Dans la revue de presse de ce jeudi 15 octobre 2026, voici nos actualités : Arata Takebe nommé ministre de l’Agriculture après la démission de Kazuo Yana, le Japon veut équiper les harceleurs de bracelets GPS, et Sanae Takaichi confie consacrer quelques heures de plus que ses prédécesseurs aux tâches domestiques.
Takebe remplace Yana à l’Agriculture
La Première ministre Sanae Takaichi a annoncé aujourd’hui avoir proposé le poste de ministre de l’Agriculture à Arata Takebe, afin de préserver son agenda gouvernemental après la démission, la veille au soir, de Kazuo Yana, miné par un scandale politico-financier. Elle a mis en avant l’expertise et l’expérience parlementaire de cet ancien vice-ministre délégué du secteur, alors que l’exécutif doit faire adopter ses textes prioritaires, dont la baisse temporaire de la taxe sur la consommation, avant la fin de la session extraordinaire de la Diète, le 12 décembre. Takebe, député du Parti libéral-démocrate (PLD) de 56 ans, élu à Hokkaidō, a promis de se consacrer « corps et âme » à sa mission. Son père, Tsutomu Takebe, avait lui-même dirigé ce ministère sous Jun’ichirō Koizumi. Yana a jeté l’éponge mercredi sous la pression : l’opposition, majoritaire au Sénat, s’apprêtait à le censurer et refusait de siéger dans les commissions agricoles tant qu’il restait en poste, après les soupçons de navettes gratuites offertes à ses soutiens, en violation possible de la loi électorale. Il s’agit de la première démission ministérielle du gouvernement Takaichi, à une semaine de son premier anniversaire. Elle constitue un camouflet pour la Première ministre, qui avait nommé Yana fin septembre malgré sa sanction dans le scandale des caisses noires du PLD.
Des bracelets GPS pour les harceleurs
La police japonaise va créer un groupe d’experts chargé de réfléchir à des mesures de protection des victimes de harcèlement, notamment l’imposition de bracelets GPS aux auteurs. Ce panel, qui tiendra sa première réunion la semaine prochaine, devrait aussi examiner l’accompagnement psychologique obligatoire et le traitement approprié des harceleurs, ainsi que les moyens de dissiper les craintes d’atteinte à leurs droits fondamentaux, en vue d’un rapport et d’une révision rapide de la loi anti-harcèlement. Le sujet est devenu brûlant après le meurtre en mars d’une femme poignardée par son ex-compagnon dans un magasin d’Ikebukuro où elle travaillait, alors qu’il était soumis à une ordonnance restrictive. L’objectif des GPS serait d’alerter les victimes de l’approche du harceleur, selon l’Agence nationale de police. Le gouvernement avait annoncé des contre-mesures d’urgence en juillet, dont le suivi GPS. Le harcèlement explose au Japon : 22 881 consultations enregistrées l’an passé, au-delà des 20 000 pour la première fois en cinq ans, et 3 037 ordonnances de restriction, un record depuis la loi de 2000. Mais seuls 147 harceleurs soumis à une ordonnance ont reçu un traitement ou un accompagnement en 2025. Le meurtrier d’Ikebukuro avait été invité par la police à se soigner, mais ne l’avait pas fait.
Takaichi et la double charge des tâches domestiques
La Première ministre Sanae Takaichi a déclaré mercredi consacrer probablement « trois ou quatre heures de plus » que ses prédécesseurs masculins aux tâches domestiques, en plus de son emploi du temps déjà chargé. « Le matin, je me lave, je prépare le petit-déjeuner, puis je fais la vaisselle, sans compter le maquillage », a-t-elle confié au Parlement. Élue l’an dernier comme première femme cheffe du gouvernement japonais, celle qui se décrit comme workaholique a déjà déclaré ne dormir que deux à quatre heures par nuit et parfois convoquer ses collaborateurs à 3 heures du matin. Les rôles genrés restent rigides au Japon : 68 députées seulement ont été élues sur 465 sièges lors du scrutin de février à la Chambre des représentants. La discussion a été relancée par Fumitake Fujita, du Parti japonais de l’innovation, qui a cité une étude selon laquelle le Premier ministre japonais a siégé 72 jours en 2022, contre 50 au Royaume-Uni et 13 en Allemagne. « Le fait que notre dirigeante soit confinée aussi longtemps au Parlement n’est pas conforme aux normes mondiales », a-t-il estimé. Takaichi a reconnu sa difficulté à dégager du temps pour réfléchir « avec un esprit clair » à « la direction future de ce pays ».



