Environ 1 000 personnes, dont de nombreux étudiants, ont manifesté à Tôkyô ce dimanche 26 octobre contre la mise en oeuvre de la loi de protection des secrets d’État.

Des Japonais manifestant dans la rue. (source : Ocdp)
Des Japonais manifestant dans la rue. (source : Ocdp)

Les manifestants ont défilé au son de musiques rap sur environ 3 kilomètres dans le quartier de Shibuya. Cette « manifestation finale », selon les mots des organisateurs, vise à mettre la pression sur le gouvernement afin qu’il renonce à l’application de cette loi sur la protection des secrets d’État le 10 décembre prochain.

Malgré le nom de « manifestation finale », le cortège, qui a plus que doublé par rapport au précédent rassemblement, scandait : « Nous ne cesserons jamais. Nous n’abandonneront jamais ». Des participants appelaient aussi à continuer leurs actions.

Les organisateurs de cette manifestation sont connus sous le nom de SASPL (Students Against Secret Protection Law). Ce groupe s’était formé sur les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook en février dernier dans le but d’organiser la protestation.

« La liberté d’exprimer notre pensée doit être garantie » scandait à la foule Wakako Fukuda, étudiante de 20 ans à l’Université Wako, juchée sur une camionnette.

Itaru Ono, 22 ans, étudiant à l’Université Meiji Gakuin criait : « L’étendue des secrets d’État sera élargie et empiétera sur le droit de savoir du peuple. »

L’écrivain Karin Amamiya a commenté la manifestation indiquant que : « Les jeunes qui participent à cette manifestation ont connu le grand séisme de l’est du Japon dans leur adolescence, et ils ont donc un profond sens de la crise [envers la société]. Ils parlaient avec leurs propres mots. »

Pierre-Etienne De Lazzer – source : Mainichi

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12 Commentaires

  1. Quand on prend de telle protections contre les regards indiscrets du peuple, il ne s’agit plus d’accident ou d’incident mais de cacher les preuves que les politiciens savent que le Japon va droit dans le mur et qu’encore un fois se sera de leur faute.
    La notion de secret d’Etat est très floue dans le nouveau texte qui a été adopté, cela va du secret militaire à celui de la sécurité civile en passant bien sur par le secret financier.
    Il va être dès maintenant interdit de chercher des preuves que par exemple la chasse à la baleine n’engraisse que les potentat locaux, que les centrales nucléaires sont bourrées de malfaçons à cause des marchés truqués, que les tombereaux de yens imprimés par la BOJ n’auront servit qu’a entretenir les compagnies des amis du gouvernement, etc.
    L’économie du Japon va droit dans le mur avec les abenomics qui ne sont que super keynésianisme débridé qui sont en train de ruiner l’épargne des Japonais ( plus de 30% des Japonais n’ont plus aucune épargne) et qui font du Yen du papier aura bientôt autant de valeur que des billets de Monopoly. La croissance cette année qui devait être de retour sera de 0,3% alors que la BOJ a passé commande chez Ricoh de nouvelles photocopieuses.

    Le gouvernement vient aussi de faire passer une note interne à la NHK pour que certains sujet historiques soient évités et la NHK comme toute bonne chaine de l’Etat propagandiste ne parlera plus des sujets qui fâchent. Tout va bien chez les bisounours.

  2. Quoiqu’il en soit, cette loi reste aberrante, car elle sert avant tout à cacher les agissements obscurs du gouvernement. Quand on sait que les médias ont mis quelques décennies à récupérer certaines informations houleuses, comme celle de navires nucléaires américains circulant à Okinawa (à l’encontre de la Constitution japonaise, qui l’interdisait alors).
    Par le biais de ce cadre légal, peut-on être sûr de la bonne foi du gouvernement japonais sur les conséquences de l’incident de Fukushima, par exemple ? Ou de ces interventions militaires à l’étranger ?

    Quid de la liberté d’expression ? Quid d’un autoritarisme nippon à son paroxysme depuis la fin de la seconde guerre mondiale ?

    • Le premier ministre japonais Eisaku Sato a même reçu le prix Nobel de la paix pour sa politique pacifiste anti-nucléaire alors qu’il avait autorisé/demandé que les armes nucléaires américaines soient stockées au Japon. Ce grand pacifiste avait en 1965 demandé au Etat-Unis la possibilité d’utiliser les armes nucléaires contre la Chine.
      Il y a des « détails » que le peuple n’a pas besoin de savoir, il suffit de lui dire que l’Etat et le gouvernement oeuvre pour son bien et sa sécurité. Dormez, dormez braves gens.

  3. L’Etat s’imagine que sa bonne foi est garantie par cette loi alors que c’est tout le contraire qui sera souligné puisque la question ne sera plus à poser.
    Il n’y a pas meilleure preuve de mauvaise foi!
    Quidam, je me permets de vous reprendre sur l’incident de Fukushima, étant persuadé que votre plume électronique a glisser au moment où vous vouliez écrire bien entendu le mot accident pour souligner la catastrophe ingérable et sans précédent qui continue de s’auto-alimenter et de hanter les esprits locaux et lointains.
    Car il s’agit bien aussi de cela. Le commerce énergétique de l’industrie nucléaire dans un pays dont l’activité sismique et volcanique est aussi intense, qui plus est vers d’autres pays étrangers habitués aux séismes et autres catastrophes naturelles également.
    Voilà le premier crash! Le mur radioactif vers où les dirigeants nippons vont faire écraser les nez de leurs concitoyens. Ils vont continuer à brasser les millions que génèrent les juteux contrats de l’industrie nucléaire sans demander leurs restes à personne.
    Et gare aux fouilles merde qui s’aviseraient à leur chercher des poux. Et vlan! La loi de protection des secrets d’État dans le Q !!!

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