Le programme, que nous avions baptisé dans cette brève série d’articles sur la question  « dénucléarisation contre nourriture » (en référence au programme d’aide du même genre à destination de l’Irak, « pétrole contre nourriture »), est mort-né.

La crise de la fusée nord-coréenne a eu pour effet immédiat de compromettre les accords promettant une aide alimentaire nord-américaine en contre-partie de la dénucléarisation de la Corée du Nord sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Peter Lavoy, assistant du secrétaire à la Défense pour la zone Asie-Pacifique, a stigmatisé le manque de volonté de Pyongyang de respecter ses récents engagements internationaux pour justifier la suspension du projet. En outre, au regard du passé, le fonctionnaire a déclaré que les États-Unis n’avait aucune « confiance », redoutant surtout que les livraisons de nourriture ne finissent sur les tables des dignitaires du régime communiste. Peter Lavoy a insisté sur le caractère « hautement provocateur » de la décision de Pyongyang qui manifeste une volonté d’expérimenter les capacités techniques de ses missiles longue portée et d’en étendre le rayon d’action.

Le 28 mars 2012, le comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants a voté une extension (jusqu’à l’année budgétaire 2017) d’un texte de promotion des Droits de l’Homme en Corée du Nord: l’ « acte sur les Droits de l’Homme en Corée du Nord » autorise le financement pour la radiodiffusion et la promotion de groupes prônant la démocratie. Le texte appelle aussi les États-Unis à accueillir les réfugiés et dissidents nord-coréens en fuite et à renouveler la mission de l’envoyé spécial nord-américains en charge des Droits de l’Homme dans ce pays communiste.

Rémy Valat – source : The Daily Yomiuri Shinbun, édition du 30 mars 2012