Ce mercredi 22 avril, le premier ministre Shinzô Abe a exprimé, à l’occasion du sommet Asie-Afrique 2015 à Jakarta, les « profonds remords » de la nation japonaise à propos de la Seconde guerre mondiale.

Shinzô Abe en compagnie du Président indonésien Joko Widodo lors du sommet Asie Afrique 2015 à Jakarta (© AAS 2015)
Shinzô Abe en compagnie du Président indonésien Joko Widodo lors du sommet Asie Afrique 2015 à Jakarta (© AAS 2015)

Il n’a cependant pas repris les termes « excuses sincères », « lois coloniales » et « agression » qui étaient dans la déclaration du Premier ministre Tomiichi Murayama du 15 août 1995 pour la commémoration du 50e anniversaire de la fin de la guerre. Ces mots ont été aussi repris par le Premier ministre Junichiro Koizumi au sommet Asie-Afrique de 2005.

L’ambassadeur Sud Coréen avait déclaré un peu plus tôt que son pays écouterait avec attention le discours de Shinzô Abe et que l’utilisation de ces termes serait déterminante pour un assainissement des relations entre les deux pays.

Abe s’est adressé, le premier jour du somment,  aux dirigeants participant : « Le Japon, avec des sentiments de remords profonds sur la guerre passée, a juré de rester une nation adhérant à ses principes (ndlr : de paix) jusqu’au bout, peu importe les circonstances ».

Cette déclaration a provoqué un recul diplomatique alors que le président chinois Xi Jinping assistait à la conférence.

Cette édition 2015 du sommet Asie-Afrique commémore le 60e anniversaire de la conférence de Bandung, qui affirmait les principes « d’arrêt de menaces ou d’actes d’agression » ou de « l’utilisation de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de n’importe quel pays » ainsi que « le règlement de tous les différends internationaux par des moyens pacifiques ».

Guillaume Boinet – sources : The Japan Times (1 et 2)