, et depuis lors le nom washlet a été utilisé pour parler de tous les types de toilettes japonaises high-tech. En 2002, pratiquement la moitié des habitations au Japon avaient de telles toilettes, soit plus que le nombre de ménages ayant un ordinateur. Alors que ces toilettes ressemblent au style occidental au premier regard, elles ont en fait un nombre de fonctionnalités supplémentaires : séchoir à air, siège chauffant, options de massage, ajustement des jets d’eau, ouverture automatique de la lunette, ventilation anti-odeur, chasse d’eau automatique après usage, panneau de contrôle sans fil, chauffage et climatisation pour les pièces, etc. Parties intégrantes des toilettes ou du siège, ces fonctionnalités peuvent être utilisées à l’aide d’un tableau de commande qui est soit rattaché au côté du siège, soit sur un mur à proximité, transmettant, sans fil pour la plupart, les commandes au siège.

La fonctionnalité la plus basique est le bidet intégré, un bec d’eau de la taille d’un crayon sort par-dessous l’arrière du siège des toilettes et projette l’eau. Il n’a que deux configurations possibles : l’une pour l’anus, l’autre pour la vulve. Le premier est appelé lavage du postérieur, utilisation générale ou nettoyage familial, et le deuxième est appelée nettoyage féminin ou lavage féminin. Il faut bien noter que le bec ne touche le corps à aucun moment. Le bec est également autonettoyant et se nettoie avant et après chaque utilisation. L’utilisateur peut choisir de se laver l’anus ou la vulve en appuyant sur un bouton d’un panneau de configuration. Classiquement, c’est le même bec qui est utilisé pour les deux opérations, mais avec une position différente de la tête du bec. De plus, les ouvertures et l’angle du jet d’eau ne sont pas les mêmes pour pouvoir atteindre le bon endroit. Parfois, deux becs différents sont utilisés, chacun dédié à sa propre partie. Le jet ne marche que lorsqu’une pression s’exerce sur la lunette, c’est-à-dire quand un utilisateur est assis, ceci afin d’éviter un déclenchement intempestif si le siège n’est pas occupé. Les premiers modèles n’incluaient pas cette sécurité. Nombre d’utilisateurs curieux appuyaient sur le bouton lorsqu’ils regardaient les toilettes pour observer le mode de fonctionnement de l’appareil et recevaient le jet d’eau tiède dans la figure. L’interrupteur de pression a été ajouté pour éviter ce genre d’incident.

La plupart des toilettes high-tech permettent de régler la pression du jet. Par défaut, la pression pour la vulve est moins forte que pour l’anus. Habituellement, la température de l’eau peut aussi être réglée. Des chercheurs ont trouvé que la plupart des gens préfèrent une eau à une température légèrement supérieure à celle du corps, 38°C étant considéré comme idéal. Sur certains modèles, la position exacte du bec peut être ajustée manuellement vers l’avant ou l’arrière. Les toilettes haut de gamme proposent aussi un jet pulsant ou vibrant, tel un pommeau de douche, ou ajoutant un peu de savon pour un meilleur nettoyage. Les fabricants prétendent que ce jet d’eau aide contre la constipation et les hémorroïdes. Le Dr. Hiroshi Ojima prétend[4] que ce genre de toilettes est populaire du fait de la faible quantité de fibres du régime alimentaire japonais et du haut taux de constipation en découlant.

À haute pression le jet peut faire aussi office de lavement. D’aucuns prétendent, sans avancer de preuves, que certaines dames profitent aussi du jet pour se masturber[réf. souhaitée].

Le jet d’eau peut entièrement remplacer le papier, mais la plupart des utilisateurs utilisent les deux, rarement pour la vulve cependant, pour une meilleure hygiène vu que l’action mécanique du frottement du papier est très efficace. Certains utilisent le papier avant, d’autres après, certains les deux, d’autres pas du tout, chacun selon son goût.

Une autre fonction répandue est le séchage par ventilation, ajustable entre 40°C et 60°C pour se sécher les fesses après utilisation du jet. Mais son efficacité est toute relative et la plupart des gens préfèrent utiliser du papier.

La fonction la plus commune est probablement la lunette chauffante, entre 30°C et 40°C. Ceci n’est pas qu’un gadget inutile puisque la plupart des habitations japonaises n’ont pas de chauffage central et les toilettes sont très souvent thermiquement mal isolées et deviennent glaciales en hiver, d’où la popularité de cette fonction. En 2005, certains modèles sont apparus avec une lunette chauffante se déclenchant par détecteur de présence afin d’éviter de chauffer continuellement et inutilement.

D’autres fonctions existent mais sont plus rares : lunette avec détecteur de présence se relevant automatiquement, chasse d’eau automatique (assez commun pour les toilettes publiques), ventilation désodorisante à l’ozone, surface anti-bactérienne, fermeture douce de la lunette — empêchant celle-ci de claquer —, chronomètres décomptant le temps d’utilisation, lunette fluorescente visible dans le noir, air climatisé pour les jours de canicule, etc. Certains modèles pour personne âgées sont équipés d’accoudoirs et autres dispositifs pour les aider à se relever. Une récente invention, qui semble plaire aux dames, est le détecteur de présence intelligent qui soulève la lunette si l’on fait face au WC ou la laisse abaissée si on lui tourne le dos — et s’apprête donc à s’asseoir…

Récemment des chercheurs ont ajouté des capteurs qui mesurent le taux de sucre sanguin d’après l’analyse de l’urine, le pouls, la pression sanguine, et le taux de graisse de l’utilisateur. D’autres capteurs sont en cours de développement et à terme toutes ces données pourront être automatiquement envoyées à un médecin via une liaison internet sans fil. Néanmoins ces capteurs sont très rares et leur succès reste difficile à prédire. TOTO, NAIS, et d’autres fabricants produisent aussi des versions de voyage qui marchent sur piles et doivent être remplies d’eau tiède avant usage.

Toilettes publiques

Les toilettes publiques sont faciles à trouver au Japon et rares sont ceux qui ont besoin de chercher longtemps lorsque la nature les appelle. Les toilettes se trouvent dans les supermarchés, les librairies, les disquaires, les parcs, la plupart des magasins et dans toutes les gares ferroviaires, excepté les plus rurales. Au début des années 1990, il y eut un mouvement pour rendre les toilettes publiques plus propres et plus accueillantes qu’elles ne l’étaient par le passé. Cela paraît notable pour les touristes et les Japonais eux-même. Sachez tout de même qu’il n’est pas inhabituel de voir des hommes japonais uriner en public, saouls ou pas.

De nos jours, la plupart des toilettes publiques disposent à la fois de WC traditionnels et de toilettes occidentales mais en moins grand nombre. La plupart des gares de Tokyo et des écoles publiques à travers le Japon, par exemple, n’ont que des toilettes traditionnelles. De plus, les trains, les parcs, les temples, les restaurants japonais traditionnels, et les vieux bâtiments n’ont typiquement que des toilettes traditionnelles où l’on s’accroupit. Les visiteurs peu habitués à celles-ci peuvent chercher le box avec toilettes occidentales, indiqués soit par l’idéogramme kanji 洋式 (yōshiki), soit les mots anglais Western-style (style occidental), soit un symbole pour ces toilettes, ou alors une combinaison des trois. Les utilisateurs peuvent également aller aux toilettes pour handicapés (lorsqu’elles existent).

Source ! wikipedia.org

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