Entrée d’un magasin spécialisé pour les chats sur l’île artificielle d’Odaiba à Tôkyô – © Adryen.com

Les chats – 猫 (ねこ) sont très appréciés au Japon. Ils ont leur cimetière à Tôkyô, et il existe aussi dans la capitale des « neko-cafés », pleins de chats à caresser, pour les amateurs de félins qui ne peuvent en posséder, faute de place dans leur appartement. N’oublions pas le maneki-neko, cette figure si répandue qui est censée attirer les clients et donc la fortune.

Naturellement, les chats sont également très présents dans les proverbes. Nous allons en découvrir quelques-uns aujourd’hui.

猫に小判 (ねこにこばん)

Avant de voir le sens global, regardons le sens de chaque mot :
猫 (ねこ) : le chat
に : particule qui indique ici le destinataire. La phrase étant dépourvue de verbe explicite, c’est に qui indique l’action sous-entendue, c’est-à-dire donner.
小判 (こばん) : petite pièce d’or ovale, utilisée à l’époque Edo.

Nous avons donc : « Donner des pièces d’or aux chats ». Si précieux et utile que soit un bien (l’or), il est sans valeur pour quelqu’un qui ne peut en faire usage. C’est l’équivalent de notre « donner des perles aux pourceaux ». « Donner de la confiture aux cochons » est également très proche mais insiste plus sur l’incapacité à jouir d’un plaisir : le cochon pourra toujours manger la confiture (contrairement au chat qui ne peut vraiment rien faire avec ses koban), mais il ne saura pas l’apprécier à sa juste valeur. L’inadéquation entre l’objet est son destinataire devient relative, alors qu’en japonais, elle est absolue.

猫の手も借りたい (ねこのてもかりたい)

猫 : vous connaissez déjà
の : particule indiquant le complément de nom
手 (て) : la main, ici la patte
も : aussi, qui a ici le sens de « même »
借りたい (かりたい) : forme de 借る (emprunter) qui indique ici le désir.

En résumé « vouloir emprunter même la patte du chat ». Cela n’a de sens que si l’on rajouter un élément sous-entendu « 忙しい » (いそがしい). La version complète est donc 猫の手も借りたいほど忙しい, où ほど signifie « au point de » et peut-être remplacer par くらい qui a le même sens. « Etre occupé au point d’emprunter même la patte d’un chat », c’est-à-dire, être débordé au point d’accepter l’aide de n’importe qui.

猫の首に鈴をつける (ねこのくびにすずをつける)

Je passe sur les deux premiers caractères. On a ensuite :
首 (くび) : le cou
に : qui indique là encore la destination.
鈴 (すず): le grelot
を : particule indiquant le complément d’objet direct
つける : attacher, accrocher

Il s’agit donc cette fois d’accrocher un grelot au cou d’un chat. On trouve l’explication de cette expression, qui existe aussi en français, dans les fables d’Esope. Les souris réunies en conseil se demandaient comment se protéger du chat. L’une d’elles eut alors une idée lumineuse : attacher un grelot au cou du chat, pour connaître sa position et pouvoir fuir à temps. Problème : comment mettre en œuvre cette merveilleuse trouvaille ? Qui se risquera à mettre un grelot au cou du chat ? C’est le sens de ce proverbe : avoir une bonne idée ne suffit pas, encore faut-il qu’elle soit réalisable !

Il existe bien d’autres expressions à base de chat, je vous laisse le soin de les découvrir. それでは、また。

Ecrit par Elisabeth de Sukinanihongo