Dans la revue de presse de ce vendredi 21 août 2026, voici nos actualités : la première exécution sous le gouvernement de Sanae Takaichi, l’avenir incertain du Cool Japan Fund, et le festival Hanawa Bayashi, une célébration estivale vieille de 260 ans.
Condamné à mort
Un homme de 58 ans, condamné pour le meurtre de cinq personnes en 2009, a été exécuté vendredi matin, une première sous le gouvernement de Sanae Takaichi. Sunao Takami avait mis le feu à une salle de pachinko près de son domicile à Ōsaka en juillet 2009, tuant quatre clients et un employé, avant de se rendre à la police le lendemain. Sa condamnation à mort était devenue définitive en 2016 après le rejet de son recours par la Cour suprême, malgré les arguments de la défense évoquant un trouble mental et contestant la constitutionnalité de la pendaison comme méthode d’exécution. Le ministre de la Justice, Hiroshi Hiraguchi, a justifié sa décision en évoquant « des conséquences extraordinairement graves » et un choc profond dans la société. Le Japon compte actuellement cent détenus dans le couloir de la mort, attendant en moyenne plus de 17 ans après leur condamnation. La peine capitale reste largement soutenue dans le pays, où plus de 83 % des sondés de la dernière enquête gouvernementale la jugent acceptable, en partie parce que la perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle n’existe pas légalement. Un groupe d’experts avait pourtant mis en doute en 2024 son efficacité dissuasive et pointé le risque d’erreurs judiciaires irréversibles, un sujet ravivé par l’affaire de l’ancien boxeur Iwao Hakamata, innocenté en 2024 après 44 ans dans le couloir de la mort. Une réforme visant à accélérer les procédures de révision des procès a été adoptée en juillet.
Cool Japan
Le Japon envisage de mettre fin au Cool Japan Fund, un fonds public-privé qui affichait environ 54 milliards de yens de pertes cumulées fin 2025. Selon des médias japonais, le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) prévoit de ne plus demander de financement pour le fonds dans son budget de l’exercice fiscal 2027. Créé en 2013 sous l’ancien Premier ministre Shinzō Abe pour promouvoir les produits et contenus japonais à l’étranger, il a rapidement été critiqué pour son manque d’expertise et ses investissements jugés peu pertinents. Parmi ses principaux échecs figure un investissement d’environ 14 milliards de yens dans la start-up de biomatériaux Spiber, qui n’a pas atteint la viabilité commerciale espérée et a dû engager une restructuration financière. Le ministre de l’Industrie, Ryosei Akazawa, a reconnu la responsabilité des dirigeants du fonds, ainsi que celle du ministère en tant qu’organe de tutelle. Un groupe d’experts doit décider d’ici la fin de l’année s’il faut le dissoudre ou l’intégrer à d’autres institutions. En parallèle, le METI développe le programme IP360, doté de 35 milliards de yens, qui accorde des subventions pour soutenir le développement et l’expansion à l’étranger des contenus japonais. Selon Benjamin Boas, consultant culturel basé à Tōkyō, l’échec du fonds tient davantage à son manque de méthode qu’à un désintérêt pour le Japon. Le ministère vise désormais 20 000 milliards de yens de ventes de contenus japonais à l’étranger d’ici 2033.
Festival d’été
Le festival Hanawa Bayashi, l’un des festivals de chars japonais reconnus par l’UNESCO au titre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, s’est tenu mercredi et jeudi à Hanawa, dans le département d’Akita. Ce grand rendez-vous estival de la ville a vu défiler, dès la tombée du jour, des chars somptueusement décorés venus de dix quartiers différents, tandis que les participants faisaient résonner une musique de fête entraînante, jouée à la flûte, aux petits gongs surigane, aux tambours taiko et au shamisen. D’anciens textes attestent que ce festival, célébré en l’honneur du sanctuaire Sakiwai-Inari de Hanawa, était déjà organisé il y a environ 260 ans, en pleine période Edo. À mesure que les chars avançaient, rythmés par une douzaine de chansons traditionnelles telles que Hombayashi, Nihondaki et Gion, les cris enthousiastes des participants qui les tiraient résonnaient dans les rues.



