Le 18 juin 2008, la Chine et le Japon se sont mis d’accord pour développer conjointement une partie des gisements de gaz en mer de Chine orientale. En réponse à l’annonce officielle de cet accord, le jour même, le journal Japonais Yomiuri Shimbun a déclaré que le Premier ministre M. Yasuo Fukuda avait décidé d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin.

Selon le Yomiuri Shimbun, lors d’une conférence de presse de mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères Masahiko Komura a insisté sur la signification de cet accord qui est arrivé après de longues années de différends avec la Chine. « L’accord est profitable tant pour le Japon que pour la Chine » a-t-il dit.

La porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Chinois, Jiang Yu, a publié une déclaration qui dit : « Le résultat sera favorable à la paix et à la stabilité en mer de Chine orientale, à l’amélioration d’une coopération mutuelle bénéfique non seulement en matière d’énergie mais également dans d’autres domaines, à un développement sain et stable des relations sino-Japonaises et favorable aux intérêts fondamentaux des deux pays et de leurs citoyens. »

Cependant, l’accord a été vivement critiqué par les internautes chinois et par les médias de Hong Kong immédiatement après son annonce— ils ont critiqué les autorités communistes chinoises pour avoir trahi les intérêts nationaux, avoir humilié la nation et avoir porté atteinte à sa souveraineté.

Cinq années de contentieux sur les droits d’exploration des gisements de gaz sous-marins
L’accord autorise le Japon à investir et à partager les profits générés dans les zones contestées de la mer de Chine orientale, y compris dans le gisement de Chunxiao, que le Japon appelle Shirakaba.

Le litige territorial dans la mer de Chine orientale est centré sur les droits juridictionnels d’un vaste gisement potentiel d’hydrocarbures qui git dans les fonds marins. Les tensions sino-Japonaises concernant ce litige ont été aiguës depuis le mois d’août 2003, quand la Compagnie pétrolière chinoise (CNOOC) s’est engagée dans un partenariat avec l’Unocal et la Royal DutchShell pour la production de gaz naturel dans le gisement de gaz de Chunxiao situé à quelques kilomètres de ce que les Japonais prétendent être la « ligne médiane » dans la mer de Chine orientale.

Le Japon divise la mer de Chine orientale en deux selon cette ligne qui marque la limite de deux parties, qui sont des Zones économiques exclusives (ZEE) telles que le stipule la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer de 1982 (UNCLOS III). La Chine prétend posséder la souveraineté sur la totalité de la mer de Chine orientale, en s’appuyant sur le fait que cette mer est une prolongation naturelle de la plate-forme continentale chinoise, une méthode de délimitation maritime également reconnue au titre de cette convention.

Cette différence d’interprétation est fondamentale dans le litige sur le gisement de gaz, la Chine prétendant que le Japon n’a aucun droit de protester contres ses entreprises dans le gisement de Chunxiao, parce que les sites de productions sont dans la ZEE Chinoise, quelles que soient les méthodes de délimitations choisies. Du côté Japonais, on s’inquiète de ce que le gisement de Chunxiao puisse s’étendre dans la ZEE Japonaise, la privant par conséquent de ressources précieuses.

Les deux pays négocient sur le problème de la mer de Chine orientale depuis 2004, sans aucun résultat jusqu’au mois de mai de cette année, quand le Président Hu Jintao s’est rendu au Japon et s’est entretenu avec le Premier ministre Yasuo Fukuda. Les deux dirigeants sont parvenus à un accord général pour faire de la mer de Chine orientale, une mer « de paix, de coopération et d’amitié. »

Yasuo Fukuda, lors de la visite d’Etat de Hu au Japon, est resté évasif sur sa présence lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, mais avec l’accord sur la mer de Chine orientale signé, Fukuda a immédiatement dit qu’il y assisterait.

Fukuda serait le premier Premier ministre Japonais à assister à une cérémonie d’ouverture depuis le défunt Noboru Takeshita qui vint aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.

Les internautes dénoncent une « liquidations » des intérêts de la nation
Après l’annonce faite par les autorités chinoises de la signature de l’accord, des Chinois patriotes ont exprimé leur mécontentement. Plusieurs sites web bien connus ont publié les critiques de certains internautes concernant cette politique.

Dans les critiques contre cet accord, les fonctionnaires chinois sont qualifiés de « traîtres » pour avoir autorisé le Japon a investir dans le gisement de gaz chinois de Chunxiao , qui est dans une zone en mer de Chine orientale sur laquelle Tokyo n’a aucune revendication.

Un internaute a dit : « Je m’oppose fermement au compromis qu’a fait le gouvernement chinois avec le Japon. »

Le Ming Pao Daily de Hong Kong a publié un article déclarant que les autorités chinoises devraient dire clairement au peuple chinois que le gisement de gaz de Chunxiao est à l’intérieur des frontières de la Chine, donc pourquoi permettre aux sociétés Japonaises de participer conjointement à son développement ? Même en termes de principes commerciaux courants, la Chine devrait présenter au peuple chinois un contrat commercial équitable, avec la souveraineté de la Chine respectée en mer de Chine orientale.

Les défenseurs des Îles Diaoyu manifestent contre l’accord sino-Japonais
Dans l’après midi du 18 juin 2008, environ 20 membres de la Fédération chinoise pour la défense des Îles Diaoyu, se sont rassemblés à Pékin devant l’Ambassade du Japon pour protester contre cet accord.

Les manifestants portaient des T-shirts blancs avec des slogans imprimés dessus tels que « Faisons le serment de nous battre jusqu’à la mort pour défendre la terre de nos ancêtres que sont les Îles Diaoyu » et « Fermement opposés contre tout accord sur la question de la mer de Chine orientale. » Ils ont crié devant l’Ambassade du Japon : « Quittez la mer de Chine orientale et partez des Îles Diaoyu. »

Tong Zeng, un membre de la fédération, a déclaré aux journalistes : « Le côté chinois a fait trop de concessions. Le développement conjoint de la zone est proche de la ‘ligne médiane’ que revendiquait le Japon.’ Permettre aux sociétés japonaises d’investir dans le gisement de gaz de Chunxiao est tout simplement donner au Japon des ressources pétrolières offshore de la Chine. »

La sécurité publique de Pékin a dépêché plus de 40 policiers sur les lieux, mais ils n’ont fait que regarder et n’ont pas mis fin à la manifestation.

Le 19 juin 2008, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Wu Dawei, a publiquement défendu cet accord, disant que les deux parties avaient décidé d’enterrer de nombreux différends pour parvenir à trouver un accord de développement conjoint et que la Chine n’avait pas abandonné ses prétentions de souveraineté.

www.lagrandeepoque.com

PARTAGER