Les abricotiers du Japon font la une du quotidien Asahi Shimbun, ce 11 février 2015. À Atami, dans le département de Shizuoka, les ume sont en pleine floraison, en léger retard en raison des dernières vagues de froid. Plus de la moitié des variétés sont ici précoces. Il faudra donc patienter encore un peu pour admirer plus largement, un peu partout, les jolies taches blanches, roses et rouges et sentir leur parfum, intense et sucré. Pour s’y retrouver, les médias annonceront la progression de l’épanouissement et de nombreux panneaux, installés dans les gares, préciseront les stades de floraison pour permettre à chacun de profiter au mieux du spectacle.

Les selfies devant des fleurs d'abricotiers du Japon sont à la mode dans l'Archipel © Jean-François Heimburger
Les selfies devant des fleurs d’abricotiers du Japon sont à la mode dans l’Archipel.
© Jean-François Heimburger

Les Japonais contemplent les ume en fleurs depuis l’époque de Nara (VIIIe siècle), période d’intense influence culturelle de la Chine, pays où cette floraison faisait déjà l’objet d’une admiration. Les textes relatifs aux abricotiers occupent ainsi une place importante dans l’anthologie poétique du Manyôshû : ils y sont trois fois plus nombreux que les poèmes évoquant les cerisiers (sakura). L’intérêt pour ces derniers devient toutefois prédominant au moment du déplacement de la cour impériale à Heian-kyô (Kyôto) à la fin du VIIIe siècle.

Une apprentie geisha portant des fleurs d'abricotiers en soie dans sa chevelure (Kitano Tenmangû) © Jean-François Heimburger
Une apprentie geisha portant des fleurs d’abricotiers en soie dans sa chevelure (Kitano Tenmangû)
© Jean-François Heimburger

De nos jours, l’épanouissement des ume reste encore un moment important dans la vie quotidienne nippone. De nombreuses manifestations sont organisées à travers le pays. Dans la ville de Kyôto, le sanctuaire Kitano Tenmangû organise ainsi chaque année une grande fête de la floraison des ume (appelée baika-sai) ainsi qu’une cérémonie de thé en extérieur chaque 25 février. Le service est assuré par les geishas et apprentis geishas du quartier, dont la chevelure est décorée de fleurs d’abricotiers en soie.

Pour en finir avec les « pruniers »

Les plantes et les animaux sont désignés habituellement par des noms vernaculaires. Or cette nomenclature non scientifique est souvent source de confusion. Il en va ainsi des abricotiers du Japon, appelés à tort « pruniers », y compris par de fins connaisseurs du Japon. Le Prunus mume (nom scientifique des ume) est plus proche, sur le plan évolutif, des abricotiers (y compris l’abricotier commun que nous connaissons bien en France) que des pruniers. Cette confusion vient peut-être du nom du genre (Prunus), qui regroupe à la fois les cerisiers, pêchers, abricotiers, pruniers, etc. La floraison des pruniers, quant à elle, aura bien lieu. Mais, leurs pétales blancs, qui se dévoilent quelques semaines après ceux des abricotiers du Japon, ne bénéficient pas du même attrait.

Le terme o-hanami, littéralement « voir les fleurs », est par ailleurs surtout associé aux réunions conviviales et aux pique-niques actuels organisés sous les cerisiers en fleurs. Mais, comme on peut le constater sur le terrain et dans différentes régions du Japon, il désigne aussi la contemplation d’autres espèces, telles que les abricotiers ou les pêchers (momo).

Jean-François Heimburger, journaliste

Pour en savoir plus : J.-F. Heimburger, « La contemplation des abricotiers en fleurs », revue Espèces, no 13, septembre 2014, p. 26-33.

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