C’est Fumio Kishida, l’actuel ministre des affaires étrangères, qui a soulevé le sujet. Le Japon serait prêt à autoriser officiellement les États-Unis à apporter sur son territoire des armes nucléaires en cas de sérieuse menace afin de garantir sa sécurité.

Ministre des affaires étrangères, Fumio Kishida. Photo : US Department of State, 14 avril 2013.
Ministre des affaires étrangères, Fumio Kishida. Photo : US Department of State, 14 avril 2013.

C’est durant une réunion avec des législateurs que Fumio Kishida a défini les conditions qui permettraient au gouvernement Abe de faire une exception quant à sa position de longue date qui lui interdit de posséder, de produire, ou d’autoriser des armes nucléaires sur son territoire. Les États-Unis pourraient donc, en cas d’urgence, faire amener des armes nucléaires directement sur le territoire japonais.

En 2010, l’ancien ministre des affaires étrangères Katsuya Okada avait révélé un accord secret entre le Japon et les États-Unis, durant la Guerre Froide, qui autorisait ces derniers à positionner des sous-marins nucléaires armés dans les ports japonais, violant ainsi la politique non-nucléaire en vigueur. Ce traité expira au début des années 90, vers la fin de la Guerre Froide. Secret, ça ne l’était plus vraiment, car Washington l’avait lui-même déclassifié, cependant au Japon, aucun parti ne l’avait reconnu officiellement jusqu’à présent. Le mois-dernier, Shinzô Abe a même déclaré que la précédente administration du Parti Libéral Démocrate (PLD) au pouvoir avait fait une erreur en éludant l’existence de ce pacte.

Cette nouvelle intervient dans un climat géopolitique tendu entre le Japon et son voisin chinois. Rappelons que l’an dernier, Pékin avait proclamé arbitrairement une Zone d’Identification Aérienne (ZAI) englobant les controversées îles Senkaku. Washington n’avait pas attendu longtemps pour envoyer des bombardiers B-52 non-armés afin de défier la Chine et lui faire comprendre son refus de reconnaître la ZAI. La semaine dernière, M. Kishida a rencontré son homologue américain John Kerry qui lui a encore confirmé que le Japon avait le soutien de son pays en cas de conflit.

Daï Kaho – Sources : Japan Times ; RT

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3 Commentaires

  1. Le Japon entretient le doute depuis longtemps sur son programme nucléaire militaire et l’utilisation de son énorme stock de plutonium militarisable tout en jouant les colombes devant le communauté internationale, s’abritant derrière son article 9 fétiche.
    Le premier ministre Eisaku Sato reçu le prix nobel de la paix pour son engagement en faveur du désarmement nucléaire en 1974 alors qu’en secret il avait conclu un accord avec les US pour entreposer des armes nucléaires sur le sol du Japon. Qui voudrait croire encore dans le « pacifisme » à la sauce nippone?

  2. D’apres le Larousse, au terme « pacifique » :
    Qui aime la paix, qui y aspire, qui cherche à la maintenir : Une nation pacifique.
    Qui témoigne du désir de tranquillité, qui n’a pas de caractère agressif : Idées pacifiques.
    Qui n’a pas la guerre comme objectif : Utilisation pacifique de l’atome.

    Simplement difficile d’imaginer dans le contexte regional, avec la Chine dont la puissance militaire augmente considérablement chaque année et la Coree du Nord et ses missiles longues portées, obtenus avec l’aide de la Russie que le Japon puisse rester la fleur au fusil. Ce serait comme de dire a Israel de se désarmer en sachant que ses voisins attendent la bonne occasion pour lui en mettre plein les dents. L’article de la constitution japonaise ne leur interdit pas d’avoir une armée, mais leur interdit d’avoir une armée offensive. L’absence d’armes nucléaires sur le sol japonais était et est une bonne chose, simplement je pense qu’il ne faut pas se voiler la face, avec ce qu’il y a autour du Japon il y a un risque evident que les US veulent couvrir. Et comme le note Defrey, histoire d’envoyer un message clair a la Chine. C’est pas demain que l’arme nucléaire disparaitra de la surface de la Terre, tant que des nations clairement belliqueuse les auront sous la main, les nations qui en sont la cibles n’ont d’autre choix que d’utiliser ce qu’on aime bien appeler la « force de dissuasion ». Je serais curieux de voir ce qu’il se passerait si on désarmait totalement les US, les nations européennes et le Japon… je doute que la Chine et la Russie resteraient la a nous regarder dans le blanc des yeux.

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