Sous pression pour faire des concessions durant les négociations ministérielles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, Chine, Japon et Inde sont désireux d’ouvrir leurs marchés pour doper leur croissance, mais pas à n’importe quel prix, préviennent les analystes.

La plupart des pays asiatiques dépendent fortement du commerce extérieur pour assurer leur expansion, et beaucoup d’entre eux ont renoncé à attendre un déblocage des négociations à l’OMC. Prenant les devants, ils ont multiplié ces dernières années les accords de libre-échange bilatéraux.

De ce fait, les experts aiment à décrire l’Asie comme un inextricable « bol de nouilles » d’accords commerciaux particuliers.

Les économies émergentes de la région se disent favorables à une libéralisation des échanges mondiaux, mais uniquement à condition que les pays riches réduisent fortement leurs subventions aux paysans afin de déverrouiller l’accès à leurs marchés agricoles.

En échange, les pays développés souhaitent un meilleur accès de leurs produits industriels dans les économies en développement.

L’Inde s’est attiré les critiques de Washington en affirmant qu’elle ne sacrifiera pas les intérêts de ses millions de petits paysans pour conclure un accord commercial mondial.

« Ouvrir la porte aux produits manufacturés est impossible tant que l’Inde n’aura pas obtenu des concessions substantielles des pays développés », explique l’économiste Paranjoy Guha Thakurta, de la « School of Convergence » de New Delhi.

« Les Etats-Unis et l’Union européenne subventionnent leurs fermiers, lesquels peuvent vendre des produits agricoles aux pays en développement à des prix ridiculement bas, ce qui nuit aux agriculteurs locaux », poursuit-il.

« Aux Etats-Unis, il y a plus de gens dans les prisons que d’agriculteurs mais les subventions dont bénéficient ces derniers sont parmi les plus élevées du monde », critique-t-il.

La Chine, qui a rejoint l’OMC en 2001, a demandé la permission de maintenir des droits de douane élevés sur les produits industriels, ainsi qu’un délai de trois à cinq ans pour les réduire, ce qui a été critiqué par les pays riches.

Ceci étant, « la Chine reste assez favorable à l’ouverture de ses marchés », assure Song Hong, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales.

« Assurément, la Chine a besoin d’un environnement commercial multilatéral stable pour assurer son approvisionnement en matières premières comme les minéraux », poursuit-il.

« Mais elle se méfie un peu des arrivées de fonds spéculatifs dans ses secteurs financiers et immobiliers et sur ses marchés d’actions », ajoute-t-il.

Quant au Japon, la plus grande économie d’Asie, il voit dans les négociations à l’OMC une importante occasion de renforcer ses liens avec les économies émergentes, indique Ryo Mizuno, chercheur à l’Organisation japonaise du commerce extérieur (Jetro).

Ces pourparlers « constituent la seule chance pour le Japon de négocier avec des pays comme la Chine et l’Inde, avec lesquels aucun accord de libre-échange bilatéral n’est envisageable à court terme », explique-t-il.

Face au blocage du cycle de Doha, Chine et Japon se sont tous deux lancés dans une course effrénée aux pactes de libre-échange bilatéraux pour assurer leur approvisionnement en matières premières et des débouchés pour leurs exportations. Mais, selon les analystes, les deux plus grandes économies asiatiques restent favorables à un accord mondial.

« Le Japon a mené une double approche : accords de libre-échange d’un côté et négociations mondiales à l’OMC de l’autre. Ces deux types de négociations sont complémentaires », affirme M. Mizuno.

Idem pour Pékin. « Les institutions commerciales et les négociations multilatérales constituent une part importante de la politique de commerce extérieur de la Chine », fait valoir M. Song.

AFP

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