Si de plus en plus de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles/transgenres (LGBT) osent affirmer leur identité sexuelle, le chemin est encore long pour faire accepter ces orientations à la société japonaise. Malgré les embûches, quelques lueurs d’espoir existent.

Défilé de la Gay Pride à Tôkyô (© Kenji-Baptiste Oikawa)
Défilé de la Gay Pride à Tôkyô (© Kenji-Baptiste Oikawa)

Le constat n’est pas très positif. Selon un sondage mené en 2013, 70% des minorités sexuelles ont subi des brimades dans le cadre de leur scolarité et 30% d’entre eux ont subi des violences les ayant conduits à songer au suicide. On estime que les personnes LGBT représentent 5,2% de la population japonaise. Et si la majorité des entreprises du top 500 incluent dans leur politique anti-discrimination les droits des minorités sexuelles, seulement 18,7% d’entre elles s’appliquent à soutenir leurs employés LGBT.

Maki Muraki, fondateur de Nijiiro Diversity (Diversité Arc-en-Ciel), reporte de nombreuses plaintes de personnes LGBT à propos de remarques discriminatoires de la part de leurs collègues. La plupart font des « plaisanteries » sur leur orientation sexuelle, contribuant à les stigmatiser un peu plus. Des cas de discriminations plus directes ont encore lieu, comme une salariée transgenre qui s’est faite renvoyée par son employeur (qui la juge sur la base de son sexe masculin de naissance) car elle a laissé pousser ses cheveux. De plus, les couples de même sexe auront plus de difficultés à trouver un logement, en particulier pour l’accès aux logements sociaux. Et les remarques discriminatoires des professeurs à l’école ainsi que des personnalités à la télévision n’encouragent pas la population japonaise à avoir une meilleure image des minorités sexuelles et renforcent les clichés à leur sujet.

Toutefois, des initiatives commencent à voir le jour pour aider les LGBT : de plus en plus d’entreprises (notamment Sony et Shiseido) surveillent de près ce type de discriminations, particulièrement à l’embauche. Ils proposent aussi les mêmes droits matrimoniaux qu’aux personnes hétérosexuelles, comme la possibilité de les laisser partir en lune-de-miel, initiative lancée par l’entreprise britannique Lush.

Des campagnes pro-LGBT naissent aussi dans certaines municipalités (comme par exemple le quartier de Shibuya à Tokyo, ou encore celui de Yodogawa à Osaka), qui n’hésitent pas à proclamer leur soutien vis-à-vis d’un possible mariage entre personnes de même sexe, malgré que la loi nationale à ce sujet ne leur donne pas encore raison.

Cependant, le chemin reste encore long. Peu de personnes sont sensibilisées sur ces problématiques ou ne connaissent pas du tout de personnes LGBT, ces dernières préférant rester discrètes à cause des discriminations qu’elles peuvent subir.

Claire Bouyssou – sources : The Japan Times 1, 2

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