Dans le hall d’entrée du ryokan Dôgo Yaya, situé dans le quartier des sources chaudes Dôgo Onsen de la ville de Matsuyama, ce n’est pas de l’eau qui coule des robinets, mais la spécialité locale : le jus de mandarine.

© Dôgo Yaya / Facebook
© Dôgo Yaya / Facebook

Takayashi Oyabu, 36 ans, est le président de la compagnie Eight One Co., basée à Matsuyama (préfecture d’Ehime), qui gère des infrastructures touristiques une peu spéciales. Son portfolio contient des ryokan (auberges traditionnelles japonaises), des restaurants et des magasins qui vendent des produits locaux et de haute qualité, comme des serviettes et des céramiques.

À Matsuyama, dans le quartier du Dôgo Onsen, l’un des plus anciens onsen du Japon, la compagnie a décidé de servir du jus de mandarine aux robinets du hall d’un de leurs ryokan, le Dôgo Yaya. Selon Oyabu, « la préfecture d’Ehime est le royaume des agrumes », et il aurait décidé de d’installer ces robinets « après avoir été inspiré par la légende urbaine qui dit que les mandarines sont partout à Ehime ».

© Dôgo Yaya / Facebook
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Oyabu s’est retrouvé hôtelier après avoir testé divers secteurs, et en touchant le jackpot à la bourse, grâce à un marché spéculatif dédié aux start-ups. Ainsi fin 2006, il était devenu riche alors qu’il n’avait encore que la vingtaine : le jeune homme avait réussi à amasser un profit de 2,5 milliards de yen (environ 21,5 millions d’euros). Il acheta une voiture et distribua une partie de son argent, mais ne se sentait toujours pas satisfait : « j’en vins à réaliser que je n’arriverais jamais à être vraiment heureux si je ne faisait pas quelque chose pour améliorer la société ».

Il fonda alors Eight One Co., une firme de gestion immobilière. En 2008, à 29 ans, il entreprit de reconstruire l’auberge Dôgo Yumekura suite aux inquiétudes des autorités locales. Celles-ci craignaient que le nombre de touristes ne diminue à cause de la reconstruction du Dôgo Onsen Honkan, la principale attraction touristique de la région. Mais au bout de 6 mois seulement, tous ses employés avaient démissionné, et l’auberge coula.

C’est après avoir étudié en profondeur le marché des auberges, grâce aux commentaires des clients et aux succès d’autres auberges, Oyabu vint à penser que les produits locaux devraient être utilisés le plus possible. « À travers mes différents essais et erreurs, j’ai réalisé le potentiel des ressources locales », a-t-il déclaré.

Si les choix de Eight One, dont notamment celui de vendre des serviettes de haute qualité, ont pu être critiqués, désormais la compagnie se fait fournir par pas moins de 20 usines de la région de Imabari. Eight One gère actuellement 20 autres entreprises liées aux ressources locales, dont les produits céramiques vendus sous la marque Shiro Ao. Selon Oyabu, « si les produits du terroir se vendent bien en dehors de la région, et que l’industrie locale devient prospère, cela donnera de l’espoir aux habitants ».

Nathalie Arnoux – Source : Japan Times