Pour ce premier épisode de Sencha, Adrien reçoit Guillaume, créateur d’Ichiban Japan, pour une conversation sur le Japon que l’on découvre avec le temps : celui des premiers voyages, des rencontres, des régions moins visibles, des saisons, des clichés et des détails qui finissent par rester.
Enregistré à Tokyo, au Shiba Park Hotel, cet échange ouvre la série Sencha avec un invité qui accompagne depuis plus de dix ans le regard francophone sur le Japon. À travers ses vidéos, son site Ichiban Japan et ses livres disponibles dans sa boutique, Guillaume s’est imposé comme l’une des voix les plus suivies par les passionnés du pays.
Mais cet épisode ne se limite pas à un parcours de créateur. Il interroge aussi notre manière de voyager, de regarder et de raconter le Japon.
Du premier voyage à la naissance d’Ichiban Japan
Guillaume revient d’abord sur son premier voyage au Japon en 2012. À l’époque, le Japon n’est pas encore la destination évidente qu’il est devenu pour de nombreux voyageurs français. Les informations en français sont plus rares, surtout en dehors de Tokyo, et les vidéos de voyage n’ont pas encore l’abondance actuelle.
C’est dans ce contexte qu’il commence à filmer : avec l’envie de montrer un Japon plus direct, plus incarné, plus proche des habitants. Loin des reportages télévisés qui regardent parfois le pays de l’extérieur, Guillaume cherche déjà à aller vers les rencontres, les conversations et les détails du quotidien.
Dans l’épisode, il raconte aussi l’apprentissage intensif du japonais avant son premier départ, les listes de kanji dans le métro, les premiers contacts avec des correspondants japonais et la naissance de vidéos qu’il décrit lui-même comme imparfaites, mais sincères.
Le tourisme au Japon : entre passion, boom et équilibre
L’un des grands sujets de cet épisode est le changement du tourisme au Japon. Guillaume évoque le contraste entre son premier voyage, à une époque où le Japon attirait surtout des passionnés, et la période actuelle, où le pays est devenu une destination beaucoup plus grand public.
Le sujet est abordé sans nostalgie facile. Le tourisme n’est pas présenté comme un problème en soi : il peut être une chance pour les régions, les villes, les artisans, les restaurateurs et tous ceux qui accueillent les visiteurs. Le vrai enjeu est celui de l’équilibre.
Certains lieux japonais souffrent du sur-tourisme, tandis que d’autres territoires restent trop peu visités. C’est là que le regard de Guillaume devient précieux : il rappelle que le Japon ne se réduit pas à quelques images vues sur les réseaux sociaux. Il existe aussi un Japon des villages, des petites villes, des régions moins connues, des rencontres imprévues et des lieux où les visiteurs sont encore accueillis avec curiosité.
Clichés, “vrai Japon” et droit de rêver
L’épisode aborde aussi une question centrale pour Japon Infos et Sencha : comment parler du Japon sans mépris ?
Guillaume refuse la posture de celui qui corrige tout, tout le temps. Il explique que les clichés peuvent aussi être des portes d’entrée. Un restaurant japonais imparfait en France, un premier ramen, une image idéalisée, une formule un peu usée comme “tradition et modernité” : tout cela peut ouvrir un chemin vers une curiosité plus profonde.
L’un des passages les plus forts de l’épisode tient dans cette idée : laisser les gens rêver. Ne pas ridiculiser les débuts, ne pas humilier ceux qui découvrent, mais les accompagner vers un regard plus nuancé.
C’est une ligne éditoriale qui rejoint pleinement l’esprit de Sencha : infuser le Japon, sans influencer.
Le Japon des détails et des saisons
Avec le temps, Guillaume explique que l’émerveillement ne disparaît pas. Il se déplace. Après les grands temples, les paysages célèbres et les images évidentes, viennent les détails : une décoration saisonnière, une fête locale, un objet, un plat, une lumière, une petite variation du quotidien.
Les saisons occupent une place importante dans cette conversation. Elles ne sont pas seulement un décor, ni une carte postale faite de sakura et de momiji. Elles deviennent une manière d’habiter le temps, de comprendre les rythmes du Japon, mais aussi de redécouvrir son propre quotidien, y compris en France.
Ce thème fait écho aux livres de Guillaume, notamment son travail autour des saisons et des régions japonaises, disponibles sur la boutique Ichiban Japan.
Famille, bilinguisme et double culture
L’épisode prend aussi une dimension plus personnelle lorsque Guillaume parle de sa vie de famille au Japon. Être parent, transmettre deux langues, accompagner des enfants dans une double culture : le sujet est abordé avec simplicité et précision.
Guillaume insiste sur un point souvent oublié : un enfant ne devient pas bilingue automatiquement. Il faut du temps, de la répétition, de la patience, de l’énergie. Mais cette transmission ouvre aussi une richesse immense : deux langues, deux manières d’habiter le monde, deux façons de nommer les choses.
Pourquoi écouter cet épisode de Sencha ?
Cet épisode s’adresse à tous ceux qui aiment le Japon, mais aussi à ceux qui veulent dépasser les images toutes faites. On y parle de voyage, de médias, de réseaux sociaux, de régions japonaises, de livres, de saisons, de famille et de transmission.
Surtout, on y entend une invitation : ralentir, regarder mieux, accepter les premières portes d’entrée, mais continuer à creuser.
L’épisode complet est à retrouver dans Sencha, le podcast de Japon Infos et du magazine Sencha.
Liens utiles
- Écouter l’épisode : sencha.lepodcast.fr
- Chaîne YouTube Ichiban Japan : https://www.youtube.com/@IchibanJapan
- Site Ichiban Japan : https://ichiban-japan.com/
- Boutique / livres Ichiban Japan : https://ichiban-japan.com/boutique/
- Shiba Park Hotel : https://www.shibaparkhotel.com/en/
- Japon Infos : https://www.japoninfos.com/
- Magazine Sencha : https://www.japoninfos.com/sencha
- Boutique Japon Infos / Sencha : https://boutique.japoninfos.com/



