Selon les données du gouvernement japonais, 22 stagiaires étrangers seraient décédés en raison d’incidents liés au travail depuis 2014. Cela met en évidence les problèmes de sécurité et les conditions dangereuses des travailleurs au Japon.

1993 : création d’un programme de formation

Le gouvernement a créé ce programme pour les travailleurs étrangers afin de transmettre le savoir-faire japonais aux pays en développement. Il a été très critiqué au Japon et à l’étranger, notamment sur le fait qu’il permettrait de couvrir l’importation de main-d’oeuvre bon marché. Dans les faits, de nombreuses conditions difficiles ont été signalées : des heures de travail illégalement longues, des salaires impayés, de mauvais traitements, du vol d’argent des travailleurs, du surmenage, etc.

2014 à 2017 : chiffres du ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être

Durant cette période de trois ans, en moyenne 475 accidents du travail sont survenus chaque année. Malgré tout, les décès liés au travail pour les stagiaires étrangers de 2014 à 2017 sont plus élevés que ceux des travailleurs : 3,7 décès pour 100 000 stagiaires contre 1,7 décès pour 100 000 travailleurs.

Les raisons de ces décès

Akira Hatate, directeur de l’Union des libertés civiles du Japon et expert du système des stagiaires, explique que les accidents du travail sont plus fréquents chez les non-Japonais puisqu’ils ne connaissent pas bien les lieux de travail japonais, qu’ils ont du mal à communiquer dans la langue du pays et qu’ils travaillent généralement pour de petites ou moyennes entreprises qui accordent peu d’importance à la sécurité et à la santé au travail. Il souligne également qu’un bon nombre de ces accidents sont dissimulés par les entreprises : les chiffres seraient donc erronés et plus élevés.