C’est par le biais d’un concours de rédaction que Motivist japan a fait gagner un séjour de 4 semaines au Japon, en partenariat avec Japon infos. A cette occasion, nous avons décidé de publier chaque week-end les meilleurs essais retenus. Voici enfin le dernier, celui de la grande gagnante !

Essai de Soufi Nina.

– « Bonjour je m’appelle Nina. Je suis actuellement en première année d’une licence langues étrangères appliquées anglais japonais. »
– « Japonais ?!!!! »
Ça c’est ce que la plupart des gens me répondent. Souvent ils ne comprennent pas ce choix, il le trouve bizarre et à la fois « courageux ». Le mot « courageux » revient souvent, car ils trouvent cette langue particulièrement difficile (même s’ils ne la connaissent pas vraiment) et aussi parce qu’ils se demandent bien ce que je vais pouvoir faire avec ça. La chose est que, lorsqu’on est passionné même si un domaine est difficile ou hors d’atteinte il nous le semble un peu moins, car on l’aime et c’est donc pour cela que l’on persévère.

« Ce que je vais faire avec » est quelque chose de plutôt simple pour l’instant, communiquer. Apprendre et comprendre cette culture qui m’est familière et en même temps étranger. Quand j’étais petite, 3/4 ans, j’utilisais souvent le mot さようなら. Je savais que cela voulait dire au revoir mais je m’étais jamais posée la question : « De quelle langue vient ce mot ? ». Pour moi c’était normal de l’utiliser. Je me souviens de mes camarades me demandant ce que cela voulait dire et moi ne comprenant pas vraiment pourquoi ils ne savaient pas. Je n’ai aucune idée où est ce que j’ai appris ce mot, mais pour moi c’est la preuve que cette langue et les langues en général étaient faites pour moi. Je n’ai jamais vraiment pensé au japonais et au Japon avant le collège (même si toute ma période école primaire était bondée d’anime). C’est au collège que j’ai commencé à être autodidacte en japonais, que j’ai commencé à faire des choses comme aller à un concert de flûte japonaise, regarder du street style de Tokyo, regarder des anime en japonais sous-titré espagnol (on fait comme on peut en manière de streaming), aller au cinéma pour voir des films japonais en vo avec 10 personnes dans la salle, aller à la Japan Touch, faire un cosplay de Monokuma, voir une cérémonie du thé, aller à un matsuri et taper la causette à l’ambassadeur japonais de Lyon en buvant du thé ! Et j’ai continué mes expériences japonaises également pendant toute ma période lycée.

À la fin du lycée, j’avais mon BAC L spécialité audiovisuelle et je savais que je voulais faire quelque chose dans la communication et/ou le commerce et/ou l’événementiel. Alors bien entendu en post-bac, on nous fait choisir une licence de secours mais on nous encourageant à faire une école ou un IUT qui est mieux vu qu’une licence et qu’il est vrai qu’on est censé y apprendre mieux, plus dans le vif du sujet. Sauf que ma licence secours était une réelle possibilité que j’envisageai, une licence en anglais japonais. Je suis quand même aller visiter l’IUT qui avait un programme merveilleux sur le papier mais quand j’y était tout me semblait « bla-bla et placoplatre ». Rien ne me faisait le même effet que lorsque je pensai à ces études de japonais. Alors bien sûre cela fait un peu peur à maman, mais quand on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Et c’est ce que j’ai fait. Et j’ai eu raison, certes, quelquefois je suis un peu perdu pour mon avenir, mais c’est normal et c’est ce qu’il faut. Depuis que je suis dans cette licence, immergée dans cette culture, j’en suis tombée d’autant plus amoureuse. J’ai maintenant une éducation scolaire japonaise qui est géniale ! On travaille mieux, car nos superbes professeurs font tout pour nous faire progresser et si l’on échoue nous encouragent. Rien n’est là pour nous piéger. Nos relations élèves/professeurs sont beaucoup plus confortables et on apprend toujours plus sur la culture japonaise. J’ai maintenant des amies japonaises avec qui je partage ma culture comme elles me partage la leur et plus.

Bien entendu tout n’est pas superbe au Japon mais il y a quelque chose chez eux qui nous attire, qui m’attire. C’est marrant quand j’y pense les deux cultures qui m’intéressent le plus est la culture anglaise et la culture japonaise, deux îles ! Lorsque l’on est un peu loin de tous, séparé par les eaux, c’est peut-être naturel de créer un monde un peu différent. C’est cette différence qui m’attire et qui me pousse à faire ce concours. Je voudrais pousser mes compétences encore plus loin avec ce nouvel environnement, cette nouvelle expérience qui peut être un peu effrayante mais tellement intéressante.

Merci beaucoup d’avoir lu jusqu’à la fin et de proposer cette aventure.

Nina 🙂