, Le Japon et la Chine s’inquiètent des effets du ralentissement américain

Certains économistes spéculent sur la fin prochaine du redressement économique du Japon amorcé en 2002. S’agissant de la Chine, l’économiste américain Kenneth Rogoff provoque la polémique en s’interrogeant sur le risque de « récession ».

Plus se confirme la perspective d’un fort ralentissement aux Etats-Unis, plus la théorie du découplage économique entre l’Asie et le reste du monde laisse perplexe. Non pas qu’elle soit d’ores et déjà démentie par les faits, mais les prévisions de croissance avancées par les économistes ces derniers jours ont ébranlé certaines certitudes.

Au Japon, l’économie a probablement culminé au cours du dernier trimestre 2007, les exportations ayant résisté au ralentissement de l’économie américaine. Selon les prévisionnistes interrogés par Bloomberg, la seconde économie mondiale a crû au rythme de 1,6% l’an durant les trois derniers mois de 2007, contre 1,5% au troisième trimestre de la même année. L’heure de vérité est fixée au 14 février, lorsque sera publié le taux de croissance du PIB pour le quatrième trimestre.

Mais on sait d’ores et déjà que les industriels nippons prévoient de réduire leur production. Ils anticipent l’atonie de la demande d’écrans plats et d’automobiles dans les prochaines semaines, l’économie mondiale ralentissant. « Le rideau retombe sur le redressement économique qui avait commencé en 2002 », a estimé Naoki Murakami, économiste chez Goldman Sachs à Tokyo. Selon ce professionnel, « la production a été orientée à la hausse jusqu’en octobre, mais elle est en train de piquer du nez en raison du ralentissement des exportations ».

Plus surprenante est la situation chinoise. Après l’annonce par la Banque mondiale, lundi, d’un ralentissement de l’activité à 9,6% en 2008, après cinq années de croissance à deux chiffres, c’est au tour de Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) reconverti dans l’enseignement à l’Université de Harvard, d’exprimer quelques inquiétudes. Dans un commentaire accordé au Financial Times, il émet l’hypothèse d’une « récession » de l’économie chinoise ou, à tout le moins, d’une croissance inférieure à 6% pendant une année.

Les chances qu’un tel scénario survienne au cours des deux prochaines années sont de « 50-50 », affirme l’universitaire. « Avec l’inflation au plus haut, un notable rétropédalage en matière de réformes de marché, et une baisse de la demande internationale pour les exportations, l’année 2008 sera particulièrement délicate », écrit l’économiste. « Avec tout le respect dû aux récentes performances obtenues par les dirigeants de la Chine », il faut bien admettre que « le pays est confronté à des bombes économique, financière, sociale et politique tout comme n’importe quel marché émergent », poursuit Kenneth Rogoff, avec en plus « de gros problèmes environnementaux à résoudre ».

L’explosion des exportations a rendu la Chine bien plus vulnérable à un recul de l’activité économique à l’Ouest qu’en 2001, lors de la récession mondiale, ou en 1997, lors de la crise asiatique, souligne Kenneth Rogoff. D’autre part, « les pays émergents commencent à connaître des difficultés lorsque leurs politiques de réforme reculent au moment où survient une crise économique ou financière », affirme l’auteur.

Reste que ce sombre tableau ne fait pas l’unaminité. Pour Mark Williams, économiste chez Capital Economics à Londres, il est « absurde » d’affirmer que la Chine est menacée de récession. Selon lui, « l’inquiétude suscité par l’inflation et la dépendance aux exportations est exagérée ». Pour lui, personne ne croit à une récession en bonne et due forme en Chine. « Mais s’agissant de ce pays, la notion de récession doit plutôt être interprétée comme une croissance pas plus élevée que 7%, niveau requis pour absorber l’offre croissante d’emplois sur le marché du travail », écrit-il.

Le danger de l’inflation ? Mark Williams l’écarte d’un revers de main, estimant qu’elle n’est pas le fruit vénéneux de l’excès de liquidités dans l’économie chinoise mais celui des tensions sur le cours des produits de base. Un phénomène qui devrait s’estomper cette année.

Laurent Chemineau

La Tribune.fr

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