Ce que vous lirez dans ce numéro :







DANS LE DOSSIER
À contre-courant de la perfection : le wabi-sabi :
La traduction littérale du wabi-sabi se fait en deux termes distincts, chacun ayant son sens propre :
le wabi signifie la simplicité, l’humilité et l’acceptation d’une vie modeste. Il renvoie à une manière de vivre avec peu, dans un retrait volontaire et une solitude choisie, où le dépouillement devient source de profondeur.
Le sabi, quant à lui, désigne la beauté née de l’âge, celle des choses anciennes libérées de l’agitation.
Emiko Sansalvadore, journaliste
Ressentir dans un cadre :
Au Japon, l’émotion s’exprime assez rarement au quotidien par des effusions démonstratives, mais n’est pas non plus absente : elle est encadrée. Des concepts tels qu’honne et tatemae, mono no aware, wabi-sabi ou encore fuzei, créent une sorte de sociologie de l’émotion visant à assurer le bon fonctionnement du groupe. Est-ce efficace ?
Jessy Périé, journaliste
Exprimer ses émotions, un challenge interculturel ! :
Son image lisse et imperceptible, le Japon la cultive jusque dans les rapports sociaux. Alors que les Français érigent l’honnêteté et la confrontation directe comme armes ultimes des problèmes de bureau, les Japonais prônent la retenue et l’harmonie de groupe.
Des concepts que les étrangers travaillant au Japon ont parfois du mal à cerner, jusqu’à entacher leurs échanges professionnels.
Phébé Leroyer, journaliste
Infographie :

De Julien Peltier / Warfog design
CÔTÉ VOYAGE
Dans les brumes de la vallée d’Iya :
Nichée dans les montagnes de Shikoku, pas si éloignée du Kansai à vol d’oiseau, la vallée d’Iya a acquis ses galons de territoire isolé, difficile d’accès et difficile à vivre, malgré sa relative proximité. Si un peu de train puis de voiture suffisent aujourd’hui, il fallait autrefois une traversée en bateau et beaucoup de marche pour en rallier les contreforts, avec quelques passages de rivières à gué. Des samouraïs s’y cachèrent et, aujourd’hui, des acteurs du tourisme durable s’y épanouissent.
Julien Giry, journaliste et photographe
Ōya, la pierre et le cœur :
À quelques kilomètres d’Utsunomiya, dans le département de Tochigi, le village d’Ōya est connu pour sa pierre volcanique exploitée depuis l’époque d’Edo. Une immense carrière souterraine, creusée à près de 30 mètres de profondeur et fermée en 1986, a depuis été transformée en musée, accueillant aujourd’hui expositions, concerts et tournages.
À proximité, le temple d’Ōya-ji et la statue monumentale de Heiwa Kannon rappellent que ce territoire façonné par l’homme est aussi un lieu de spiritualité.
Adrien Leuci, Directeur de la publication
COIN RENCONTRE
Le regard derrière le maquillage :
Le cinéma nous fait vivre un torrent d’émotions et nous offre la possibilité de toucher du bout des doigts l’âme du Japon.
Le cinéaste nippo-coréen Lee Sang-il s’est livré à Sencha sur la question des émotions et plus particulièrement dans son film Le Maître du kabuki. Sorti en 2025, il est notamment nommé dans les catégories “meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur» à la prestigieuse cérémonie du Japan Academy Film Prize du 13 mars prochain à Tōkyō.
Audrey Ronfaut , journaliste
La mémoire de père en fille :
Isabelle Townsend est l’une des cinq enfants de Peter Townsend (1914-1995), Britannique au parcours hors-norme, incarnant un héritage à la croisée des cultures et des époques. Sensibilisée par le travail de son père, Isabelle reprend le flambeau de son engagement pour la paix.
Emiko Sansalvadore, journaliste
CÔTÉ CULTURE
Le manga, reflet d’un autre Japon :
Pleurs, rires et étonnement avec des yeux sortant du visage, voici un paradoxe entre les émotions en manga et le contrôle exercé dans la vie réelle. Est-ce une contradiction ou deux faces d’une même pièce ?
Édouard Kamykowska, historien
Kokoro – Le cœur et ses varitations :
Le kanji représentant le cœur 心, ainsi que ses variations 㣺 et 忄, apparaît dans nombre de caractères ayant trait au domaine des émotions ainsi qu’aux tréfonds de l’âme, ce qui est caché, que l’on ne montre pas au dehors.
Yves Maniette, auteur du livre Les kanjis dans la tête
Subtiles émotions de l’Archipel :
Les Japonais ne disent pas clairement ce qu’ils pensent. Ceux qui ont vécu au Japon savent que pour communiquer avec les Japonais, il faut « lire l’air » (kuki wo yomu). En clair, au Japon, il faut toujours essayer de saisir l’ambiance générale qui règne et lire les messages glissés entre les lignes.
Yasushi Kishikawa, contributeur
Sencha c’est :
- Le Japon en infusion pour vivre et partager le pays du Soleil-Levant
- Un Archipel expliqué loin des stéréotypes et des clichés
- Savourer le temps long grâce la pause bimestrielle du magazine avec votre thé ou petit café
- Une synthèse du jour par e-mail, simple à lire et rédigée depuis Tôkyô
- Indépendant, plus de 48 pages et une impression raisonnable sans gâchis
- À taille humaine, artisanal de sa réalisation et son utilisation finale
Et bénéficier d’une réduction d’impôt correspondant à 66 % du montant.



