D’après la police japonaise, 1 167 viols et 6 755 cas d’agressions sexuelles ont été recensés en 2015. Un chiffre plutôt bas (en comparaison, 15.848 viols déclarés en France en 2016), qui ne reflète pas la réalité du nombre de victimes. En effet, d’après les chiffres du gouvernement japonais, 95% des viols ne sont pas signalés (14% des viols sont déclarés en France en 2016). En cause, des lacunes en terme de juridiction et au sein des forces de polices. 

Le Japon est connu pour être un pays sécurisé, notamment vis à vis des agressions sexuelles. Pourtant, comme dans tout autre pays, le Japon est aussi touché par ce fléau, à la différence que très peu de victimes portent plainte après une agression. En cause, une mauvaise législation et un manque de formation au sein de la police. Les victimes n’osent pas porter plainte de peur de vivre un deuxième traumatisme : responsabilisation des victimes, questions intimes et gênantes lors des interrogatoires… Des épreuves qui démoralisent les victimes. D’ailleurs les victimes se sentent moins en sécurité après avoir contacté la police qu’en ne le faisant pas.

Pourtant la législation change et commence, peu à peu, à répondre aux besoins des victimes. Depuis juillet dernier, le viol comprend, en plus de la pénétration vaginale, la pénétration anale et orale alors qu’elles n’étaient considérées que comme des agressions sexuelles. Une avancée significative qui permet aussi aux hommes d’êtres considérés comme victimes de viol. Reste le problème délicat de la définition du consentement : si une victime de viol ou d’agression de réagit pas « agressivement », elle est considérée comme consentante par la loi japonaise. Il est impératif de ne pas insinuer que la victime a une responsabilité dans son agression. Heureusement, l’approche de la police vis à vis de ces agressions est aussi en passe de changer afin de prendre plus en compte les sentiments des victimes. Les procédures sont également modifiées, comme par exemple le fait qu’un seul policier soit assigné à l’affaire pour éviter la multitude d’intervenants, qui pourrait être traumatisant pour la victime. Ces procédures visent à instaurer un climat de confiance et de sécurité entre la police et la victime.