, Le tourment d’un sumotori devenu affaire d’état au Japon

Les tourments d’un sumotori peuvent devenir au Japon, à l’instar de la récente polémique concernant l’âge de Guy Roux en France, une affaire d’état.

Le Premier ministre Shinzo Abe est intervenu personnellement pour souhaiter au poids lourd du sport japonais un prompt rétablissement.

« J’espère qu’Asashoryu va pouvoir suivre son traitement une fois arrivé chez lui et se rétablir rapidement », a déclaré mercredi Abe devant la presse.

Vedette du sumo, le sport roi au Japon, Asashoryu qui traîne une réputation de mauvais garçon et est suspecté d’évasion fiscale, a quitté le Pays du Soleil levant mercredi pour regagner sa Mongolie natale. Il compte y évacuer une pression devenue trop forte.

Ses ennuis ont fait la « une » des journaux japonais durant tout l’été et des dizaines de reporters et de cameramen l’ont escorté jusqu’à l’aéroport mercredi.

Une chaîne de télévision a même détaillé le menu qui allait lui être proposé lors du vol.

Asashoryu, âgé de 26 ans et vainqueur de 21 tournois, possède le plus haut rang dans la hiérarchie du sumo, sport ancestral qui met aux prises deux combattants devant expulser l’adversaire d’un cercle dessiné sur le sol.

Il a été sanctionné le mois dernier de deux tournois de suspension et d’une retenue salariale -la plus forte sanction jamais infligée à un grand champion- pour avoir disputé un match de football de charité à Oulan Bator après avoir déclaré forfait pour un tournoi exhibition au Japon. Il avait expliqué souffrir d’une blessure.

Son entraîneur, Takasago, a fait savoir que le lutteur s’est montré si atteint par la sanction qu’il s’est enfermé dans sa chambre et a montré des signes d’une angoisse intense.

Il n’a depuis pas parlé aux journalistes.

Takasago a expliqué qu’il va accompagner Asashoryu en Mongolie et qu’il reviendra après avoir obtenu l’assurance qu’il pourrait suivre là-bas un traitement adapté.

Comme tous les lutteurs de sumo, les grands champions sont tenus de porter le kimono quand ils apparaissent en public, de garder leurs cheveux soigneusement rassemblés et huilés et d’éviter toute controverse. De plus, les grands champions, appelés yokozuna, doivent faire encore preuve d’une plus grande humilité et de dévotion concernant leur sport.

Asashoryu, bien que devenu le lutteur le plus victorieux en combats, a eu dû mal à faire perdurer cette image lisse demandée aux champions d’exception.

Cette semaine, des rumeurs ont fleuri selon lesquelles il aurait minoré ses revenus.

En janvier, il avait été accusé à tort d’avoir trempé dans une affaire de paris, mais sa réputation en a pâti.

Il a aussi été impliqué au début de sa carrière dans une affaire de tirage de chignon à l’encontre de son compatriote mongol Kyokushuzan lors d’un combat. Au sumo, saisir la chevelure de l’adversaire est prohibé et aucun grand champion n’avait auparavant été disqualifié pour cet agissement interdit.

Le sumo compte actuellement seulement deux grands champions, l’autre étant Hakuho, lui aussi originaire de Mongolie.

Le président de la République française Nicolas Sarkozy était intervenu dans le débat le mois dernier, quand Guy Roux s’était vu interdire par la Ligue de football d’entraîner le RC Lens en raison de ses 68 ans. Il s’était étonné que l’âge puisse empêcher d’exercer quand la compétence est reconnue -la charte indique que l’âge limite pour entraîner un club de football est de 65 ans-, et Guy Roux avait ensuite obtenu une dérogation.

Roux a rendu son tablier samedi, moins de deux mois après sa prise de fonction. Il a expliqué sa démission de son poste d’entraîneur de Lens en se disant amoindri par la prise soutenue de bêtabloquants prescrite après un pontage cardiaque survenu il y a quelques années. AP

jlc/v

AP
Source : La Tribune.fr

Article précédentLe frère de l’empereur Akihito du Japon en visite en France
Article suivantLes services secrets japonais

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.