Croissance proche de zéro, chute des exportations, moral des ménages au plus bas, l’économie japonaise a du plomb dans l’aile et pourrait bien rejoindre la liste des pays entrés en récession technique à cause de la crise financière mondiale. Annonce officielle attendue le 17 novembre.

Les économistes s’attendent à une croissance proche de zéro du produit intérieur brut (PIB) pour les trois mois de juillet à septembre, la majorité d’entre eux penchant pour un chiffre légèrement négatif.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prédit un recul de 0,4%.

Cette éventualité marquerait l’entrée officielle de la deuxième économie mondiale en récession, définie par au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Au deuxième trimestre, l’économie japonaise s’était contractée de 0,7% par rapport au trimestre précédent, et de 3,0% en rythme annuel.

Le Japon rejoindrait ainsi l’Allemagne et l’Italie dans la liste des pays industrialisés du G8 ayant confirmé leur entrée en récession technique. De nombreux économistes et institutions promettent en outre le même sort aux Etats-Unis et à d’autres nations, dont la Grande-Bretagne et la France.

« La situation est assez mauvaise », estime Noriko Hama, économiste à la Doshisha Business School de Kyoto. « La crise se répand de façon beaucoup plus large, profonde et rapide qu’estimé initialement. Ceux qui prédisaient que le Japon s’en tirerait avec des blessures légères avaient tort », soutient-elle.

« Les problèmes sont méchants mais pas trop compliqués », tempère Richard Jerram, économiste chez Macquarie Securities à Tokyo. Selon lui, les malheurs du Japon se résument à « un choc pour le commerce extérieur », et sont loin d’avoir la complexité empoisonnée de ceux des Etats-Unis et de l’Europe.

Pour le Japon, « le problème de base est que les difficultés des pays étrangers entraînent une lourde chute de ses exportations. Cela réduit la production industrielle et les marges bénéficiaires des entreprises, ce qui affecte par ricochet les finances des ménages », explique M. Jerram.

La quasi totalité des grands exportateurs japonais, notamment les constructeurs automobiles et les fabricants de produits électroniques, ont drastiquement sabré leurs prévisions de résultats pour l’exercice en cours.

Le moral des particuliers se détériore aussi vite que celui de leurs employeurs: l’indice de confiance des ménages a atteint en octobre son plus bas historique. La flambée récente des prix de l’essence et de l’alimentation y a contribué.

Les fondamentaux économiques du Japon sont pourtant sains. Les banques, encore convalescentes après la grave crise qu’elles avaient traversée dans les années 1990, se sont abstenues d’acheter à tour de bras les produits financiers toxiques qui valent aujourd’hui à nombre de leurs consoeurs occidentales la nationalisation ou la ruine.

Et, même si elles souffrent, les grandes entreprises manufacturières restent assises sur une copieuse trésorerie.

Le gouvernement japonais a annoncé fin octobre un plan de relance de 26.900 milliards de yens (207 milliards d’euros), dont le volet le plus tape-à-l’oeil consiste en une aide en argent liquide versée directement à chaque ménage.

Beaucoup d’économistes doutent toutefois de l’efficacité de ces mesures. Ils prédisent notamment que la majorité des Japonais, inquiets face à l’avenir, craignant de perdre leur emploi et ayant souvent vu leur épargne emportée par le cataclysme boursier, préféreront cacher l’aide gouvernementale sous leur futon plutôt que de la dépenser pour relancer l’économie.

AFP

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