Entrant dans une période charnière en matière d’orientation universitaire pour certains (bacheliers, étudiants), notre équipe a jugé bon de donner un panorama des études en langue japonaise sur l’Hexagone.

La section Japonais de l'université de Toulouse 2 sur le salon du TGS 2013. Par Mike Perez.
La section Japonais de l’université de Toulouse 2 sur le salon du TGS 2013.

Il convient tout d’abord de rappeler que tout le monde peut s’inscrire à l’université (bacheliers de toutes filières, détenteurs du Diplôme d’Aptitudes aux Études Universitaire ou DAEU). Il en va de même pour les cours de Japonais, où le cursus est adapté aux débutants.

Le cursus de Japonais à l’université est généralement divisé en deux filières distinctes : Langues Étrangères Appliquées (LEA) et Langue, Littérature et Civilisation Étrangères (LLCE). Chacune de ces filières possède son lot de cours spécifiques et forme les étudiants vers un corps de métier propre. Par ailleurs, les filières LEA et LLCE sont toutes deux soumises au système LMD, qui décline une formation en trois cursus, avec à chaque étape un diplôme à la clef : Licence (3 ans), puis Master (2 ans supplémentaires), puis Doctorat (3 ans supplémentaires).

Cursus Langues Etrangères Appliquées (LEA)

La formation LEA comprend trois grandes catégories d’enseignements : cours d’Anglais spécialisé dans les domaines économique, juridique ou commercial ; cours d’une seconde langue étrangère (Japonais, dans notre cas) ; cours de matières appliquées, telles que du droit, de la gestion, de l’économie. Par ailleurs, à  partir de la 3ème année, les étudiants en LEA se spécialisent en économie, en commerce international ou en droit, tout en conservant les cours des deux langues. En 3e année (L3), mais aussi en Master (4e et 5e années), les étudiants en LEA doivent effectuer chaque année un stage en entreprise.

En somme, le cursus LEA prépare les étudiants à  travailler en entreprise, et ressemble aux cours proposés en école de commerce, si ce n’est une part plus importante accordée à la pratique des langues étrangères.

Notons toutefois que le Master LEA est à mention Professionnelle : il permet d’accéder au marché de l’emploi en tant que personne qualifiée (cadre, etc.). Toutefois, il ne peut déboucher sur une inscription en Doctorat, l’accès à cette dernière formation demandant un diplôme à mention Recherche (filière LLCE). En résumé, la mention Professionnelle requiert de la part de l’étudiant la réalisation d’un stage en entreprise suivi d’un rapport de stage, tandis que la mention Recherche nécessite la rédaction d’un mémoire (donc avec une recherche bibliographique et une démarche scientifique). Or cette distinction entre mention Professionnelle et mention Recherche tend à s’estomper progressivement dans le milieu universitaire, voire à disparaitre dans les prochaines années.

Cursus Langue, Littérature et Civilisation Etrangères (LLCE)

La filière LLCE est focalisée sur les aspects linguistiques et culturels de la langue. Les cours de japonais (histoire, écriture, pratique oral, traduction [appelée thème et version]… etc.) sont les mêmes qu’en LEA, mais d’autres enseignements plus spécifiques rentrent dans ce cursus, telles que de l’art, de la littérature, de la méthodologie en traduction, de la linguistique, etc. Chaque université élabore sa formation de façon autonome : par exemple, certains établissements proposent des cours de linguistique dès la Licence, d’autres à partir du Master.

Mais qu’importe l’établissement, la Licence en Japonais, LLCE comme LEA, vise à l’acquisition d’un niveau intermédiaire en japonais, mais plus poussé pour le cursus LLCE. Le niveau de langue acquis à l’université est généralement renforcé grâce à un séjour d’un an au Japon dans le cadre d’un échange universitaire (accessible aux LEA, selon les établissements), où l’étudiant met en pratique ses cours et approfondit ses compétences. Ce séjour est proposé à partir de la 3e année et les critères de sélection varient selon les établissements (classements selon les notes obtenues durant la formation universitaire, entretiens individuels, dossiers…). Pour ce séjour, l’étudiant peut obtenir des bourses : JASSO pour le Japon ; Bourse du Conseil Régional, de Mobilité [Ministère de l’enseignement supérieur] et même du CROUS pour la France.

En résumé, la formation LLCE débouche sur les métiers de l’enseignement, de la traduction, mais surtout de la recherche. Le cursus LLCE forme des spécialistes de la langue et la société japonaise, dont la consécration est la recherche.

Les établissements d’enseignement supérieur en France

L’Ambassade du Japon à Paris recense quelques 70 établissements en France qui dispensent des cours en japonais, dont près d’un quart en région parisienne. Remarquons cependant que sur l’ensemble de ces établissements, une poignée seulement propose un cursus de Master et de Doctorat. A l’échelle nationale, Paris fait figure de pôle principal, en particulier avec l’INALCO (Institut National DES Langues et Civilisations Orientales), suivi de « pôles secondaires » comme Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille ou encore Strasbourg.

La spécificité française des Études japonaises

Deux derniers points avant de clore cet article. Contrairement à l’approche américaine, la démarche française en enseignement des langues étrangères repose sur la philologie, soit l’étude d’une langue par ses documents écrits. L’enseignement du japonais en France reproduit donc les méthodes d’enseignement « à la japonaise » en centrant son approche pédagogique sur l’écrit (apprentissage des sinogrammes, traduction écrite) et assez peu sur la compétence orale. En ce sens, l’étudiant en japonais doit fournir un effort individuel conséquent dans son apprentissage, en travaillant de soi-même avec des documents écrits, mais aussi audio et vidéo (films, chansons…).

En outre, pour être reconnu au Japon, il est préférable que le diplôme français en japonais soit accompagné d’un certificat d’aptitudes en langue japonaise, le JLPT (Japanese Language Proficiency Test), délivré par le Ministère japonais de la Culture. Ce certificat est réparti en cinq niveaux de langue, les niveaux 1 et 2 étant les plus élevés et donc, les plus demandés au Japon pour attester d’une bonne compétence en langue japonaise. Des examens sont organisés par l’INALCO chaque année à Paris et Lyon pour obtenir ce certificat.

Une connaissance approfondie de la langue et de la culture japonaises sont finalement accessibles au plus grand nombre en France. Il ne tient qu’à choisir sa spécialisation, selon les projets professionnels ou personnels.

Mike Perez

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