Le 6 décembre dernier, la loi sur la protection des secrets d’État a été approuvée par la chambre haute de la Diète, malgré les protestations des manifestants et de l’opposition.

Salle de séance de la chambre des conseillers, dite haute (© Chris73)
Salle de séance de la chambre des conseillers, dite haute (© Chris73)

Le Parti Libéral Démocrate et le Nouveau Kômeitô ont voté en faveur de cette loi, qui a créé une vive polémique, ce qui a permis d’atteindre la majorité suffisante (130 votes pour et 82 contre). Aucun parti de l’opposition n’a soutenu cette nouvelle loi. Ils avaient tenté une motion de censure contre Masaharu Nakagawa, le président du comité spécial sur la sécurité nationale, mais en vain. Quand celui-ci a rapporté les délibérations de ce comité, des membres de Votre Parti et le Parti de la Restauration du Japon ont quitté la salle en guise de protestation. Des membres du Parti Démocrate du Japon en ont également fait de même et ont ainsi décidé de voter contre durant le vote à la chambre haute.

Des grands mouvements de protestation devant la Diète et dans d’autres villes du Japon ont émergé. La nouvelle loi est assez vague sur ce qui pourrait être considéré comme un secret d’État. Celle-ci augmente surtout la peine encourue concernant les fuites de secrets d’État provenant des civils et du secteur privé qui prennent en charge ce type d’informations à un maximum de 10 ans.

Des inquiétudes s’élèvent aussi concernant la vie privée de ces personnes qui pourraient subir une violation de ce droit en vertu de la protection des secrets d’État afin de déterminer au mieux ceux qui pourraient être éligibles à la tâche. Le Premier ministre, Shinzo Abe, et le chef du cabinet, Yoshihide Suga, ont déclaré durant les derniers jours de débat que de nouvelles agences verraient le jour afin de déterminer si la qualification de secrets d’État concernant certaines informations sensibles est bien valide. Cette décision a été prise après que l’opposition ait insisté concernant la création d’un organe impartial. Mais des doutes subsistent car ces organes seraient placés sous la responsabilité du gouvernement.

La loi sera annoncée publiquement  et prendra effet à la fin du mois de décembre.

Claire Bouyssou – source : The Asahi Shimbun

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10 Commentaires

  1. C’est dans tous les pays et surtout dans les anciennes démocraties comme la France que les libertés se réduisent à coups de lois sur la presse, de subventions conditionnelles, de lois mémorielles qui éludent tout débat et utilisent le terrorisme pour museler toute pensée et voix hérétique à la doxa coercitive de l’Etat.
    L’Etat ne pouvait rêver mieux que les technologies moderne de l’information pour espionner, surveiller, contrôler les individus.

      • Bon, je ne suis pas sur place, mais je me demande si ils iront surveiller les dojinshi, les mangas amateurs. Ce n’est pas vraiment issu des nouvelles technologies (c’est du papier et du crayon, en fait, c’est comme les livres, difficile de tout surveiller) et il y en a tant. D’ailleurs, la NSA enregistre, mais de là à tout écouter, il n’y aurai plus de chômage aux Etats-Unis.

        Et puis on connait l’efficacité de la police japonaise, entre laisser la secte Shin Aum faire des meurtre et emprisonner un népalais innocent 15 ans. Sarkozy l’a bien montré, faire des loi, ça ne sert à rien si il n’y a pas les moyens derrière pour les faire appliquer.

        Enfin, cette loi est vraiment liberticide puisqu’elle permet d’arrêter après coup quelqu’un, après publication et vente d’exemplaire (en donc publicité pour ces exemplaires). Peut-être y aura-t-il des journaliste kamikazé.

  2. Ce n’est pas la peine d’aller chercher la NSA, il suffit de regarder en France et de voir les nouvelles lois liberticides que la gauche, toujours prête à défendre les libertés dans les pays étrangers, vient de voter avec l’article 13 de la loi de programmation militaire relatif à la surveillance et à la collecte de données. Big Brother Valls is watching you.

      • Bien sur Telly, parce que si cela avait été un gouvernement de droite qui avait fait voter ces lois le scandale dans la presse aurait été immense mais venant d’un de gauche il bien normal que la presse aux ordres ,groupe Le Monde, Libération, l’Humanité à qui le gouvernement vient d’effacer une ardoise de 4 millions d’euros, et sans oublier les TV publiques et privés qui ne veulent pas avoir des problèmes avec le pouvoirs, tous ce beau monde qui vit de subventions publiques ne va pas se tirer une balle dans le pied et soutient évidemment le gouvernement dans ses projets de BIG BROTHER.
        C’est pratique de se réclamer de la liberté d’expression, de fustiger la NSA quand en France l’on fait des lois interdisant la recherche, quand le pouvoir se donne le droit d’espionner les communications et de ficher tous les citoyens de plus de 15 ans, quand il faut surveiller ses pensées pour éviter de dire un mot maladroit qui peut vous envoyer au tribunal sous prétexte de discrimination, de racisme, de sexisme, d’homophobie.
        Elle est loin la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui se proposait de garantir les droits naturels de l’homme qui sont, la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l’oppression. Ne parlons pas du consentement à l’impôt, l’éducation nationale apprend aux enfants que sous l’ancien régime, le peuple était écrasé d’impôts, qui représentait en fait 18 jours de travail contre 208 jours aujourd’hui.

        Alors oui, le gouvernement Abe a fait passer une loi liberticide et je ne m’en félicite pas, cela permettra d’étouffer les voix dérangeantes qui pourrait révéler aux citoyens japonais de quelle façon le pouvoir les trompe et les utilise pour se maintenir en place, car finalement c’est ça le but, ici et ailleurs de tous les gouvernements, faire tout pour rester en place et continuer à vivre sur le dos du peuple.

  3. Étonnant comme cette loi se révélera pratique, quand il s’agira de camoufler des informations liées aux fuites de la centrale de Fukushima.

    Ces informations seront probablement jugées sensibles, donc classées « secret d’Etat ».

    Hop ! On n’affole pas la communauté internationale, on « protège » les citoyens contre la panique, et on cloue le bec aux politiques et aux journalistes.

    La transparence au Japon n’est pas pour demain…

  4. Que cela soit les socialistes en France ou libéral démocrate au Japon, le but est le même l’Etat ( élus et fonctionnaires ) cherche à contrôler le peuple qui le nourrit et lui assure la rente du pouvoir que ce même peuple lui à remis entre les mains en abdiquant une partie de plus en plus grande de sa liberté.

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