Suite à l’annonce officielle de Pyongyang du projet de lancement d’un satellite civil en avril prochain, la réaction de pays négociataires du traité pour la dénucléarisation nord-coréenne ne s’est pas faite attendre.

Batterie de missiles antimissiles Patriot : ce moyen d’interception sol-air va être très prochainement déployé au sud du Japon (préfectures d’Okinawa et de kagoshima), en réponse au lancement d’une fusée nord-coréenne (source Wikipédia).

Le gouvernement japonais redoutant un projet à des fins militaires a ordonné le déploiement sur les îles des préfectures d’Okinawa et de Kagoshima de moyens d’interception antimissiles Patriot (armes de conception américaine, engagées notamment pendant la guerre du Golfe, 1990-1991) et, en haute mer (est de la Mer de Chine, Océan Pacifique), de destroyers équipés de missiles mer-air Aegis. Les forces d’auto-défense ont reçu l’ordre d’abattre tout vecteur entrant dans son espace aérien, en dépit des protestations et des assurances nord-coréennes sur le caractère civil et pacifique du projet… Mais, depuis le début des essais nucléaires (2006) et le cycle de tirs de missiles en Mer du Japon (2005, 2007, 2009), le Japon a appris à rester sur ses gardes….

Au cours de la session du 19 mars dernier du comité du budget de la Chambre des Conseillers, le ministre de la Défense, Naoki Tanaka, a déclaré que la destruction de l’engin, avec l’accord du Premier ministre entérinant une décision du Conseil national de sécurité et du Cabinet, serait conforme aux dispositions de la loi sur les forces d’auto-défense (article 82 de la loi du 9 juin 1954). Après analyse des informations communiquées au ministère de la Défense japonais par les instances aéronautiques et maritimes internationales (Organisation internationale de l’Aviation civile et l’Organisation maritime internationale), les spécialistes du ministère ont estimé que le corps de la fusée tomberait dans l’Océan Pacifique dans la région des Philippines, après un survol des îles Sakishima et du sud-ouest de l’île d’Okinawa.

Séoul estime que le rival nord-coréen essaye de construire un missile nucléaire, (ce lancement serait une étape de ce processus) et en réponse tente de réviser l’accord signé en 2001 avec les États-Unis limitant la portée de ses missiles balistiques à 300 km (jusqu’à la zone frontalière séparant les deux Corées). Les deux États seraient sur le point de s’entendre à ce sujet, en raison de l’urgence et des précédentes agressions nord-coréennes contre sa voisine du sud (torpillage d’un bâtiment de guerre, faisant 46 victimes, en mars 2010 et bombardement Yeonpyeong, tuant 4 personnes civiles et militaires en novembre 2010) . Washington a en outre annoncé la suspension de la mission de récupération des restes des corps de soldats américains, tués pendant la guerre de Corée (1950-1953). En revanche, les discussions entre l’Agence internationale de l’énergie atomique et le régime communiste ont commencées.

Rémy Valat- sources:The Daily Yomiuri, 20, 21, 23, 24 mars 2012