La Seconde guerre sino-japonaise (1937-1945)

La Seconde Guerre sino-japonaise (juin 1937) fut une invasion massive de la partie orientale de la Chine par l’armée impériale japonaise, précédant de quelques mois l’attaque de la Pologne par les forces allemandes, le 1er septembre 1939, considérée comme la date ayant marqué le commencement de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Armée japonaise à Shanghai en 1937

Armée japonaise à Shanghai en 1937

La situation internationale à la veille de la guerre Dans les années 1930 qui précédent le conflit sino-japonais, la situation internationale augurait un conflit général qui embraserait toute la planète et toucherait toutes les nations. En effet, les relations entre Etats, petits pays ou grandes puissances, étaient arrivées à un tel état de détérioration extrême qu’un conflit global était pratiquement inévitable.

Le conflit entre la Chine et son voisin, le Japon, est appelé par le peuple chinois «Guerre antijaponaise», alors que leurs antagonistes lui donnent l’appellation d’«Incident de la Chine septentrionale». En effet, les Japonais évitaient soigneusement d’utiliser le mot «guerre» pour se soustraire à la réprobation des puissances occidentales et aux sanctions de la Société des nations (SDN).
Ce n’est que quatre ans après – c’est-à-dire – après le terrible raid de l’aviation nippone sur la port et base navale américaine de Pearl Harbor, dans la matinée du 7 septembre 1941, que les autorités de Tokyo signifièrent à la Chine que la guerre lui est déclarée de façon officielle, ce qui fut appelé «Guerre de la Grande Asie orientale».

L’agression japonaise

La plupart des historiens place le début de cette guerre à l’incident du pont Marco Polo ou bataille du pont Lugo, le 7 juillet 1937. Cependant, nombre d’historiens la font commencer à l’incident Moukden du 18 septembre 1931 quand l’armée japonaise envahit le nord de la Chine et y créa l’Etat fantoche du Mantchkouo en février 1932, donnant le coup d’envoi à l’expansionnisme du Japon.En août 1937, l’empereur japonais autorisa la suspension des conventions internationales sur la protection des prisonniers de guerre. Cette décision permit aux forces impériales de progresser sans avoir à se soucier de mettre en place des mesures pour prendre en charge les prisonniers ou les civils des territoires conquis.

En septembre, les forces chinoises unifiées remportèrent la bataille de Pingxingguan puis, en novembre, les Japonais occupèrent Shanghaï après une campagne intensive de bombardement ayant entraîné la mort de milliers de civils. Puis, l’armée japonaise envahit Nankin et la partie nord du Shanxi dans une campagne impliquant environ 200 000 soldats japonais et beaucoup plus de Chinois. Les estimations quant au nombre de Chinois tués dans le massacre de Nankin varient généralement entre 65 000 et 350 000, selon que soit considérés uniquement les habitants de la ville ou des environs immédiats qui s’y étaient réfugiés. Le gouvernement chinois a quant à lui adopté le nombre de 300 000, qui figure sur le mausolée commémoratif du massacre.
Les Japonais n’avaient ni l’intention ni la capacité d’administrer directement la partie de la Chine qu’ils occupaient. Leur but était de mettre en place des fantoches favorables aux intérêts japonais. Cependant, la brutalité de leurs méthodes les rendit très impopulaires et ils refusèrent de négocier tant avec le Guomindang que les communistes.En 1940, les combats n’étaient plus que de la guérilla. Le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek qui avait installé sa capitale à Chongqing, avait convenu depuis 1936 d’une trêve avec les forces communistes de Mao Zedong. Tchang chercha néanmoins à préserver son armée et à éviter une grande bataille avec les Japonais dans l’espoir de battre les communistes une fois les Japonais partis. De plus, Tchang ne pouvait risquer une guerre totale contre des armées bien entraînées, équipées et organisées.

La Chine et les prises de position internationales

La plupart des analystes militaires prévoyaient que les Chinois ne pourraient pas continuer le combat alors que la plus grande partie des usines de matériels militaires était située dans les zones sous ou près du contrôle japonais. Les puissances étrangères étaient réticentes à fournir le moindre support – à moins d’avoir des raisons stratégiques – parce qu’ils estimaient que les Chinois allaient perdre la guerre.

Ils craignaient que la moindre aide puisse nuire à leurs relations avec les Japonais. L’Allemagne, jusqu’en 1939, et l’Union soviétique, pendant toute la durée de la guerre, fournirent un important support technique aux forces chinoises. L’Union soviétique le faisait pour empêcher le Japon d’envahir la Sibérie, pour éviter une guerre sur deux fronts. De plus, elle espérait que tout conflit entre le Guomindang et les Japonais aiderait le Parti communiste.
Joukov assista à la bataille de Tai er zhuang. Afin d’appuyer la politique anti-communiste de Tchang, l’Allemagne fournit, jusqu’en 1939, une grande partie des importations d’armes. Les conseillers allemands modernisèrent l’équipement et entraînèrent l’armée nationaliste. Les officiers, y compris le deuxième fils de Tchang, reçurent une éducation et servirent dans l’armée allemande avant le conflit mondial. Les autres puissances n’agirent que dans le cadre du conflit mondial. Les États-Unis fournirent alors les Tigres Volants mais l’inimitié entre le colonel Joseph Stilwell et Tchang limita la collaboration.
En 1942, le général japonais, Yasuji Okamura, obtint du quartier-général impérial l’autorisation de mettre en branle la Politique des Trois Tout ( «Tue tout, brûle tout, pille tout»), une stratégie de la terre brûlée qui, selon l’historien Mitsuyoshi Himeta, entraîna la mort d’environ 2,7 millions de civils chinois.

La campagne systématique de bombardement contre la capitale nationaliste Chongqing prit également de l’ampleur, en faisant la ville la plus bombardée de toute la Seconde Guerre et entraînant la mort de dizaines de milliers de civils. En 1944, la situation japonaise se détériorait rapidement mais leurs troupes lancèrent l’opération Ichigo pour prendre les bases aériennes qui les menaçaient ce qui leur fit occuper les provinces de Hunan, Henan, et Guangxi.Lorsqu’ils transférèrent leur armée de Guandong au Japon dans le cadre du plan Sho, les Soviétiques purent facilement envahir après leur déclaration de guerre le 8 août 1945. Les Japonais capitulèrent devant les Alliés le 14 août 1945 et les troupes japonaises en Chine se rendirent le 9 septembre. Suivant les dispositions de la conférence du Caire de 1943, l’ex-Manzhouguo, Taïwan et les îles Pescadores revinrent définitivement à la Chine.

Source : R. H. :  La nouvellerepublique.com