, G8 : le désarroi des pays riches au Japon

Le sommet des huit pays les plus industrialisés s’est achevé mardi à Toyako, au Japon, et sera suivi aujourd’hui par une réunion avec les grands pays émergents (G13).

« Le G8, ce n’est pas huit baguettes magiques » : en tempérant les attentes avant le sommet des pays les plus industrialisés qui s’est achevé mardi, un conseiller de Nicolas Sarkozy avait visé juste. Dans un contexte marqué par la hausse vertigineuse des produits alimentaires et pétroliers, le sentiment d’urgence face au réchauffement climatique et les tensions sur les principales monnaies, les dirigeants du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) réunis à Toyako, au Japon, n’ont apporté que des réponses a minima. Sur tous ces grands sujets, le « club » des pays riches a exprimé sa « grande préoccupation » et parfois esquissé des convergences sans parvenir à masquer son désarroi devant la montée des périls.

Le débat sur la légitimité du G8 dans son format actuel, un des chevaux de bataille du président Nicolas Sarkozy, témoigne de ces interrogations. Sans se prononcer sur un élargissement en bonne et due forme du G8 auquel la plupart s’opposent, les dirigeants réunis à Toyako ont décidé que leur prochain sommet, en 2009 en Italie, consacrerait une journée entière (et pas seulement un petit déjeuner comme celui qui se tiendra ce matin) aux discussions avec les pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique). « Ce n’est pas raisonnable de traiter les grandes questions en l’absence de ces pays », a répété mardi Nicolas Sarkozy.

L’exemple du climat, un des sujets les plus ardus évoqués mardi, est à cet égard éclairant. Les participants du sommet se sont mis d’accord sur une réduction « d’au moins 50 %» d’ici à 2050 des émissions mondiales de gaz à effet de serre (voir ci-dessous), sans se donner d’objectif chiffré pour le moyen terme. L’aval des États-Unis, longtemps hésitants, a été déterminant dans la perspective d’un accord global sur le climat à Copenhague en 2009. Mais Washington, pas plus que Paris, ne s’engagera sans un geste de réciprocité des pays émergents qui traînent les pieds, notamment la Chine, premier pollueur mondial. Or, il ne reste qu’un an et demi pour « sauver la planète » en parvenant à un accord global fin 2009… « À ce rythme, le monde sera cuit en 2050 », dénonçait mardi l’ONG Oxfam.

Émeutes de la faim

Sur l’explosion des cours du pétrole, les propos conclusifs du G8 risquent fort de demeurer inaudibles. Tandis que les prix du brut ont doublé en un an pour atteindre 150 dollars le baril, les pays les plus riches se sont bornés mardi à exprimer leur « forte préoccupation » en appelant à une augmentation rapide des capacités de production de pétrole pour freiner l’envolée des cours. Par ailleurs, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, ils se réuniront avant la fin de l’année au Japon pour un forum sur l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables afin de coordonner leurs initiatives et faire face à la flambée des cours du pétrole et du gaz.

Mais à Toyako, les « Huit » ne se sont pas attardés sur les questions les plus sensibles comme les subventions aux carburants ou la spéculation pétrolière. « Les pays producteurs doivent garantir des environnements transparents et stables pour les investissements », invoque seulement le texte final. Celui-ci note les pressions inflationnistes exercées notamment par la hausse des cours pétroliers mais la crise du subprime n’apparaît pas…

Concernant la crise alimentaire mondiale, le G8 ne paraît pas non plus avoir été à la hauteur de l’émotion suscitée ces derniers mois par les émeutes de la faim survenues dans de nombreux pays. Rappelant qu’ils s’étaient déjà engagés en janvier à verser 10 milliards de dollars pour l’aide alimentaire, les membres du G8 n’ont pas annoncé mardi de nouvelles mesures financières. Leur « déclaration sur la sécurité alimentaire mondiale » renouvelle l’appel à la formation d’un « partenariat mondial sur l’agriculture », lancé par le président français à Rome, le 3 juin.

En matière d’aide à l’Afrique, le G8 était suspecté de ne pas tenir ses promesses. Il a confirmé ses engagements, soit 60 milliards de dollars sur cinq ans, pour lutter contre les maladies infectieuses et le sida. Le régime zimbabwéen de Robert Mugabe a été sévèrement critiqué par les dirigeants des huit principaux pays industrialisés, mais le problème a été renvoyé devant l’ONU, illustrant bien la nature d’un « club » qui fonctionne comme une « machine à dégager du consensus » plutôt que comme une instance de décision.

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