La candidature de Yuriko Koike, première femme à postuler à la tête du gouvernement japonais, laisse dubitatives les féministes qui s’interrogent sur l’apport de son hypothétique victoire à la condition féminine.

Mme Koike s’est portée candidate lundi à la présidence du Parti libéral démocrate (PLD, droite, au pouvoir), qui doit se doter d’un nouveau président le 22 septembre après la démission du Premier ministre Yasuo Fukuda, également chef du parti.

Le PLD est majoritaire à la Chambre des députés et son nouveau président est assuré de devenir Premier ministre.

Jamais aucune femme ne s’était présentée à la présidence de ce puissant mouvement, qui dirige le Japon presque sans interruption depuis 1955. Mme Koike est toutefois créditée de peu de chances de l’emporter face au grand favori, l’ancien ministre des Affaires étrangères Taro Aso.

« Une femme candidate à cette élection est une bonne chose, de façon générale », estime Mitsuko Shimomura, journaliste et fondatrice de Win Win, un groupe de pression soutenant les femmes en politique.

Mais elle avertit que « Mme Koike n’a jamais fait preuve d’enthousiasme pour améliorer le statut social des femmes, car un tel projet est impopulaire auprès des hommes ».

« Sa tentative de devenir la première femme Premier ministre n’améliorera en rien la situation des femmes japonaises », affirme Mme Shimomura.

Agée de 56 ans, Mme Koike se voit souvent reprocher de s’être toujours préoccupée avant tout de sa propre carrière politique, changeant de parti à plusieurs reprises dans les années 90, avant d’entrer au PLD en 2002.

Une fois installée dans le parti majoritaire, elle est devenue l’un des « gardes du corps » du Premier ministre d’alors, Junichiro Koizumi (2001-2006), lors d’une féroce bataille interne au PLD.

« Seule une femme aimant le pouvoir comme Mme Koike peut survivre en politique », juge l’écrivain féministe Minori Kitahara.

Mme Koike n’a jamais cité l’amélioration de la condition féminine comme l’une de ses priorités. Lors d’une émission télévisée dimanche, elle a toutefois repris la notion de « plafond de verre », utilisée par les défenseurs des femmes pour décrire leurs difficultés à s’élever dans la hiérarchie.

« Au Japon, c’est souvent une vraie plaque de métal », a-t-elle ajouté.

Ancienne présentatrice de télévision, Mme Koike s’est fait un nom en politique en tant que ministre de l’Environnement puis experte des relations internationales, ce qui lui a permis de devenir ministre de la Défense.

Selon Kanako Otsuji, une responsable du Parti d’opposition PDJ (centre) qui a publiquement déclaré son homosexualité, « un politicien qui lutterait pour l’égalité des genres n’aurait aucune chance au sein du PLD ».

Elle estime toutefois qu’avoir une femme chef de gouvernement revêtirait une forte charge symbolique. « Ce qui est important, c’est que les gens voient physiquement une femme Premier ministre, debout au Parlement faire face aux questions de l’opposition ».

Le Japon est à la traîne des pays développés pour l’accès féminin aux responsabilités politiques, avec seulement 12% de femmes parmi les parlementaires.

AFP

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