Des centaines de personnes espéraient une punition pour ceux qu’ils considèrent comme responsables de la crise nucléaire de Fukushima, autrement dit TepCo et le gouvernement central. Toutefois, les procureurs en ont décidé autrement.

Fukushima Dai-Ichi avant le 11 mars 2011 (© KEI)
Fukushima Dai-Ichi avant le 11 mars 2011 (© KEI)

Samedi, à Tôkyô, aucune charge n’a été retenue contre qui que ce soit concernant la débâcle nucléaire à Fukushima. Le rapport officiel ne mentionne aucune personne décédée à cause des retombées radioactives après que le tsunami ait frappé la centrale de Fukushima, causant l’inondation des systèmes de refroidissement et la fusion des cœurs de trois réacteurs. Sont donc exclus les résidents de Fukushima qui se sont suicidés par crainte des conséquences ainsi que ceux qui sont morts durant l’évacuation de la préfecture. 1 656 personnes ont quand même été recensées comme étant décédées suite au stress et à d’autres maladies liées à la crise nucléaire sur les lieux.

Les victimes sont déterminées à éviter une nouvelle catastrophe de cette envergure. Trois ans après, des dizaines de milliers de gens sont encore incapables de retourner chez eux car les scientifiques ont prévenu des dangers de la zone autour de Fukushima et de son abandon nécessaire. « Je cultivais du riz biologique mais je dois y renoncer à cause des inquiétudes des consommateurs à propos de la contamination », témoigne Kazuo Nakamura, un agriculteur de la ville de Koriyama. « Je veux que les officiels de TepCo et les bureaucrates du gouvernement central mangent le riz cultivé à Fukushima ! » a-t-il rajouté sous les applaudissements.

Un rapport parlementaire a qualifié la catastrophe de Fukushima de désastre « provoqué par l’homme » et qui ne peut pas être complètement imputable au tsunami du 11 mars 2011. Environ 15 000 personnes ont déposé une plainte en 2012 contre TepCo et le gouvernement. Seulement, aucun procureur n’a décidé de les condamner pour négligence. Un appel de la décision a tout de suite été lancé : « nous voulons partager avec tout le monde notre colère et notre tristesse du fait de n’avoir personne qui prend ses responsabilités ». Mais les procureurs ont décidé que ni TepCo ni le gouvernement ne pouvait anticiper un séisme et un tsunami de cette ampleur et ont estimé qu’il n’y avait aucun reproche à faire sur les mesures prises après la catastrophe.

Cette réponse n’a bien évidemment pas plu et un avocat des victimes a objecté qu’il y avait beaucoup de mesures qui auraient dû être prises pour éviter tout ceci. Les victimes continuent leur combat afin d’obtenir une compensation pour les préjudices moraux et financiers. Les plaignants réclament la restauration de leurs villes natales à l’état d’avant le 11 mars 2011.

Claire Bouyssou – source : The Japan Times

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