Critique cinéma : Creepy

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Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa sort aujourd’hui sur grand écran. Le maître du drame et du thriller revient cette fois-ci avec un policier qui ravira ses fans.

Un couple déménage dans un quartier calme et essaye de se rapprocher de ses voisins. En parallèle, le mari, qui a quitté son travail de policier pour devenir professeur d’université décide avec un collègue d’enquêter sur un cas irrésolu de disparition.

Cependant, certains rouages de l’intrigue sont un peu trop apparents : le personnage principal décide un peu vite de se lancer dans cette enquête. Devenu professeur de fac, il a du temps alloué à la recherche et plutôt que d’étudier des documents, il décide d’étudier sur le terrain un cas bien énigmatique. Il est rejoint par son ancien subalterne qui sait tout « car il est de la police ». Ces situations, amenées différemment auraient pu me sembler logiques mais en voyant le film, je n’ai pu m’empêcher de trouver les arguments un peu faibles.

Ce sont bien les seules choses qui m’aient dérangées. Quoique dérangeant le film l’est, mais sur un autre registre, et creepy (glauque) est assurément le bon mot pour le qualifier. Les films japonais se prêtent très bien au genre du thriller de par leur longs plans et leur silence. Ici les effets sont renforcés par une mise en scène alternant ces longs plans remplis de silence avec des courses folles. Et on court avec les personnages. On veut les voir s’échapper de leur situation, emporté par un sentiment d’angoisse qui nous embrasse et qui est porté tout au long du film par une bande-son pertinente et très réussie. La pression monte petit à petit, partant du malaise du nouveau lieu de vie et allant crescendo. Les acteurs rendent cette pression qui pèse sur leur personnage très réaliste.

Je pense que cette histoire en dit également long sur la société et les couples japonais. En effet nombre d’entre eux manquent de communication et nos protagonistes en font partie, malgré leur grand attachement l’un à l’autre. Dans une scène, le personnage principal souligne l’inapplicabilité des recherches américaines aux psychopathes japonais, et justement, je pense que cette histoire aurait du mal à se dérouler en dehors du Japon, à cause des règles tacites qui régissent une société qui prône la communauté et les liens entre les individus.

Un film d’une grande intensité qui vous tient pour ne vous lâcher que longtemps après la fin du film. À voir absolument si vous êtes amateur d’émotions fortes.