La coalition LDP-Kômeitô au pouvoir a remporté une victoire écrasante lors de l’élection de la Chambre des conseillers ce dimanche, donnant aux forces pro-révision de la Constitution la majorité des deux tiers nécessaires pour initier le premier référendum constitutionnel du Japon.

Salle de séance de la Chambre des conseillers, dite haute (© Chris73)
Salle de séance de la Chambre des conseillers, dite haute (© Chris73)

Quatre des partis en faveur de la révision constitutionnelle, y compris le bloc LDP-Kômeitô au pouvoir, ont gagné 76 sièges lors de l’élection de la Chambre des Conseillers de ce dimanche 10 juillet. Ces sièges viennent s’additionner aux 88 détenus à l’heure actuelle par les forces pro-amendement dans la moitié non-contestée des 242 sièges de la chambre haute (seule la moitié de ces 242 sièges étaient contestés lors de l’élection).

Le résultat de l’élection va augmenter le total des forces pro-révision dans la chambre haute pour atteindre 164 sur 242, un point de repère critique qui propulsera le Premier ministre japonais Shinzô Abe d’un grand pas en avant vers son objectif de longue date : modifier la Constitution du Japon. En réponse aux résultats de l’élection, Abe prévoit un remaniement complet de son Cabinet dès août.

Shinzô Abe, Premier ministre japonais et Président du Parti libéral-démocrate.
Shinzô Abe, Premier ministre japonais et Président du Parti libéral-démocrate.

Le taux de participation à l’élection a été estimé à 54,7%, soit environ 2% de plus que lors de la précédente élection de la Chambre haute en 2013. Ce taux reste tout de même le quatrième plus bas enregistré pour la Chambre haute, le record historique étant les 44,52% de 1995.

D’après les résultats, la coalition LDP-Kômeitô a remporté un total de 69 sièges, réalisant ainsi le but d’Abe d’atteindre la majorité de 61 sièges, renforçant ainsi la stabilité du bloc. « Je suis soulagé que nous ayons visiblement réalisé notre objectif », a déclaré  dimanche soir Shinzô Abe. Le Parti démocrate, leader de l’opposition, a quant à lui fini avec 49 sièges, perdant une partie de la force de 60 sièges qu’il avait jusqu’alors.

En ce qui concerne la révision de la Constitution, qui n’a pas été touchée depuis qu’elle a été adoptée 69 ans auparavant, Abe a déclaré que des panels de membres de la Diète décideront de la façon dont la charte devrait être révisée. Il a rajouté que la question serait soumise par la suite à un référendum.

Mais pour pouvoir lancer ce référendum, il apparaît nécessaire au bloc LDP-Kômeitô de posséder la majorité absolue dans les deux Chambres de la Diète. Or, il ne l’a actuellement que dans la Chambre des Représentants, la chambre basse.

Abe a déclaré que la révision de la Constitution avant la fin de son mandant en septembre 2018 était son ambition personnelle. Les nationalistes considèrent le Constitution comme un vestige humiliant de la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, en particulier l’Article 9 sur le renoncement à la guerre. Cependant certains experts doutent que le Premier ministre essaie vraiment de s’en prendre à cet article : les sondages d’opinion suggèrent en effet que la population reste encore divisée sur la question.

Notons que l’élection de dimanche était un moment historique, puisque les jeunes japonais de 18 et 19 ans ont pu voter pour la première fois. Ce sont donc presque 2,4 millions de jeunes, y compris des lycéens, qui ont rejoint le nombre des électeurs japonais.

Nathalie Arnoux – Sources : The Japan News, The Japan Times