L’excédent des comptes courants du Japon a chuté de 69,5% en avril sur un an, à 405,6 milliards de yens (3,5 milliards d’euros), à cause du séisme de mars qui a entravé les exportations d’automobiles et de la hausse de la facture énergétique, a annoncé mercredi le ministère des Finances.

Il s’agit du plus faible bénéfice de la balance des paiements enregistré pour un mois d’avril depuis 26 ans.

Les exportations nippones ont baissé de 12,7% à 4877 milliards de yens (41,7 milliards d’euros), entravées par les conséquences du tremblement de terre et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l’archipel le 11 mars.

Cette catastrophe a endommagé voire détruit de nombreuses usines, notamment celles de fournisseurs de l’industrie automobile et de fabricants de semi-conducteurs, réduisant fortement la production et les livraisons à l’étranger de voitures et, dans une moindre mesure, celles de produits électronique.

Toujours en avril et par rapport au même mois de l’an passé, les importations ont au contraire progressé de 12,3%, à 5294,5 milliards de yens (45,2 milliards d’euros), tirées par la hausse des achats de source d’énergie.

Les compagnies d’électricité de l’est du pays ont dû commander davantage de gaz naturel liquéfié, afin d’augmenter la production de leurs centrales thermiques pour compenser l’arrêt d’une quinzaine de réacteurs nucléaires depuis le désastre.

La hausse des cours de l’or noir, en lien avec la situation au Moyen-Orient, a en outre gonflé la facture pétrolière.

Au final, la balance commerciale de la troisième puissance économique mondiale est tombée dans le rouge, affichant un déficit de 417,5 milliards de yens, contre un surplus équivalent au double l’an passé à même époque.

Le compte des services étant lui aussi déficitaire, dans les mêmes proportions, les comptes courants n’ont été positifs que grâce au large bénéfice enregistré par le compte des revenus (1330,8 milliards de yens, en hausse de près de moitié sur un an), qui reflète les rendements des investissements japonais à l’étranger.

« Les entreprises produisent de nouveau mais les exportations n’ont pas encore redécollé », a expliqué Satoshi Osanai, économiste à l’Institut de recherche Daiwa.

« La chaîne d’approvisionnement s’est remise en place plus vite que prévu depuis le désastre mais les produits ne sont pas encore près à être livrés à l’étranger », a-t-il ajouté, bien que ces ventes pourraient sous peu retrouver leur rythme antérieur au séisme, d’après lui.

Lors des 20 premiers jours de mai, le déficit commercial du Japon a plus que triplé par rapport à la même période de l’an passé, les exportations baissant sur un an (-9,3%) alors que les importations ont grimpé (+13,4%), selon des données séparées publiées par le ministère.

La balance des transactions courantes est le meilleur indicateur de la situation d’une économie par rapport au reste du monde, car elle prend en compte non seulement les échanges des biens, mais aussi ceux de services, ainsi que les revenus des investissements directs ou de portefeuille et les transferts courants, tels que les versements aux organisations internationales.

Toujours en avril, le compte des investissements directs a accusé un déficit de 622,3 milliards de yens, plus que quintuplé sur un an, ce qui signifie que les Japonais ont davantage investi à l’étranger que les étrangers n’ont investi dans l’archipel.

Le compte des investissements de portefeuille a à l’inverse dégagé un bénéfice de 9.433,7 milliards, en hausse de plus de 40%.

Tokyo (awp/afp) -rp – (AWP / 08.06.2011 06h26) – Article original sur romandie.com