Le précédent premier ministre japonais, Yasuo Fakuda, essayait de limiter la dépense publique et voulait équilibrer le budget en 2011. Mais les lazzi qui ont accueilli son modeste plan de relance ont rendu sa position intenable. Il a démissionné lundi 1er septembre. Avec le retour au pouvoir des dépensiers et une dette publique qui atteint 182 % du produit intérieur brut (PIB), l’économie du pays se retrouve dans une situation périlleuse.

M. Fukuda était dans la ligne de son prédécesseur, Junichiro Koizumi, favorable à des politiques fiscales restrictives. Mais l’opposition à la Chambre haute de la Diète l’a empêché d’agir et a obtenu le remplacement d’un faucon à la tête de la Banque du Japon, Toshihiko Fukui, par une colombe. Cela a empêché les hausses de taux qui auraient conjuré l’inflation.

Le manque à gagner en matière de recettes fiscales menaçait déjà les objectifs de M. Fukuda pour contenir le déficit budgétaire, lorsque le 13 août, on a appris que le PIB du Japon s’était contracté de 0,6 % au deuxième trimestre. Cela rendait une relance budgétaire inéluctable, notamment après que M. Fukuda eût affiché sa faiblesse en appointant Taro Aso, un opposant politique, comme secrétaire général du Parti libéral démocrate au pouvoir.

LE POIDS DE LA DETTE PUBLIQUE

Quand le plan de relance a été annoncé, il a été tourné en dérision à cause de son inefficacité. Avec seulement 1 800 milliards de yens (17 milliards de dollars), soit 0,4 % du PIB, il a été considéré comme trop modeste pour agir sur l’économie.

Une succession de relances budgétaires avaient été tentées dans les années 1990. En 1998 ces mesures avait même représenté 10 % du PIB. Mais, étaient restées sans effet sur la reprise économique. Elles débouchères aussi sur une énorme dette publique et une hausse du niveau des dépenses de l’Etat, passées de 31,5 % du PIB en 1991 à 38,1 % en 2002.

M. Aso, qui sera probablement le prochain premier ministre, est un partisan de la dépense et pourrait abandonner l’objectif d’équilibre budgétaire de 2011. Avec le niveau de dette publique le plus élevé du monde et des taux d’intérêt appelés à monter, cette politique ne causerait pas seulement des dommages économiques, elle pourrait aussi provoquer une baisse de la notation du Japon.
Martin Hutchinson

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