Vendredi dernier, le sous-marin japonais Hakuryu est arrivé sur la base navale de Kuttabul à Sydney, une première depuis la seconde Guerre Mondiale. Autrefois ennemis, le Japon et l’Australie sont désormais des alliés proches, unis depuis 2007 par une déclaration conjointe sur la coopération sécuritaire.

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Un sous-marin japonais arrivant dans un port. ( © mod.go.jp )

Cette visite a pour but officiel l’exercice Nichi-Go Trident, un exercice naval entre les deux pays mis en place en 2009. Deux autres bâtiments de la marine japonaise, les destroyers Umigiri et Asayuki, vont prendre part à l’exercice, qui va impliquer des forces maritimes et aériennes. Toujours en quête d’amélioration de leurs capacités à inter-opérer, les deux états vont concentrer les manœuvres de cette année sur la lutte anti-sous-marine, au large de Sydney.

Au delà de l’aspect militaire, la question économique

Il est aussi intéressant de noter que cet exercice permettra aux Australiens d’évaluer la qualité des sous-marins japonais : le Hakuryu (« dragon blanc ») est un sous-marin d’attaque, diesel et électrique, de classe Sōryū, le même type de sous-marin que le Japon propose à l’exportation.

Canberra, qui souhaite renouveler sa flotte sous-marine vieillissante, a lancé début 2015 un appel d’offres, mettant en compétition un consortium entre Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries avec l’allemand TKMS et le Français DCNS. La lutte se prolonge, car l’enjeu est énorme : un contrat qui s’élèverait à 34 milliards d’euros, souvent qualifié de « contrat du siècle ».

Autrefois favori de Tony Abbot, qui souhaitait renforcer son partenariat stratégique avec Tōkyō, le Japon a perdu sa place de privilégié avec l’arrivée dans le gouvernement australien du Premier ministre Malcolm Turnbull. Davantage préoccupé par le chômage et le déficit, raisons de son succès électoral, Turnbull est aussi plus proche de l’Allemagne, qui apparaît comme un acteur plus neutre dans la région, notamment pour Pékin. L’Australie est sur le plan économique très dépendante de la Chine, un rapprochement militaire avec le Japon pourrait ainsi être lourd de conséquences pour Canberra.

Valentin Maricourt – source: The Japan Times

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